Kamoto Centre

Le Congo et les congolais de Londres s’invitent sur une scène de théâtre


Norbert X. Londres, 20 aout 2016. Une fois n’est pas coutume. Le Congo et les Congolais de Londres qui s’invitent sur une scène de théâtre. Du 12 août au 1er octobre 2016, Almeida Theatre de la Commune londonienne d’Islington dédie sa saison théâtrale avec une pièce provocatrice et provocante par son titre : « THEY DRINK IT IN THE CONGO », qu’on pourrait traduire par « Ils la boivent bien au Congo », « Ils s’amusent bien au Congo », « On se soule bien au Congo » ou encore « On se brouille et on s’embrouille sur le Congo ». La pièce de théâtre est écrite par Adam Brace, dans une mise scène de Michel Longhurt
KALEIDOSCOPE. De l’entrée de jeu, le décor est planté : embrouille, brouille, acteur principal tiré à quatre épingles aux couleurs vives violètes à l’instar d’un bon « sapeur », interruptions par des appels ou des lectures des textes de messagerie d’un téléphone portable, réunions de famille autour d’un deuil Congolais se transformant en réunion de mobilisation avant que le « combattant de Londres » ne fasse son entrée et ne mette tout sens dessus-dessous, réunion d’une ONG ou d’une corporation d’ONGs réunissant plus des Britanniques que le tiers des Congolais à ne jamais trouver voulant parler ou travailler pour le Congo, une constitution jamais votée et ou un chacun semble venir avec son agenda ou ses agendas, de la musique intempestive s’arrêtant à volonté ou au, de la bouffe, des entrées et des sorties intempestives d’acteurs ou des scènes, avant que la pièce ne se termine aussi comme elle a commencé ou comme elle s’est déroulée, c’est-à-dire avec la même embrouille et les mêmes brouilles. Le tout, avec à l’honneur les Congolais de la diaspora britannique ou mieux « Les combattants de Londres ». Ce sont eux qui font la loi ; ce sont eux qui imposent leurs lois ; ce sont eux de vrais acteurs invisibles d’une comédie ou d’une satire dont la leçon, comme avec toutes les satires, est : « ridendo castigat mores » (se moquer des mœurs en les ridiculisant). Bref, un Congo ou des Congolais et des amoureux du Congo tournant au gré des vagues !
POINT DE CHUTE. Le caractère principal et l’histoire de la pièce et du livre tourne autour d’une demoiselle Britannique, Stef, rôle jouée par Fiona Button, fille d’un riche ancien fermier Britannique du Kenya dont la visite au Congo a plus que jamais atomisée sa conscience. Elle se décide de mettre en place une organisation dénommée « Congo Voice » : un festival musical pour sensibiliser les Britanniques sur les problèmes congolais et sur toute la crise de la sous-région dont tous disent être le plus désastreux conflit humain depuis la Deuxième Guerre mondiale, si les gens sont sérieux et si les mots valent ce qu’ils valent. Elle décide que, à côté des ONGs britanniques à inviter, il faudra que le tiers des participants soient des Congolais. Mais, c’est là que l’embrouille prend corps. Car, la réunion finit par ne jamais avoir lieu. Et pour cause, les « Combattants de Londres », activistes politiques anti régime du président Joseph Kabila, décident de tout chambarder avec notamment des Emails des menaces de mort à tout participant. Un chacun sauve sa peau. Même alors, la réunion se termine dans un tohu-bohu, car, quelques participants décident qu’on doit parler politique, alors que, conformément aux objectifs de la campagne, on doit se garder de parler politique et surtout éviter de nommer le rôle négatif du Rwanda dans cette crise congolaise. Un chacun tire alors la couverture de son côté ou du mauvais côté. Comme c’est souvent le cas. Le choix même d’un mobilisateur s’embrouillant lui aussi ou n’ayant sur le Congo que des images des tabloïdes en ajoute à la tragi-comédie.
LE CONGO OU LES CONGOLAIS ? Chose intéressante pour quiconque passe ces trois heures à suivre la pièce sans se fatiguer : c’est le Congo ou les Congolais qui s’invitent sur scène sans les Congolais eux-mêmes. Aucun acteur Congolais. Même la musique n’est pas jouée par les Congolais. Volontairement ou involontairement ou pour mieux décrire la frustration toujours vécue par la diaspora Congolaise depuis belle lurette forçant toutes les portes possibles que l’auteur a ainsi épingler ce fait que la diaspora Congolaise n’est souvent invitée que pour signer une présence ou, lorsqu’elle parvient à avoir une place dans les structures mises en place par les Britanniques, c’est pour tout brouiller, notamment lorsque les « Combattant de Londres » s’y improvisent.
« LES COMBATTANTS DE LONDRES ». Ce sont eux qui sont en l’honneur. La pièce de théâtre tourne autour d’eux. Place d’honneur qu’ils ne connaissent eux-mêmes sûrement ou peut-être pas (encore). Qu’on les aime ou pas, la pièce les décrit comme une force nouvelle qui s’ignore, mais une force qui peut se faire entendre en sa manière jusqu’à ne pas faire jouer de la musique congolaise par les musiciens du pays, interdiction en vigueur depuis bientôt plus de 10 ans. Ils sont ces présents-absents. Ils sont de toutes les sauces et de toutes les cacophonies congolaises. Ils existent à la mode de chez nous. On ne peut les éviter. D’ailleurs, ils s’invitent à toutes les sauces où se prépare leur Congo. Une question de vie et de mort. Une question de vie ou de mort.
