Kamoto Centre

Le décès de Mr Shungu Wembadio : Quelles leçons à tirer

Lorsque Mr Shungu Wembadio (alias Papa Wemba) succombe sur la scène du festival FEMUA en Côte d’Ivoire terrassé par une mort subite, rien ne peut présager qu’il aurait bénéficié d’un résultat diffèrent s’il se trouvait en Europe, aux USA ou au Canada. En attendant les résultats de l’autopsie, son triste décès pourrait probablement bien être, comme nous l’avons déjà publié le jour même sur Facebook, la résultante d’un arrêt cardiaque par un trouble dévastateur du rythme cardiaque ou un infarctus massif du myocarde (le muscle qui forme la vaste partie du cœur). Ceci ne veut point dire qu’il n’y a pas un autre facteur contributeur ou causal direct ou indirect.
S’il est vrai donc qu’il y avait eu un manque pathétique d’expertise même minime dans le secours à apporter à quelqu’un qui s’effondre, il n’est pas du tout vrai de dire qu’avec une équipe très professionnelle de réanimateurs, il allait survivre. Je suis réanimateur de formation ; même dans nos milieux de médecine sophistiquée et avancée de l’occident, les chances de survie quelqu’un en arrêt cardiaque est très minime : Aux Etats-Unis par exemple, d’après les statistiques publiées en 2015 par l’AHA (American Heart Asssociation), le taux moyen de survie était de 106% et de de 8.3% de survie avec une bonne fonction neurologique. C’est qui est vrai est qu’il aurait augmenté drastiquement ses chances de survie.
Les premières leçons simples à tirer ont déjà été pleinement étalées sur les réseaux sociaux. Ce sont les notions de simple de First Aid (premiers secours) qui devraient être incorporées dans le curriculum d’éducation et de formation des masses dans nos pays d’Afrique subsaharienne. La deuxième leçon, tirée de la négligence indicible des organisateurs du festival FEMUA, est liée aux normes de ce qu’on qualifie généralement de « Heath and Safety » (Santé et sécurité) qui devraient être des nécessités dans l’organisation de nos sociétés. Quelle mélancolie de voir un agent de la Croix-Rouge ivoirienne incapable d’administrer ces soins de secours !
La plus grande leçon à tirer est plutôt décelable dans une interview de l’illustre disparu sur le plateau de Telesud le 10/03/2016 interprétée par beaucoup comme prémonition de sa mort sur scène. A la question de savoir s’il avait peur du dernier voyage ou de son dernier concert de vie, Papa Wemba répond comme ceci, disant d’abord vouloir « dévoiler » une chose : Il dit « Il y a des moments qui m’arrivent sur scène, je sens comme si je plane, comme si je suis en train de planer » Et Il ajoute que « peut-être un jour je partirai comme cela ». Le journaliste un peu brouillé commente : « C’est peut-être l’énergie du public ». Le célèbre musicien a eu des difficultés à mieux exprimer ce qu’il ressent ; mais, il a ajouté deux éléments très importants qui démontrent le caractère sérieux de ce qu’il voulait communiquer ce jour. D’abord, il dit « dévoiler », donc c’était pour lui un secret qu’il avait jusque-là gardé pour lui-même et deuxième, il ajoute, « et peut-être un jour il partirait comme cela » Ceci signifie que le sentiment était tel qu’il était convaincu que ceci pouvait entrainer sa mort. Ce que Papa Wemba nous a communiqué n’est point une simple prémonition, c’était plutôt un symptôme clinique. J’ai plusieurs fois entendu chez des malades qui souffrent des troubles de rythmes cardiaques. Ils vous disent avoir des sentiments de ce qu’on appelle en anglais « lightheadedness », comme le sentiment de planer et vous disent d’avoir les sentiments de succomber (to faint en anglais).
Si Papa Wemba avait eu les soins de se confier à un cardiologue sérieux, il aurait surement bénéficié d’un enregistrement continue de son rythme cardiaque (Holter Monitoring) au moyen d’un petit appareillage portatif et des tests plus labourés comme la sonographie de son cœur dans le but de faire un bilan du fonctionnement de son cœur.
J’ai suivi avec détails la mort des musiciens comme Pepe Kallé, Jean de Dieu Bialu dit Madilu Système et Alain Moloto. J’étais médecin-stagiaire aux Cliniques Universitaires de Kinshasa alors que Mpongo Love mourût dans cet hôpital.
Je m’intéresse aux causes de décès de beaucoup de gens pour la curiosité de comprendre. En tant que professionnel en médecine, j’ai parfois des explications plus aguerries. Il existe une situation sérieuse dont beaucoup des congolais, dont leurs musiciens, sont victimes. C’est la déficience sérieuse dans la qualité de soins de santé en république démocratique du Congo. Lorsque Mpongo Love est décédée aux CUK, nous ne disposions même pas des bombonnes d’oxygène ou de stérilisants pour la peau avant d’injecter les malades. Les ordonnances médicales comprenaient même l’oxygène, les fils de sutures et des gants selon les cas. Mr Kabasele Yampania, Pepe Kallé meurt souffrant de diabète après s’être écroulé dans sa maison à Bandalungwa. Il n’y avait aucune ambulance pour le transporter d’urgence à l’hôpital, coincé dans les escaliers de la maison. Sa femme a relaté ainsi comment il va mourir ; peut-être qu’il n’avait juste développé qu’une chute de taux du sucre que sa femme pouvait corriger !
Madilu Système meurt aussi dans les Cliniques Universitaires de Kinshasa. Son garde-malade relate comment personne ne répondait à ces appels quand il criait pour le secours des médecins et infirmiers. J’ai travaillé comme médecin-stagiaire au service de Médine Intensive et des urgences de cet hôpital numéro un du pays en termes d’expertise parce qu’attaché à la plus grande université du pays. Certains de nos professeurs furent ministres (Commissaires d’état) dans le gouvernement central. Tout qu’il y avait de soins intensives ou d’urgence était les noms à l’entrée des services. Les malades mouraient par défaut parfois des simples solutions physiologiques (mélanges de l’eau stérile et du sel de cuisine).
Le 16/01/2001, le président du pays Mr Laurent-Désiré Kabila est assassiné dans son bureau du palais de Marbre par Rashidi Kasereka ; d’après la version la plus populaire soutenue par beaucoup de témoins et le journaliste Arnaud Zajtman. Très rapidement son corps est transféré au Zimbabwe alors qu’un effort de réanimation avec une éventuelle chirurgie de sauvetage aurait pu être tentée sur place au pays, même sans grand espoir comme ce fut les cas de Diana Princesses du pays de Galles (UK), ou président Kennedy des Etats-Unis d’Amérique. La dignité nationale était sabotée surtout que le ministre de la santé d’alors, mon ancien professeur de pédiatrie, le professeur Mashako Mamba était présent au lieu du crime.
La situation sanitaire chaotique et de la gouvernance générale médiocre au Congo ne devrait laisser personne indifférente. Si le pays disposait des soins de santé de qualité, la prise en charges continue des malades et les check-up de la population-gouvernants, gouvernés et les riches du pays- seraient assurés sur place. Ceux qui honnêtement ou malhonnêtement disposent des moyens financiers importants peuvent continuer dans leurs leurres de pouvoir se faire soigner en Inde, en Afrique du sud ou l’occident dans les urgences souvent les minutes déterminent souvent le dénouement entre la vie et la mort.
L’administration du pays dont la santé constitue un des piliers les plus importants devrait être le lot de tous les congolais du pays ou de l’étranger. Le risque de nous en soyons victime de loin ou de près demeure très grand. Nous en payons le prix chaque jour en perdant prématurément nos amis, nos frères, nos membres de famille et nos compatriotes restés au pays. La situation est tel que « mutu qu’il fallait akufa vendredi, akufi mercredi » dixit Papa Wemba lui-même.
Dr Florent Pumu www.kamotocentre.com flopumu@kamotocentre.com