Une scène qui résume tout ou tous. « Action ! » Dans l’ambassade du Congo à Londres. Irruption des « Combattants de Londres » tout des treillis militaires habillés. Photo du président Joseph Kabila grandeur nature. Une caméra postée devant pour tout filmer. Photo par terre et piétinée à tour-de-rôle, avec des messages hostiles où les symbolismes disent tout. Irruption d’autres inconnus non attendus. Il faudra tout recommencer. Car, les scènes ne sont que des montages et des mises en scène à faire poster sur YouTube : C’est un seul « combattant » qui force ses invités à jouer avec lui. Ils doivent se changer des tenues et se faire filmer. Les fameuses « montakilisation » (se dénuder ou dénuder autres) et « lumbelisation » (mobilisation à outrance), mots issues de l’argot du Lingala du dictionnaire du « combat », ne sont pas loin de là. Ou sont suspendus comme l’épée de Damoclès. Personne ne semble être épargné. Au propre comme au figuré ! La scénette ne sera jamais et totalement filmée entièrement, car, à chaque fois, des inconnus font irruption sur le lieu de filmage, de quoi reprendre le filmage jamais terminé.
LE GRAND SILENCE. Le théâtre voudrait tirer là-dessus sur ce Congo qui est ce fameux « Au cœur des ténèbres », ce roman populaire dans la littérature britannique se déroulant au Congo par Joseph Conrad, reprenant d’ailleurs l’image du titre d’Henry Morton Stanley « A travers le continent mystérieux ». Car, depuis lors, les choses semblent ne pas bouger. Vraiment. Comme avec le livre célèbre sur les atrocités de Léopold II au Congo, « Les Fantômes du Roi Léopold » d’Adam Hochschild, c’est ce grand silence devant les atrocités nouvelles du Congo, devant son histoire tumultueuse, devant ses maux de tête et ses maux de ventre, devant l’inaction de la fameuse communauté internationale, qui a poussé l’auteur Adam Brace, à s’intéresser et à écrire sa pièce de théâtre sur le Congo ou sur la diaspora congolaise de Londres.
PUZZLE. C’est une description sociologique grandeur nature de la diaspora congolaise de Londres. C’est la réalité de sa vie, ou d’une partie de sa vie, miroiter sur scène. Frustration. Colère. Résignation. Ces Congolais toujours à l’écart au festin du Congo, leur Congo qu’ils portent à cœur et qu’ils transmettent à leurs rejetons, pourtant. Bon gré, malgré. Au fait, c’est ces relations tintes d’hypocrisies, d’incompréhensions, des tentations avortées, des volontés étouffées, d’expressions inaudibles que l’auteur, le metteur en scène et Almeida Théâtre dépeignent dans une mise en scène classique et professionnelle de trois heures qui s’agrainent comme un éclair de feu ; notamment avec des acteurs époustouflant. Avec cette question majeure : devant un tel tableau où l’on perdrait son latin, devant ces viols des femmes Congolaises qui font la bonne affaire et devenu un fonds de commerce des ONGs sur le terrain, que faire pour mettre fin à de telles tragédies ou comment terminer un tel théâtre ? Point d’interrogation. Point d’interrogation. Point de suspension.
Le théâtre aborde aussi ces sujets toujours tabous dans ce dialogue des sourds entre Congolais de la diaspora et britanniques s’intéressant du Congo : le Rwanda (qu’on évite souvent de citer alors que son implication dans la situation chaotique au Congo est notoire. Et surtout le rappel de l’histoire du Congo qu’étrangers ne connaissent pas ou qu’ils veulent souvent stigmatiser selon leurs agendas, alors qu’il faudra la replacer bien avant 1482, année où le Portugais Diego Cao explora premier l’embouchure du Fleuve Congo, avant que cette amitié entre Kongolais et Portugais ne puisse déboucher sur le traite Négrière. Puis cette parenthèse de sang qu’est l’Etat Indépendant du Congo de Léopold II. Puis les matières premières congolaises usées dans les deux grandes guerres, après que son caoutchouc (de sang) ait servir la révolution industrielle. Puis son coltan actuel qui assure le boom de l’industrie des téléphones mobiles et des lap tops. Et bien sûr, les années des indépendances avec sa chute libre sur le héros, Patrice Lumumba, dont l’assassinat en 1961 par la CIA est un symbole de cette lutte jamais terminée du Congo ; puis Mobutu, Kabila père et fils… On se perdrait. Ou mieux, étrangers se perdraient. La boucle est bien bouclée.
CONGO NOW. FREE-FAIR DRC. THE FRIENDS OF THE NEW CONGO. Là où la création mérite applaudissement, c’est lorsqu’elle met le couteau dans la plaie : les organisations britanniques parlant ou voulant parler du Congo, s’embrouillent souvent, au point même de brouiller leurs propres cartes. Car, les Congolais n’y sont pas présents ou, lorsqu’ils sont invités, les violons sont loin de s’accorder avec les nantis Britishs ; d’où la cacophonie de toujours. On se croirait la pièce être une description des organisations connues et vécues, en l’occurrence « Congo Now », « Free Faire DRC », « The Friends of the New Congo » et tant d’autres se réunissant jadis autour de la fameuse « All Parliament Commission for the Great Lakes Region » (APPG) du temps ou le bouillant parlementaire de gauche Eric Joyce la coordonnait à sa manière ; commission curieusement aujourd’hui inaudibles alors que les enjeux de la région et du Congo sont de nouveau au centre des agendas ! C’est le symbole dans la pièce avec cette association « Congo Voice ». Mais, où trouver cette voix et cette voie des Congolais lorsque ceux-ci viennent, même dans leurs propres réunions ou même dans leurs propres deuils, pour tout capoter ou tout chambarder ? Le monde s’effondre. Le Congo qui s’effondre. Hélas, la cacophonie débouche dans une pagaille car les Congolais eux-mêmes ne jamais le même langage avec les étrangers organisant des évènements et activités pour le Congo et pour les Congolais. Un chacun voulant tirer la couverture de son côté, d’où l’échec sur toutes les lignes. C’est la réalité portée sur le théâtre.
« They Drink It In the Congo » devient ainsi une façon de confronter ou de pointer du doigt la grande et longue hypocrisie dans les relations entre le Congo et les Occidentaux, ce marche des dupes entre la diaspora Congolaise de Londres et les différentes autorités et associations britanniques se disant travailler ou vouloir travailler pour le Congo. Le tout, sous le background de toute la complexité de l’histoire, surtout immédiate du Congo à toujours prendre en compte pour ne pas mordre la poussière au Congo ou chez les Congolais, car le Congo, c’est un continent, les Congolais c’est 400 tribus et des ethnies et des langues diverses.
La pièce provoque tous et tout. C’est le Congo et les Congolais dans leurs vice-versa, avec leurs mélimélos ; le Congo comme un puzzle aux couleurs kaléidoscopique, avec ses sons, ses lumières, ses tombes, ses gisements des minerais; avec surtout ses amours et ses humours, sans oublié les pasteurs des « églisettes », brouillant et s’embrouillant eux-aussi.
CONTEMPORANEITE OBLIGE. Vue sous l’angle de la crise actuelle, la pièce de théâtre peut faire un clin d’œil au fameux dialogue « Edem Kodjo » continuant à avoir du plomb dans l’aile. Ils peuvent être tributaires de cette attitude pour étrangers de ne pas considérer le Congo et les Congolais dans leurs globalités, dans leurs tourbillons d’histoires, dans leur géographie, dans leurs ambiguïtés, dans leurs cultures ou mieux dans leurs mosaïques, tout en sachant aussi que, imbus d’un orgueil et d’une fierté sans pareil pour leur Congo. D’où, les solutions et approches plongés dans un cul-de-sac… Malgré la bonne volonté parfois affichée ou apparente !
UNFINISHED BUSINESS (TRAVAIL INACHEVEE). En suivant ce théâtre, on croirait bien que l’auteur épingle le titre de ce fameux rapport sur le Congo par la commission parlementaire britannique sur la région des Grands Lacs. Finissant comme elle a commencé, dans ce non-sens, on aurait souhaité avoir plutôt un théâtre-forum, pour que les Congolais et les amoureux du Congo puissent schématiser des actions concrètes. Car, autre chose est de procéder a une analyse des SWOT (Strengths/Forces ; Weaknesses/Faiblesses ; Opportunities/Opportunités et Threats/Menaces), comme l’avait souhaité Dr. Paul Komba de l’Université de Cambridge dans une conférence au Pays de Galles sur Stanley et sur la diaspora Congolaise, condition sene qua non d’un projet fiable sur la diaspora Congolaise, autre chose est de chercher des solutions adéquates à ces problèmes immanents et transcendants. Car, en terminant cette pièce de théâtre sur une note aussi noire, l’auteur de « They Drink It in The Congo » tombe sur les même critiques que nombreux auteurs négro-africains notamment ceux de la Négritude dont les héros furent souvent des zéheros, pour reprendre le titre du roman du Guinéen William Sassine : « Le Zéheros n’est pas n’importe qui ». Des héros qui meurent au front ou sur le champ de bataille comme Manuela du « Gouverneur de la Rosée » de l’écrivain haïtien Jacques Roumain ; ces héros finissant négativement comme le « Vieux Meka » et le « boy » du « Vieux nègre et la médaille » et « Une vie de boy » du Camerounais Ferdinand Oyono ou l’abbé Landu de « Entre les eaux » du professeur Congolais Valentin Yves Mudimbe ; ou même « Giambattista Vico » de son alter-ego le professeur Mbwil a Mpaang Ngal.
CHANGE MAKERS CONGOLAIS. Certes, un tel travail de renverser la vapeur est du ressort des Congolais eux-mêmes… Devant une telle peinture quasi figurative, tout leader ou tout champion du changement ne peut que se sentir interpeller. Il y a nécessité de travailler et de continuer à travailler pour rehausser le profil de cette communauté Congolaise de Londres et du Royaume-Uni. Il faudra certes des fonds, de l’argent conséquent. Hélas, comme dans la pièce de théâtre, les financiers et les « funders » les ayant dans leurs coffres n’aiment pas financer les organisations Congolaises. Ou, lorsqu’un bienfaiteur ou un Godfather, comme le papa de notre Stef du théâtre décide de les financer, comme l’épingle aussi le théâtre, il impose aux Congolais ses propres agendas. Ce que les Congolais dont l’héritage colonial ayant fait d’eux des « Mindele-ndombe » (des Blancs à la peau noire) ne peuvent jamais supporter et accepter. D’où la cacophonie du départ jusqu’à la fin. Car, le festival qu’on voudrait organiser à Londres pour parler du Congo (sans l’implication des Congolais), finit par capoter : c’est autour d’un deuil Congolais qu’une dernière tentative de mettre tout le monde d’accord a eu lieu. Sauf que les Combattants y sont et chambardent tout, de nouveau ou comme à l’accoutumée ! Il faudra cheminer avec les Congolais dans une vraie dialectique. Et, c’est possible.