L'EMERGENCE DE LA TIERCE SOCIETE CONGOLAISE

EN REVENANT DE KINSHASA...

Les voyages instruisent. Le mien retournant au pays natal aussi et peut-être bien plus. J'en tirerai toujours des leçons qui s'imposent. Il m'a permis de comprendre et de voir que la plupart des choses écrites et dites, notamment sur la toile, n'étaient que des choses virtuelles. Même nombreux amis sur le net n'étaient que des virtuels. Je ne les ai pas vus, de mes propres yeux. Même ceux qui nous font trop des bruits qu'ils sont proches de celui-ci ou de celui-ci, qu'ils savant et peuvent ouvrir toutes les portes de Kinshasa, la vérité est que, comme nous tous, eux aussi se cherchent. Ils se cherchent comment nous, ils veulent aussi se retrouver et ils ne se retrouvent pas encore. Au propre comme au figuré.

Alors, comme nous tous aussi des Mputuvillois, ils se bercent das des illusions d'être surtout roche du pouvoir ou de rouer pour lui. Alors que, comme nous aussi, ils sont éloignés de celui-ci.

Aussi, tous nous nous nourrissons de l'opium : croire que le régime actuel est sacré et qu'on ne peut ni le changer encore moins e bousculer. Un changement reviendrait à dire que c'est la fin du monde. C'est ce que certains croient. Ou, se font nourir de cet opium. Alors que des exemples de tout ce que nous avons connus ces dernières années, des personnes, des régimes, des systèmes que nous croyions être les dieux sur terre, ont été balayé, comme de la blague. Mais, chut, ces leçons-là, personne ne voudrait qu'on les rappelle.

Mais, comble de paradoxe, c'est de l'autre côté aussi. On vous baance qu'avec le fameux impérium, au fait, c'est le coup de agie qui chambarderait tout, ses dessus-dessous. Qu'avec le sous-marrain, qu'avec des opérations tremblements de terre ou de je ne sais pas quoi encore, ayant la bénédiction et la paternidté de je ne sais qui, on balayerait tout Kinshasa et tout RDC. Et que les messieurs, actuellement autour de la mangeoire, au propre ou au figuré, les vrais et les faux, sont de petites enfants à faire fuir au moindre craquement des brindilles. Je n'ai pas vu une opposotion.