Mais, comme il se dit que lorsque un chien te mord avec ses dents, c’est qu’il te rappelle aussi que tu as, toi aussi, des dents, et que tu peux aussi mordre, cette pièce, normalement pourrait aider les « Change Makers » Congolais, ses artistes, ses politiques, ses leaders des communautés de la diaspora londonienne et britannique à se savoir que le travail inachevé les attend et les appelle sous le drapeau du Congo. Il faudra pour cela quitter des analyses défaitistes et planifier, avancer d’une façon dialectique, avec parfois des essais et erreurs, avec des hésitations, avec des approches nouvelles, en regardant aussi autrui et étrangers pour copier parfois. Un tel message s’adresse surement à cette masse nouvelle de la « tierce communauté » congolaise faite de ces jeunes, étudiants pour la plupart, qu’ils s’appellent « Filimbi » (sifflet) ou « LUCHA » (Lutte pour le changement) ou « Moziki littéraire », prêt pour siffler la fin de la recréation.
ATA NDELE. Tôt ou tard ! Une chose est sûre, c’est cet espoir qui transfuge que la prise de conscience des uns et des autres débouchera sur un Congo nouveau ; un Congo où les billets de banque n’achètera plus le fait de vouloir voir ses blessures d’antan. Mais, alors, comment le théâtre (en Anglais) peut-il faire prendre conscience à la diaspora et aux combattants qu’ils sont au fait une force de changement?... Une traduction en français ferrait une bonne affaire surtout lorsque la pièce sera interpréter par des troupes de talents comme le Congo sait les produire à l’instar de « L’Unesco Théâtre des Intrigants » car, le thème abordé n’est pas loin de ces « Quand les Afriques s’affrontent » du dramaturge Congolais Bikisi Tandundu : c’est le Congo et ses Congolais qui s’affrontent loin du Congo.
CHINUA ACHEBE. Certes, il existe un problème de leadership nouveau. Celui actuel étant un leadership de « sauvetage » à tout point de vue. Pour ne pas inventer la roue, il nous faudra faire nôtres les recommandations d’un Chinua Achebe, voici quelques années, analysant le « mal Nigérian » dans un petit ouvrage célèbre « The Trouble with Nigeria », ouvrage dont la substitution de Nigeria par la République Démocratique du Congo, vaudra son pesant d’or ? Il écrit (nous traduisons et remplaçons Nigeria par Congo) : Le mal congolais est simplement et schématiquement un manque et un échec de leadership. Il n’y a rien de mauvais avec le caractère des Congolais. Il n’y a rien de catastrophique avec la terre ou le climat ou l’eau ou l’air ou autre chose au Congo. Le mal Congolais c’est surtout le manque d’une volonté ou l’inhabileté pour de ses leaders à hausser leur degré de responsabilité au point de relever le défi personnel pour eux de prêcher par des exemples positives. Je dis que le Congo peut changer et opérer des miracles aujourd’hui s’il découvre des leaders qui ont une vraie volonté et une vision claire de changement. De tels individus sont certes rares et ne se rencontrent pas partout. Mais il est du devoir des citoyens illuminés de les dénicher et surtout d’organiser à ce que la société devienne le berceau pour de tels leaders. S’il n’existe pas un tel environnement propice à leur épanouissement, tout comme avec la bonne monnaie, les bons leaders peuvent déchoir dans le négatif et de servir a rien du tout.
Et ce travail de trouver un leadership nouveau est un travail perpétuel. Il faudra faire appel parfois aux « grands-prêtres » connaissant ce Congo et ces Congolais pour les mobiliser et c’est possible. L’exemple d’un Etienne Tshisekedi qui, malgré son âge, a pu réussir à réunir les Congolais opposants pendant quelques jours à Bruxelles, avec des résolutions qui feront tâche d’huile dans l’histoire politique contemporaine du pays, montre que l’impossible n’est pas Congolais. Au fait, il existe un autre Congo. Il existe aussi d’autres Congolais. Il existe d’autres voix. Il existe d’autres voies nouvelles et courageuses.
« THEY DRINK IT IN THE CONGO ». Si jadis, le grand Aimé Césaire a ironisé dans son célèbre « Discours sur le colonialisme » que « l’on pille, que l’on torture au Congo, que le colonisateur belge fasse main basse sur toute richesse, qu’il tue toute liberté, qu’il opprime toute fierté (…) Mais, attention ! Vous allez au Congo ? Respectez la philosophie bantoue ! », Est-ce à dire que, désormais, si vous voulez aller au Congo ou si vous voulez travailler avec et pour les Congolais, notamment ceux de la diaspora britannique, il faudra allez d’abord assister à la pièce « They Drink It In the Congo » d’Adam Brace dans une mise en scène de Michel Longhurt et jouée par Almeida Theatre ? Mais alors, il ne faudra pas s’arrêter en si bon chemin. Sinon, vous risquez d’avoir sur votre chemin les « combattants de Londres », un copier-coller du « parlement-debout » en vogue jadis au pays !
Mais, la question sur toutes les lèvres des Congolais sortant de cette représentation : les mêmes bonnes volontés et mécénats qui ont eu à financer la rédaction de la pièce de théâtre et sa mise en scène, sont-ils prêts aussi à financer des initiatives ou des projets congolais venant répondre à la question ou au problème constaté et décrit par le livre et le théâtre ? Car, à en croire le sage Amadou Hampaté Bâ, « Il appartient en effet aux Africains de parler de l’Afrique aux étrangers, et non aux étrangers, si savants soient-ils, de parler de l’Afrique aux Africains. Comme le dit un proverbe malien : ‘’Quand une chèvre est présente, on ne doit pas bêler à sa place‘’ ».
Wait and see!
Norbert X MBU-MPUTU
EMAIL : norbertmbu@yahoo.fr
Journaliste, écrivain
et chercheur en Anthropologie et en Sociologie
Centre on Migration, Refugees and Belonging, University of East London.

LE TRIUMVIRAT FATAL ET LA NIGERIANISATION DU CONGO-KINSHASA POUR SA SORTIE DE CRISE ET SON DECOLLAGE.