Ce que j'ai vu, c'est la misère d'une population qui encaisse, qui refoule des frustrations, qui regarde, qui sait, qui regarde par la fenêtre. Ce que j'ai vu, ce sont des messieurs et dames qui se débrouillent, qui brouillent, qui essayent de faire avancer leur propre machine, expérant faire avancer la machine nationale ou fatigués de la faire avancer. Ce que j'ai vu, c'est un soccle qui s'apelle une adminsitration où les fonctionnaires croient et espèrent en un changement des choses. Ce que j'ai vu, c'est une certaine église des nos pères et de nos mères qui soutient, qui travaille, qui ne ferme pas les yeux, qui essaye. Ce que j'ai vu, c'est une société civile, organisée ou non, qui pousse, qui repousse, qui trémousse. Ce que j'ai vu, c'est toute une jeunesse connecté aux médias sociaux qui s'en fiche, qui balance tout en l'air, qui refuse de croire désormais à l'opium de nous autres, leurs aînés et parents, une jeunesse en quête d'autres parrains. Elle s'appelle Filimbi, elle s'appelle avecd 'autres noms officiels et non officiels. Et, dès qu'elle a un parrain, elle saute sur l'occasion pour agir.

Ce que j'ai vu, c'est une masse des prolétaire qui donne l'impression d'être disparate mais qui, au moindre cri de guerre est capable de mobiliser et d'être sur la rue, avant de retourner sans sa case. Cette masse-là se retrouve partout. Une masse de la rue. Une tièrce société. Une tièrce société des enfants des rues, des malades à qui l'on donne des prescriptions à l'hôpital du Cinquantenaire en Anglais quitte à trouver unbon traducteur, les médicaments étant un autre problème.

C'est cette tièrce société et cette tièrce communauté qui se dit être des Sapeurs; des musiciens qui s'embrouillent dans une SOCODA pour retrouver leurs droits d'auteurs, mais dans le rond-point habituel d'illusion d'opium en quête des partenaires nouveaux.

Cette tièrce société-là se retrouve partout, s'échange des informations et des formations. Elle se recrute parmi les militaires hébergés dans des camps militaires de fortune, elle est présente auprès de ces dames, belles et jolies, vous accueillant en Swahili, la nouvelle Lingua Franca du pays et du pouvoir, avant de vous remettre votre passeport en un temps record, avec des yeux parlant le langage que tout initié devrait comprendre, sinon, elle accepte la donne.

Devant elle, devant, nous sommes tous aveugles et aveuglés. Nous ne pensons pas qu'elle peut agir et qu'elle existe. Erreur grave... Devant cette tièrce société qui adopte la chinoiseraie et la repugne, c'est elle qui est ce robot reglant la circulation à côté du palais du Peuple mais qui, comme me le fait remarquer un taximan, impossible qu'elle règle le passage du cortège d'une ministre.

Que faire ? Que proposez ? Que dire ?... J'avais avec moi le petit ouvrage de Chinua Achebe, moins bien connu "The problem with Nigeria" à traduire par le "Le mal nigérian". Ecrit, voici quelques années, cet ouvrage n'a d'équivalent que "La Remise en question" de Mabika Kalanda :un miroir du dédans. En remplaçant Nigeria par la RD Congo, en actualisant "La Remise en question", on a peut-être la clef du problème et un début de solution. Une vraie décolonisation new look... Mobutu est mort, nombreux refusent de le croire. Savimbi est allé, certains l'attendent encore. Lumumba a été assassiné, certains ressuscitent encore son parti sans le retoucher. Alors que le monde avance, avec ou sans nous. Alors que ce pays-là, la République Démocratique du Congo, n'est même pas le nôtre. Il n'est pas le mien. Il n'est pas le tien. Même si nous sommes peut-être des gardiens du temple. Des gardiens, je dirais, ad hoc...

Et oui, la tièrce société congolaise est là. Lorsqu'elle prendra sa revanche, tous seront pris au dépourvu. Comme ces jeunes gens que j'avais un jour décrit dans un article lorsque la bétise de ceux au pouvoir les avaient ignoré en coupant l"Internet : les têtes d'affiches ont été exfiltrés... Malgré les fatwa... Cette tièrce société a des parrains et des parents en quête d'enfants adoptifs...

Ce que j'ai vu à Kinshasa, c'est l'existence d'une tièrce société congolaise. Tôt ou tard. Ata Ndele... Leo, leo ndjo leo...

Norbert X Mbu-Mputu.

AU-DELA DU CELEBRE DISCOURS DE LUMUMBA DU 30 JUIN 1960.

Bristol (Royaume-Uni), 30 juin 2015. Nous avons le devoir de reprendre notre histoire en main. Ou, nous la faire raconter et l’apprendre en profondeur, en raccommodant ses différents morceaux. C’est important. Surtout lorsqu’elle est racontée ou rapportée par les étrangers qui, tout en les remerciant pour leur intérêt à notre passé, peuvent parfois la raconter selon leurs centres de gravité, mettant parfois des accents au mauvais endroit. Ou encore, selon la limite de leur compréhension, laissant parfois à côté certains petits détails clefs. Ou, en allant vite vers les conclusions possibles.