« Toyebi bino bikolo mitema mabe, bokosi-kosi mikonzi na biso mingi, ebele ya mbongo bobebisi mitema, biso na biso tokomi se kobomana. Ata bosali bokozwa mpe Congo te, mabe malamu nde tobongisi se biso, na Table Ronde nde toyokani malamu, Congo ezali mpe na bana ya mayele… Congo na ngai, Congo e… Na Table ronde ya Congo e… » - Nous vous savons nombreux ces nations jalouses d’un Congo prospère, vous n’avez cessez de corrompre nos leaders, avec votre argent qui ne cesse de les rendre aveugles aux doléances du peuple, jusqu’à nous pousser à ce que nous puissions nous tuer les uns, les autres. Mais alors, vous ne réussirez jamais à prendre le Congo en otage et à l’occuper, nous trouverons toujours un terrain d’entente entre nous, nous arrondirons nos angles une fois à la Table Ronde, car le Congo est plein des fils et filles intelligents… Congo, mon Congo… Nous nous retrouverons bien à la Table Ronde du Congo… (Congo se ya biso, Lutula Edo Clary, 1960)

Norbert X Mbu-Mputu. Londres, le 29 juin 2016. Demain le 30 juin, notre pays la République Démocratique du Congo, commémorera son indépendance. Normalement, c’est un jour de méditation sur les leçons à tirer des erreurs du passé, pour voir comment bâtir un avenir meilleur pour le pays. Au fait, le Congo-Kinshasa titube depuis six décennies, à la recherche d’un oiseau rare pour son devenir. La seule question avec plusieurs sous-questions étant : comment faire pour démarrer dans ce pays une culture de démocratie ou les politiciens ne seront plus des corrompus et des démagogues et des populistes, mais, sur la tombe et l’héritage des Pères de l’indépendance, Kasa-Vubu, Lumumba et consorts, comment offrir au peuple congolais un mieux vivre, un espace de liberté et de prospérité ?
L’autre Lumumba. C’est en réécrivant mon petit ouvrage sur à paraître bientôt sur Lumumba avec comme titre inspiré par un ami « L’autre Lumumba » dont le but est de pouvoir tirer les leçons de cette tragédie de notre héros national pour notre génération, que je me suis donné aussi comme leitmotiv de découvrir ces erreurs du passé et de voir comment en tirer profit pour le futur du Congo. Car, le paradoxe congolais est le plus navrant : un pays immensément riche, aux dirigeants tout aussi richissime, aux politiciens avec des salaires faramineux, mais ou le peuple est parmi les plus pauvres de la terre. D’ailleurs, c’est ainsi que, relisant ces leçons de ces années-là des indépendances et les toutes dernières leçons de l’histoire de l’Afrique, je trouvai que la Cote d’Ivoire de Laurent Gbagbo était alors dans les mêmes traces du Congo de Lumumba et de Mzee Kabila, d’où ce titre alors prémonitoire de la « congolisation de la Cote d’Ivoire » dont l’arrestation de Gbagbo, de son épouse, de ses ouailles, la CPI, l’acharnement et l’implication de l’ONU et des autres puissances néo ou postcoloniales me donnèrent raison…
Car, comparaison n’étant certes pas toujours raison, la loi en philosophie politique pour ces genres des choses étant : « ceteris paribus sic stantibus » (toutes choses étant égales par ailleurs). Les tragédies d’un Mouammar Kadhafi devant s’inscrire peut-être aussi sur ce manque de relecture de ces histoires ou de cette histoire tragique de Lumumba et des autres pères… Car, souvent le modus operandi étant le même… Pour assassiner Lumumba, Kadhafi, ou pour arrêter Gbagbo, tout le travail fut effectué par les ayant droits, mais le coup fatal devant être donné par les autochtones ; comme dans le mythe de la caverne de Platon, les vrais acteurs, invisibles sur la scène, étant dans le monde métaphysique… c’est connu… Mais, surtout qu’ils envoient toujours des signes avant-coureurs que les initiés savent scruter…
Pour revenir sur le cas du Congo, il faudra d’emblée se calmer les nerfs et dire que ce n’est pas une fatalité. Nombreux pays passent par ces fourches caudines.
Le Nigéria. J’en prendrai un exemple : le Nigéria. Voici vingt ans où être Nigérian était une insulte. Mais, depuis dix ans presque, ce pays-là a décollé et a pris de l’envol. Au fait, lorsqu’on regarde son histoire, le Nigéria a connu la même histoire tumultueuse comme le Congo. Des luttes et des guerres après l’indépendance, le nord diffèrent du sud, des dictatures, la dernière étant celle du général Sani Abacha, mort de la façon qu’on le sait. Donc, le Nigéria était arrivé à un certain moment au creux de sa vallée, comme peut-être le Congo maintenant. Et, il n’y avait plus de choix que se de relever. Et, la nature avait fait son travail avec la fin malheureuse d’Abacha. Peut-être que le Congo n’est pas encore arrivé où le Nigéria était arrivé. Mais, on semble ne pas être trop loin de là.
Donc, dans cette Nigérianisation du Congo, il faudra trouver des bouées de sauvetages, des approches nouvelles basées sur notre passée, notre histoire et surtout nos particularités en tant que Congolais, avec nos problèmes, nos vues et avec ce que les anglo-saxons désignent par l’anagramme SWORT (Forces, Faiblesses, Opportunités, et Menaces).