Dans mon ouvrage : « L’autre Lumumba » (2014, 760 pages)[1], je m’en donne à de telles analyses en profondeur, comme celle sur la fameuse fausse lettre d’Etienne Tshisekedi à Albert Kalonji dit « Mulopwe ». L’analyse suivante est sur le fameux discours du 30 juin 1960 du Premier ministre Patrice Emery Lumumba.

Le discours du 30 juin 1960. Le discours de Patrice Lumumba du 30 juin 1960 figure parmi les grands discours de l’humanité. Et, comme nombreux de ces grands discours, il fut un discours quasi-improvisé ou non prévu par le protocole ; mais un discours  fidèle à la philosophie de l’homme : anticolonialiste, homme de liberté, panafricaniste et visionnaire.

Le journal belge « Le Vif »[2] vient de nous remettre de l’eau à la bouche en publiant, pour la première fois, les originaux de ce discours, avec des correctifs qui permettent d’en creuser encore la quintessence. Mais, ils emble aller vite en besogne vers une conclusion qui risque de ternir la caractère même anticolonial, brutal, direct dudit discours et même de l’homme lui-même. Il faudra le replacer dans son contexte historique et ajouter des faits inconnus jusqu’ici. Surtout en lisant l’un des témoins de ce discours : Thomas Kanza dont l’ouvrage clef en Anglais et jamais traduit en français : « Conflict in the Congo. The Rise and The Fall of Lumumba ».

Contexte. Au fait, les frictions entre Lumumba et les Belges commencent la semaine avant la proclamation de l’indépendance. Alors que ce dernier a montré toute sa bonne volonté, a usé de tout son calme pour se montrer politique correct et conciliant, notamment, comme le révèle son cousin Albert Onawelo, en changeant par exemple la monture de son gouvernement. Au fait, pour faire plaisir à un Belge qui vint le narguer à temps et à contretemps, Justin Bomboko fut nommé aux Affaires Etrangères, comme le sollicitait ledit Belge, alors que ce poste avait été promis à Thomas Kanza étant avec Bomboko les deux universitaires du gouvernement Lumumba : le premier de l’Université Catholique de Louvain, le second de l’Université Libre de Bruxelles. Thomas Kanza deviendra donc, non pas l’ambassadeur du Congo à l’ONU, mais le Ministre délégué à l’ONU, pour éviter à ce qu’il soit sous la dépendance de Bomboko, ministre des Affaires Etrangères.

Thomas Kanza qui fut envoyé en Belgique une semaine avant l’indépendance revint avec un constat frustrant : nombreux milieux belges croient que Patrice Lumumba est un communiste, un monsieur de la gauche, dangereux, un monsieur à tenir à l’œil. Lumumba, aux dires de Thomas Kanza, s’en est trouvé très meurtri.

Interprétation des textes légaux. Puis, vint toute la conception juridique des postes au sommet de l’Etat. Alors que conformément à la Loi Fondamentale, la constitution claquée et écrite par les Belges, c’est le Premier ministre qui a l’effectivité du pouvoir, le chef de l’Etat régnant et ne gouvernant pas, dans la tête et l’agir de Kasa-Vubu, devenu président d’ailleurs à cause de Lumumba (qui avait réfuté la première promesse faite de soutenir jean Bolikango, pour ne pas donner l’impression d’agir sous la bannière du tribalisme, lui Lumumba étant un Mutetela, Bolikango étant un Mongo, donc des cousins), il règne une grande confusion des rôles et des attributions. Surtout que les membres de son parti l’ABAKO le surnommait déjà « Roi Kasa », l’alter ego du Roi Baudouin. Il ne se comporte pas dans son costume protocolaire. D’abord, alors que Lumumba et son gouvernement proposèrent que ce soit le frère du Roi, le Prince Albert, qui vienne pour les festivités de l’indépendance et que le Roi Baudouin puisse avoir l’honneur d’être le premier chef d’Etat étranger à être invité à visiter le Congo indépendant, ils furent tout surpris que le président Joseph Kasa-Vubu avait déjà envoyé une invitation officielle au roi, sans passer par le gouvernement.

D’ailleurs, cet imbroglio d’un Kasa-Vubu ne respectant pas les textes légaux va jusqu’au limogeage anticonstitutionnel du Premier ministre légal, sans avoir les signatures d’au moins deux ministres, pour que tout acte posé par le Chef de l’Etat prenne force de loi. C’est ce qu’il fera après, avec la signature des deux ministres (qu’on sait actuellement avoir été à la solde de la CIA et de la sécurité belge) : Justin-Marie Bomboko et Albert Delvaux qui deviendra avec l’authenticité Mafuta Kizola. C’est aussi cette mauvaise interprétation des textes qui sera une voie pour le jeune Colonel Mobutu de prendre le pouvoir un certain 24 novembre 1965, plongeant ensuite le pays dans une des dictatures aujourd’hui décriée.

Frustrations, dialogue des sourds et complexes. Puis, à quelques jours de la proclamation de l’indépendance, Lumumba apprend que Kasa-Vubu va prononcer un discours pour le moins flatteur et surtout que la copie de ce discours est déjà envoyé à la partie belge, sans que le gouvernement congolais en soit informé. Alors que, conformément aux textes légaux, ce discours aurait pu et du être élaboré par le gouvernement, émanation du peuple, et le président ne se limitant qu’à le prononcer.

La cabinet Kasa-Vubu expliquera après que la copie du discours avait été bel et bien envoyé à Lumumba et qu’elle serait perdu dans le désordre de son cabinet. Chose difficilement acceptable car un tel courrier devrait normalement être amené par porteur ou par courrier recommandé, vu son importante et son urgence. Soit.

Encore, Lumumba proposa au ministre résidant de Belgique au Congo que le Roi puisse accorder une amnistie à tous les prisonniers politiques le jour de l’indépendance ainsi tous peuvent ainsi fêter la liberté nouvelle. Chose à laquelle la gouvernement Belge et le Roi, arrivé le 29, refusa lors de la demande faite par Lumumba au dîner la veille de l’indépendance.

Problèmes familiaux. Autre frustration et non pas la moindre. Le Premier ministre qui a des problèmes familiaux avec son épouse Pauline Opango que la famille de Lumumba, avec son consentement, planifiait répudier en demandant à Albert Onawelo de la raccompagner au village, dans le Sankuru, et la faire remplacer par l’autre jeune femme de Lumumba, sachant lire et écrire, la maman de Guy Lumumba, Alphonsine Batamba, Miss Stanleyville 1956, ramenée à Léopoldville après un voyage à Stanleyville et envoyée d’abord aux études à Brazzaville puis logée, au retour, dans un appartement à Royale devenu aussi le centre de ralliement et des réunions des lumumbistes. D’ailleurs, ce matin-là, lorsque le Premier ministre quitte sa résidence officielle pour les cérémonies de l’indépendance, son épouse, Pauline aussi quitta la maison, balançant tous ses effets par la fenêtre, aux dires de Julianna Lumumba, petite à l’époque.

Tour de Babel du Premier ministre. Puis, il y a aussi toute l’internationalisation autour de Lumumba, notamment ses conseillers de la gauche africaine : Diallo Telli, envoyé spécial du président guinéen Ahmed Sékou Touré, Félix-Roland Moumié du parti UPC d’Um Nyobe assassiné, parti banni du Cameroun et dont son leader et ami de Lumumba ayant trouvé asile à Conakry, le belge et ami de Lumumba, Van Lierde. Une vraie « tour de Babel », écrit Madame Andrée Blouin à ce sujet.

Affront. Lorsque toute cette crème reçoit le fameux discours de Kasa-Vubu, Jean Van Lierde demanda à Patrice Lumumba de ne pas laisser passer une telle occasion en or et qu’il devait lui aussi parler, ou mieux recadrer les choses.  A la question de savoir comment bousculer le protocole méticuleux, la chose est simplifiée par le fait que la président de la cérémonie de l’indépendance est le président du Parlement congolais et membre du MNC, le parti de Lumumba, Joseph Kasongo. Ce dernier sera donc instruit d’inviter le Premier ministre à prononcer son discours après celui du président Joseph Kasa-Vubu. Le tour est donc joué.

Au fait, dès le moment où il accède à la magistrature suprême, Joseph Kasa-Vubu, qui se fait entouré des conseillers belges notamment Joseph Van Bilsen, l’auteur du plan de trente de la décolonisation du Congo, semble avoir tronqué son gilet de politicien radical et d’indépendantiste jusqu’au bout, avec celui du catholique, ancien séminariste de Mayidi, homme modéré et calme. Par contre, Patrice Lumumba, partisan d’une communauté belgo-congolaise, semble combler le vide de leadership nationaliste. C’est la vraie ironie du sort.

L’on croit que c’est dans la nuit du 29 que le discours est écrit puis dactylographié, sur le modèle de celui de Sékou Touré devant le général De Gaulle à Conakry : direct, sec, anticolonialiste et populaire ou populiste. Ce dernier discours est aussi calqué sur le style lumumbiste de son discours à Accra en 1958.

Le matin du jeudi 30 juin 1960. Thomas Kanza est appelé au téléphone par le Premier ministre pour le rejoindre dans sa résidence officielle. Lorsqu’il y arrive, il trouve une ambiance peu cordiale : le premier ministre en chemise et sur tous ses états, Joseph Kasongo, Van Lierde et d’autres conseillers encore. Après avoir suivi les échanges, Joseph Kasongo apostrophe Thomas Kanza pour lui prier d’amadouer le Premier ministre. Ce dernier d’ailleurs invite Thomas Kanza à la discussion et lui dit : voilà, Thomas, Kasa-Vubu ne nous a pas remis la copie de son discours, moi je vais parler aussi. Il lui tend les cinq pages dactylographiées et lui prit de les lire et de les corriger.