Leadership nouveau. Il faudra surtout trouver aussi des personnalités pouvant incarner cette vision pour un nouveau Congo. Et, il en existe et il en existera. D’ailleurs, le président Joseph Kabila, en son temps, était à la recherche de ces personnes rares. Dieu seul sait s’il les avait trouvées… Mais, très souvent, ces personnalités rares restent silencieuses dans leurs laboratoires. Il faudra les dénicher. Car, ces personnalités, et le Congo les a, ont horreur et peur des troubadours et des thuriféraires qui, en politique, sont plus dangereux que les assassins ou que les dictateurs au pouvoir. Et, le Congo est, malheureusement, remplit de ces personnalités reconnus pour leur flatterie légendaire voulant faire du leader un nouveau prince, alors qu’en réalité, elles roulent pour leurs propres intérêts… Des personnalités capables d’adorer ce qu’elles ont hier brulé et de bruler ce qu’elles ont hier adoré.
Chinua Achebe, le mal nigérian. Il faudra commencer par l’analyse réalisée sur le Nigéria par Chinua Achebe. Dans un petit livre, passé inaperçu, « The Trouble with Nigeria », qu’on pourrait traduire par le « mal nigérian », il analyse et vint à une conclusion. Au fait, dit le vieux écrivain, et la même chose vaut pour le Congo. Il n’y a rien de mauvais avec le Nigéria, avec son climat, avec sa position géostratégique, avec son histoire et sa géographie, encore moins avec sa culture. Le Nigeria n’est pas maudit. Même si, lorsque vous rencontrez deux Nigérians, comme actuellement deux Congolais, leur conversation ne tourne qu’autour d’une seule chose : ce pays-là… ces dirigeants-là… le mal nigérian… Le vrai problème, dit-il, c’est que dans ce cheminement de son histoire, le Nigéria a besoin et aura, tôt ou tard, un nouveau dirigeant, un leader, qui saura mettre son intérêt personnel au-dessus de tout ; qui saura réincarner la philosophie des Pères des indépendances. Un leader ou des leaders qui auront une nouvelle vision pour un autre Nigéria et, ensemble, ce pays-là va décoller.
Et, c’est arrivé avec la fin d’Abacha, le passage ou la transition assurée par le général Aboubacar, puis l’arrivée du Vieux Olusegun Obasanjo, revenu au pouvoir, mais avec une vision autre et nouvelle. Ce fut le coup de pouce que le pays attendait…
Aujourd’hui, le Congo est dans cette phase de sa Nigérianisation… Pour cela, il faudra trouver une nouvelle approche pour le Congo ; quitter les actuels « leaderships de sauvetage » qui n’ont fait que perdurer, pour un autre leadership de vision nouvelle et pour un autre futur.
Thomas Kanza : le triumvirat fatal. C’est l’histoire du Congo qui nous offre une telle réflexion ; elle est de Thomas Kanza, l’un des deux universitaires avec Bomboko Justin, du gouvernement Lumumba et il est le seul qui a écrit ses mémoires et ses expériences de jadis pour la postérité. C’est pendant la Conférence Nationale Souveraine avec sa déclaration de politique générale : « Si l’histoire nous servait de guide », un résumé d’un chapitre contenu dans son livre jamais traduit en français, « Conflict in the Congo. The Rise and Fall of Lumumba » où il analyse la crise congolaise de ces années des indépendances. Il titre : « The Fatal Triumvirate » (Le triumvirat fatal).
Mais, l’histoire du Congo semble toujours être balisé par ce fameux triumvirat fatal se prolongeant indéfiniment… sa correction peut devenir est une voie de sortie de crise pour un autre nouveau Congo.
Au fait, constate-t-il, trois dirigeants et leaders représentaient le Congo des indépendances : Joseph Kasa-Vubu, l’homme calme et serein ayant la bénédiction et le soutien de tous les milieux catholiques externes et du pays ; Patrice Lumumba, l’homme le plus populaire, ayant la confiance du Congo entier et chef du gouvernement et Moise Tshombe, l’homme le plus riche et ayant la confiance de tous les milieux financiers et économiques du monde. Le problème est que ces trois-là, depuis la fin de la Table ronde, n’ont jamais travaillé ensemble pour le bien du Congo. Un chacun est resté dans son petit coin jusqu’à ce qu’un chacun mourut de la façon qu’on sait. Alors que, les trois ensembles auraient pu faire à ce que le Congo puisse devenir un Etat prospère. A la formation de son gouvernement, Lumumba invita Tshombe qui refusa (surement déjà inféodé pas les Belges mafieux, car, le même Thomas Kanza raconte dans son livre comment Tombé vint à Léopoldville, deux jours avant la sécession katangaise le 11 juillet 1960, chercher à rencontrer Patrice Lumumba, qu’il ne put rencontrer. Avant de quitter Léopoldville, il prédit à Thomas Kanza le désastre de l’échec de cette rencontre pour le Congo… Lorsque les deux personnalités se retrouveront, c’est au soir du 17 janvier, Lumumba (Mpolo et Okito), dans un état piteux, avant que ces derniers soient assassinés… Pire, les trois leaders moururent dans la pauvreté la plus totale.