Thomas Kanza se retire et se met à lire le discours et revient. Il explique que c’est un bon discours à prononcer au stade et non pas un discours de circonstance pour les festivités d’indépendance. Mais, la détermination de Lumumba est sans faille. C’est à ce moment-là que le protocole arrive priant le Premier ministre de s’apprêter, il faudra aller vite à la Cathédrale Sainte Anne, à la Gombe, pour le Te Deum prévu à 9.00.

Lumumba va alors porter son veston et s’engouffre dans la voiture officielle, demandant à Thomas Kanza de le suivre dans une autre voiture, pour terminer la correction de son texte. Lorsqu’ils arrivent à la cathédrale, le Premier ministre demande à Kanza de lui tendre ses papiers, qu’il met dans sa poche.

Après le Te Deum, Thomas Kanza vient vite rencontrer le Premier ministre et le ministre des Affaires Etrangères belges, Gaston Eykens de Pierre de Vigny, leur priant de pouvoir faire retarder les cérémonies d’indépendance de quelques heures, le temps d’harmoniser les vues entre les deux gouvernements, car, le Premier ministre Lumumba s’est décidé de parler. Ce que les deux refusent et ne croient pas en une telle détermination de Lumumba bousculant les usages protocolaires officiels et déjà officialisés. C’est ce que regrettera Thomas Kanza tablant fustigeant l’attitude orgueilleuse belge.

Lorsqu’ils arrivent au Palais de la Nation et qu’African Jazz, dans sa version de la Table ronde avec Joseph Kabasele, Roger Izeidi, Nico Kassanda, Déchaud Mwamba et les autres ait cédé le podium aux officiels dont l’abbé Fulbert Youlou, Premier ministre de Brazzaville et futur président du pays, très remarqué avec sa soutane, le prince héritier Hassan II, le Roi du Rwanda, des évêques et surtout des délégations officielles diverses, ce sont les cérémonies qui commencent à 11.45. Jamais pays n’a eu autant des délégations officielles. Ce sont les événements après l’indépendance qui expliqueront cette place géostratégique du Congo, un vrai mur de fer ou un ring de la guerre froide.

Après l’accueil des officiels, c’est le Roi Baudouin qui est invité à prononcer son discours. Après celui-ci, Jean Lema, alias Jamais Kolonga, speaker à la radio nationale et présent dans la salle, se situant juste derrière Hassan II, annonce ainsi à la radio que le Congo était désormais indépendant. Des cris de joie dans la ville et dans tout le pays. Puis, c’est le président Joseph Kasa-Vubu qui est invité devant le même microphone piqué à terre pour prononcer son discours. Il le fait tout aussi magistralement.

Aux dires de Thomas Kanza, ce dernier, ayant eu vent de la détermination de Lumumba, avait changé son premier discours flatteur reproduit par Thomas Kanza, dans la traduction et la version anglaise dans on ouvrage « Conflict in the Congo ».

Lumumba entre dans l’histoire. Après ce discours, alors que les officiels s’apprêtent à quitter la salle, c’est le Président du Parlement, Joseph Kasongo, qui crée la surprise. Il invite le Premier ministre à prononcer aussi son discours. Lumumba ne va pas devant le microphone officiel où les deux premiers avaient prononcé leurs discours, mais par se met debout, par devant, au milieu de l’extrade, devant le président du parlement assis derrière avec le président du sénat, Joseph Iléo. D’ailleurs, les photos montrent que Lumumba, pendant les deux premiers discours, est penché à relire et à corriger le sien. C’est à peine s’il sait suivre les deux autres. Des murmures circulent certes dans la salle car, une certaine presse avait déjà reçu les copies du discours de Lumumba, via sûrement le Belge Van Lierde.

Le document d’archive. D’où, dans le facsimilé publié par « Le Vif », il apparaît deux stylos correcteurs : le premier, en gras, où l’on peut lire des ajouts « Sire, Excellences, Mesdames Messieurs », « au nom du gouvernement congolais », etc. et celui moins gras avec « Nous avons connu », « Nous avons connu », « Qui oubliera », « J’invite les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants… ».

Ainsi, l’analyse montre que le premier stylo gras est sûrement celui de Thomas Kanza, qui voudrait amadouer le style brutal du discours de Lumumba. Alors que, lorsqu’il le prononce, contrairement à ce qu’affirme « Le Vif », Lumumba ignore les annotations et ajouts de Thomas Kanza.

On remarque aussi que, conformément à son style parleur ou de tribun de la plèbe, ou à cause des deux, Lumumba ne s’en tient pas à son texte écrit. Thomas Sankara, et même Laurent-Désiré Kabila, après lui, et d’autres tribuns aussi, copieront ce style. A la page « 2 » du texte facsimilé par exemple, le paragraphe commence par « car », alors que dans la version prononcée du discours, le « car » a été tout simplement sauté ou avalé; nombreux « points d’interrogation » ont été tout simplement supprimé dans la version prononcée puisque le « qui oubliera », qui va revenir vers la fin, a été remplacé par « Nous avons connus »; et à la fin, Lumumba revient tout de même sur les formules de politesse abandonnées au début et ne se trouvant même pas dans la version facsimilé « Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes ».

Sous les applaudissements prolongés de la foule présente, c’est un Lumumba qui reprit sa place avant d’être invité à venir signer l’acte d’indépendance avec le Premier ministre Belge, et avant les ministres des affaires étrangères belges et congolais, De Vigny et Bomboko.

L’acte de l’indépendance. Là encore, un acte d’indépendance qui semble ne pas en être un : 21 mots, sans papier entête et sans armoiries ni de l’ancien Etat encore moins du nouveau né. Par oubli ou par affront ou les deux. Avec, en cadeau, le Premier ministre belge ayant avalé pratiquement toute la place réservée à leurs deux signatures, au point où Lumumba est obligé d’apposer la sienne, pratiquement sur le bout du document. Soit.

Le vin est tiré. Le roi et le président, suivi par les invités sortent alors du Palais de la Nation, le roi, on aurait pu dire, comme une poule mouillée ; mais, promettant sûrement de prendre sa revanche le moment venu. Car, en politique, la vengeance est un plat qui se mange froid. Baudouin se décide d’ailleurs de quitter immédiatement Léopoldville. Dieu merci que la diplomatie joua de nouveau pour le calmer, notamment le Premier ministre belge Eyskens. Le reste des festivités continua avec la gerbe des fleurs déposée devant le monument de Léopold II devant le Palais de nation, puis un défilé officiel, avant un dîner de l’indépendance, le soir.

A la sortie du Palais de nation donc, alors que la ville et la pays, où sont transmis les cérémonies de l’indépendance à la radio nationale et en direct, vibrent aux sons d’ « indépendance cha-cha », « naweli boboto », « table ronde », Lumumba approche son vice-premier ministre Antoine Gizenga pour lui demander ce qu’il pensait de ce discours prononcé. Ce dernier, représentant l’aile gauche radical de son entourage avec le ministre de l’information Anicet Kashamura, le ministre de l’Education nationale et des Beaux Arts, Pierre Mulele, le ministre de Jeunesse et des Sports Maurice Mpolo, et surtout le tout bouillant secrétaire de jeunesse MNC, Bernard Salumu, ne peut que le féliciter pour avoir ainsi remis les pendules à l’heure.

Autre son de cloche, surtout du côté de ses opposants externes et internes. Albert Kalonji, absent du gouvernement Lumumba et déjà en opposition avec lui, lui dont les partisans sont nombreux dehors pour chahuter ce gouvernement où leurs leader est exclu, griffonne un discours réparateur qu’il remet à Lumumba. Mais, ce dernier le met dans sa poche, sans le regarder. C’est plutôt un autre discours confectionné par le Premier ministre belge que Lumumba accepte de prononcer au dîner de l’indépendance dans la soirée. Ce que fait Lumumba, non sans ajouter une petite phrase « qu’on ne me dise pas ce que je n’ai pas dit », avant de demander à tous de lever leurs verres en l’honneur du Roi.

Mais, le crime de lèse-majesté est déjà commis et consommé, comme disent les spécialistes de la philosophie politique. Lumumba venait de commettre une erreur politique qui valait un vrai crime. C’est selon. La presse présente fit de ce discours la une de ses dépêches. Et, dès lors, ces divergences entre les Belges et le gouvernement Lumumba et entre Lumumba et Kasa-Vubu iront jusqu’à la fatalité : l’assassinat de Patrice Lumumba avec ses deux compagnons Mpolo Maurice et Joseph Okito, à Elisabethville le 17 janvier 1961, de la façon que l’on sait avec des corps qu’on fit disparaître à tout jamais dans une animalité ou une cruauté sans pareille. La page Lumumba s’est ainsi fermée sur cette note tragique. La Belgique influencera encore le Congo pour plusieurs années jusqu’à ce que la vérité semble aujourd’hui apparaître : la main des Belges, voire du Roi Baudouin en personne, était derrière cet assassinat odieux. Quant aux réparateurs (financiers notamment) : c’est une autre paire de manche qui attendra des siècles sûrement.

Testament politique de Lumumba.  Lorsqu’il apprend, via une lettre d’un diplomate tunisien à Léopoldville à un autre se trouvant à New York avec cette phrase en Lingala « Patrice akufi », Thomas Kanza mobilisa les pro-Lumumba et alla à Harlem, le quartier noir de New York qu’avait d’ailleurs visité Lumumba, rendre public un autre document tout aussi historique et même testamentaire de Patrice Lumumba : « la dernière lettre de Patrice Lumumba à son épouse Pauline », dont la première version française fut publiée dans le nouveau magazine « Afrique Action » qui deviendra « Jeune Afrique » de Béchir Ben Yahmed. Espérons qu’un jour, qu’on puisse avoir aussi la copie originale de ce document. En tout cas, pour l’acte d’indépendance précité, la République Démocratique du Congo n’a pas de copie originale de ce document, révèle incroyablement le Professeur Lumenganeso, directeur des archives nationales.

Espérons aussi qu’actuellement avec cette découverte, l’original de ce discours du 30 juin 1960 puisse revenir au Congo, après que la Société Générale l’ait conservée ou gardée depuis 55 ans. Là aussi, une explication.