Tshombé. Le cas le plus navrant étant celui de Moise Tshombe, Surnomme jadis monsieur tiroir-caisse, et de son alter ego Albert Kalonji, chef des sécessions. Tshombe quitta le Katanga pour son exil avec des millions de dollars. Kalonji aurait acheté tout un quartier de Genève avec son argent de son Kasaï. Mais, les deux ne profitèrent pas de cet argent-là des sécessions. Des malins s’en étaient bien servis. Comme Christophe Gbenye qui est mort sans nous avoir pu récupérer les lingots d’or entreposés dans la Banque de Soudan pendant sa République Populaire d’Orientale (avec et après celle d’Antoine Gizenga). Comme aussi Mobutu dont le château venait d’être vendu à vil prix en Suisse, car, lui aussi mourut « pauvre », disons pas aussi riche qu’on le croirait… Car, malins, ces capitalistes qui les aident à ouvrir et à gérer ces comptes à l’étranger, savent comment s’en tirer d’affaires et savent comment les jongler, surtout lorsque ces messieurs-là perdent le pouvoir. Nombreux comptes ouverts au nom du chef de l’état ou d’un état ne leurs sont tout simplement plus possible d’y avoir accès. Et, pour le pays aussi, les récupérer est un combat perdu d’avance. Les frais à payer, les dettes vraies ou fausses étant parfois au-dessus du montant dont seules les banques savent le secret… Un ami ayant aidé le Congo de Mzee Kabila à récupérer l’argent de Mobutu l’a une fois expliqué : des méandres interminables avec comme résultats une perte de temps et d’argent pour rien.
Donc, maintenant encore, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la même cabale a déjà commencé avec le président Joseph Kabila. Les mêmes commencent déjà à dire qu’il serait trop riche, plus que Mobutu… Pire, les mêmes tentent de lui donner parfois des montant qu’il ne pourrait peut-être même pas avoir en banque.
Alors, pour couper l’herbe aux pieds de ces capitalistes égoïstes et surtout avares de leurs beefsteaks qu’est l’argent, dixit Mobutu, il faudra retourner la logique des négociations et permettre à ce que les leaders puissent investir, mourir et rester au pays, l’exil étant un gouffre et un cimetière. D’où l’idée d’un triumvirat vital, les choses étant ce qu’elles sont. Car, l’histoire des nations est souvent faire des répétitions.
Leçon d’histoire. Après l’assassinat de Lumumba, Tshombe partit pour l’exil, et le pays sombra dans une autre grande crise. Pour mettre fin à cette crise-là, il fallait un autre « triumvirat vital », venant corriger le premier triumvirat fatal. Il fut constitué cette fois-ci par Joseph Kasa-Vubu, comme président, Joseph Mobutu comme chef d’Etat-major et l’homme fort du pays, et ils furent obligés de réappeler Moise Tshombe qui devint le premier ministre du gouvernement de salut public. Il faudra noter que Tshombe regrettera toujours jusqu’à sa mort de l’assassinat de Lumumba dont les artisans se servirent de Godefroid Munongo ou vice versa, Tshombe était au cinéma lorsque les trois prisonniers arrivèrent… Lorsqu’il alla le soir les visiter, il avait de la peine à les voir dans un tel état… et, on sait actuellement que la décision de les assassiner fut surement prise par Munongo, après certes un verre de whisky de trop…
Le Congo de Tshombe connut une prospérité sans pareille, car Tshombe alla en Belgique reprendre le portefeuille et il put organiser les élections démocratiques et crédibles organisées par les Congolais eux-mêmes, dont sa coalition sortit vainqueur, ce furent les premières élections démocratiques et libres après celles de 1960 ; elles vinrent après surtout la promulgation de la nouvelle constitution dite de Luluabourg de 1964 consacrant le fédéralisme et surtout avec un pays divises, comme maintenant, en provincettes, gerbes des conflits sans fin, mais permettant ainsi au Président Joseph Kasa-Vubu de diviser le pays pour mieux régner…
Erreur de Kasa-Vubu. C’est lorsque Joseph Kasa-Vubu ne comprit pas le bienfait de ce triumvirat et refusa d’accepter les résultats des élections et nomma par deux fois Evariste Kimba au poste du premier ministre et que ce dernier ne parvint pas à avoir la confiance du parlement et du sénat qu’arriva Mobutu pour tout mettre entre parenthèses : le coup d’Etat du 24 novembre 1965.
Mobutu aussi. Mais, l’histoire étant têtue, lui qui vint tout simplement balayer la maison y resta pour trente-deux ans. Sa fin n’était plus différente des autres fins. Car, l’histoire eut besoin, pour le sauver et pour sauver le pays, d’un autre triumvirat.
En effet, pendant la transition et surtout pendant le Conférence Nationale Souveraine, qui est comparer avec la Table Ronde ou même avec le dialogue actuel à convoquer, il eut encore un autre triumvirat forme cette fois-ci par le Marechal Mobutu, Monseigneur Laurent Monsengwo et le premier ministre Etienne Tshisekedi. Un chacun avait un rôle primordial pour sa survie et pour le pays. C’est lorsque les trois travaillèrent pour le bien du pays que les choses allèrent sur la roulette, notamment après l’élection de Tshisekedi comme Premier ministre le 15 Aout 1992, jusqu’à la démonétisation des billets de 5.000.000 de NZ… Je dis « démon-nétisation »… Ce fut une décision démoniaque que de larguer ces billets-là sur le marché… Et, ce fut le début de la fin de tout, surtout du responsable de cet échec de l’histoire, comme hier avec Kasa-Vubu : Mobutu et son MPR Parti-Etat qui allaient être balayés de la façon que l’on sait.