Bruxelles via USA. Au fait, dans sa volonté de laisser les Belges travailler côte-à-côte avec les Congolais, le Premier ministre Patrice Lumumba avait laissé le Colonel Vandewalle comme son directeur de la Sûreté Nationale. Lumumba ne le remplaça par Christophe Muzungu, avant que ce dernier ne soit remplacé par Victor Nendaka, agent de la CIA et membre du fameux « groupe de Binza », qu’après l’invasion du Congo par les armées belges et avec l’africanisation de l’armée, où le jeune Colonel Joseph Mobutu devint le nouveau Chef d’Etat Major, alors que le Général Victor Lundula devint le Commandant en Chef de l’Armée Nationale Congolaise, en lieu et place du Général belge Janssens ; ce dernier ayant mis le feu au poudre et forcé d’abandonné son poste à la suite de sa phrase incendiaire sur un tableau noir au camp Léopold (actuel camp Kokolo) : « avant l’indépendance = après l’indépendance ».

D’ailleurs, Thomas Kanza révèle aussi que ce fut son père, Daniel Kanza, ou Mbuta Kanza, qui se trouvait d’ailleurs au camp Léopold où avait lieu ce conseil des ministres spécial avec la Chef de l’Etat et le Premier ministre, qui était proposé par Lumumba à la place de Mobutu, à cause de son passé aussi dans la Force Publique. C’est ce que refusa Kasa-Vubu, à cause de leur rivalité dont l’incident révélateur fut pendant la Table ronde lorsque Kasa-Vubu qui souhaitait une indépendance immédiate quitta les assises et que Daniel Kanza et Edmond Nzeza, membres de l’Abako, refusèrent de suivre leur président. Kasa-Vubu accepta donc le choix de Mobutu. Un Mobutu réfuté aussi par Maurice Mpolo qui, en attendant l’arrivée du général Lundula bloqué à Jadotville (aujourd'hui Likasi), se fit arroger du grade du Général des brigades et devint chef d’Etat major a.i., commandant ainsi toutes les opérations militaires du pays, même l’accueil des premier casques bleus.

Pour revenir au Colonel Vandewalle, ce dernier, avant de quitter Léopoldville, prit soin d’empaqueter toutes les archives du Congo, les envoya à Matadi, et de là, par paquebot, jusqu’aux Etats-Unis, avant de les faire arriver à Bruxelles. Est-ce le chemin suivit par ce discours de Lumumba, comme d’autres documents et lettres de Lumumba, comme cette invitation à Moïse Tshombe le rencontrer pour faire partir de son gouvernement - ce que Tshombe refusa certes ayant déjà en poche le plan de la sécession de la province du Katanga - pour atterrir dans les Archives de la Société Générale ? Surtout lorsqu’on sait que le même Vandewalle va jouer un grand rôle dans le rapprochement entre la Belgique et le gouvernement de Moïse Tshombe d’Elisabethville, avant de revenir encore le rejoindre lorsque ce dernier revint comme Premier ministre du Congo en 1964 et que c’est lui aussi, Vandewalle qui fut le commandant de la colonne motorisée qui déboulonna les lumumbistes de leurs territoires de l’est, opération nommée « Ommegang ».

Barrage d’Inga. A rechercher aussi dans ces archives par exemple le plan d’origine du fameux projet du barrage d’Inga, élaboré par un sieur américain ; celui qui avait organisé et financé le voyage du Premier ministre Patrice Lumumba à New York, Washington et à Montréal, via Londres. De telles archives permettront donc de mesurer certaines visions et de voir, par rapport aux applications ou duplications actuelles, si on en fait mieux ou peu.

Indépendance cha-cha. Ainsi va donc l’histoire du Congo de Lumumba ! Mais, comme le titre bien le jeune rappeur Balonji, les choses sérieuses commencent « le jour d’après ». Car, la vraie question : jusqu’à ces jours, cette indépendance du Congo, est-elle toujours une « indépendance cha-cha ? ». Et, que faire pour la retourner de ce veston d’antan ?

Norbert X MBU-MPUTU

Journaliste, écrivain et chercheur en anthropologie et en sociologie

Email : norbertmbu@yahoo.fr

 



[1] Norbert X Mbu-Mputu, L’Autre Lumumba. Textes, discours et lettres. Introduction à l’histoire du Congo-Kinshasa, Newport, 2014, 779 pages.

[2] Cfr. http://www.levif.be/actualite/international/exclusif-le-discours-de-lumumba-texte-fondateur/article-normal-402789.html, http://www.levif.be/actualite/international/exclusif-le-discours-inedit-de-lumumba/article-normal-402439.html

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01.11 | 09:54

depuis que j'ai fait connaissance de votre site, je ne passe pas un jour sans le consulter. Merci pour l'objectivité de vos analyses.

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07.10 | 14:07

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14.08 | 09:52

CROIRE A TSHISEKEDI C'EST PERDRE SON TEMPS CAR IL LA FACE DES TRAITRES NOW! "BOLALA PONGI YA BA BEBE 2011" PUIS "BOLAMUKA NA PONGI, PRENEZ-VS EN CHARGE 2016"AHH

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