Dernière chance. Mais, une dernière chance encore fut offerte à Mobutu et au pays, comme jadis avec Kasa-Vubu dont le premier ministre Kimba ne fut pas accepté mais qui persista dans son jusqu’auboutisme. Mobutu aussi. Pour ne pas permettre à une solution d’un coup d’Etat ou d’une victoire militaire contre le régime de Kinshasa de Mobutu, Etienne Tshisekedi fut dépêché en France à Cap Martin auprès de Mobutu malade pour offrir une planche de salut et à Mobutu et au pays. Il fut demande a Mobutu de retourner à la légalité : de remettre le pouvoir à la Conférence Nationale Souveraine, au fait, revenir donc au « triumvirat vital » raté. Mobutu l’accepta. Monseigneur Monsengwo, alors en Europe, revint, via Brazzaville, pour reprendre la HCR-PT. Car, la victoire de l’AFDL allait sonner le glas à toute solution démocratique et salutaire pour le pays et pour Mobutu lui-même. Mobutu fut alors accueillit en héros à son retour…
Sur les traces de Tshombe et de Lumumba. Hélas, qui a bu boira… Mobutu, comme un vieux léopard sur la route de son exil, tourna le pays, le peuple, Tshisekedi et Mgr Monsengwo en dérision. Il confirma Kengo wa Dondo comme Premier ministre ; au fait, il creusa ainsi sa tombe. Tshisekedi comprit alors que les carottes étaient cuites pour Mobutu. La dernière fois pour Mobutu et Tshisekedi de se rencontrer fut au Palais des Marbres, lorsque Tshisekedi, comme un gourou, refusa de participer à ce simulacre de dialogue politique orchestre par Mobutu et ses troubadours et thuriféraires ayant débouché au dernier gouvernement Kengo, et il sortit, poursuivit par Ekamba pour son émission « Loba Toyoka ». Tshisekedi ne dit plus rien, avant de s’engouffrer dans sa Jaguar… (Thomas Kanza rappelle dans son livre ainsi qu’avant de s’engouffrer dans sa limousine pour l’aéroport, Tshombe prédit une fatalité pour le pays et pour Lumumba…). L’histoire de sa fin est connue surtout avec l’arrivée de Bill Richardson, l’envoyé spécial du président Américain Bill Clinton… encore un raté dans l’histoire du pays. Quand Mobutu voulu se ressaisir et renommer Tshisekedi au poste du Premier ministre, ce dernier refusa d’être son Premier ministre. Mobutu alla mourut en exil et on sait ce qu’il advint de ses millions… Tshisekedi et Monsengwo sont encore en vie…
Mzee Kabila. Comme si l’histoire du Congo était toujours têtue et titubait toujours, à son arrivée le 17 mai 1997, après la fuite de Mobutu (qui avait toujours réfuté d’être un jour appelé « ex. président », préférant être appelé « feu président »), Mzee Laurent-Désiré Kabila oublia d’apprendre cette leçon-là de l’histoire titubant et en quête de solution. Tshisekedi, encore lui, lui dit : félicitations pour avoir gagné ou nous on n’a pas pu ; mais, veuillez apporter la facture la guerre qu’on la paye et qu’on remercie ceux qui nous ont ainsi aidé et qu’ils retournent… Hélas, volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment, Mzee refusa d’appliquer le « triumvirat vital », il mit Tshisekedi à l’ écart, emprisonne une fois Antoine Gizenga, n’écouta en rien Mgr Monsengwo (ou un autre leader pouvant jouer ce rôle-là). La cacophonie était à son comble. Le pays était dans un cul-de-sac surtout avec le début de la deuxième guerre d’agression un certain 2 août 1998 ou la guerre du non-respect des accords de guerre (les fameux accords de Lemera ?) ou la guerre du non-paiement de la facture de la première guerre comme convenu. C’est selon.
La tragédie devint inévitable. Les initiés la présageaient déjà. Dans un deuil, Justin Bomboko aurait dit quelques mois avant cet assassinat que le job de Mzee Kabila était fini. Le 30 juin 2000, soit six mois auparavant, dans cette interview célèbre à Tervuren en Belgique, interview en ligne, Etienne Tshisekedi prédit que Laurent-Désiré Kabila naviguant a vue allait mal finir. Encore une tragédie malheureuse pour le pays et pour le leader. Car, la question, a-t-on pu récupérer les avoirs et l’argent de Mzee Kabila, s’il les avait entreposés quelque part comme le dit la radio trottoir ? Un grand silence encore, ou une perte et pour le pays et pour les siens.
Carrefour. Nous voilà donc sur le même carrefour de l’histoire. Le Congo aujourd’hui compte trois ou même quatre leaders qui sortent du lot : Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi et, un troisième pour former le triumvirat, si on s’en tient à ce parallélisme, incontestablement Moïse Katumbi ou, s’il faudra faire du triangle un carré, un quatrième leader imperturbable, le même Laurent Monsengwo, comme le même Etienne Tshisekedi, cette fois-ci devenu le cardinal et l’archevêque de Kinshasa… Nous sommes donc devant un quadriumvirat… Au fait, la nature ayant horreur du vide, le manque de nouveaux leaders émergeants dans l’Eglise catholique et dans l’opposition fait que les anciens doivent revenir et ils reviennent combler le vide… Car, comme un vieux serpent, ils font encore peur… au propre comme au figuré… On a vu par exemple l’UDPS s’embrouiller à trouver un qui pourrait remplir ce rôle, jusqu’à ce que le vieux, malgré son âge, est obligé de reprendre les choses en mains et il les a bien reprises en mains.
Hélas, les trois ou les quatre leaders sont se regardent comme des chiens et chats. Ils ne se parlent pas. Ils ne se retrouvent pas. Tshisekedi ayant tournoyé au-dessus de Kinshasa dans un avion, pendant la campagne des élections passées, avec interdiction d’atterrir, au risque même pour l’avion de se retrouver sans carburant, en veut surement à Joseph Kabila, le pauvre. D’où, le communiqué de Tshisekedi attendant son imperium scellant le sort de Joseph Kabila qu’on doit lui amener ligoté… Alors qu’on sait que, dans de telles circonstances, il peut avoir des responsables imbus d’eux-mêmes prenant des décisions, par excès de zèle parfois, dont ils croient faire plaisir au prince. Par la faute peut-être des troubadours et des thuriféraires ou par la faute de ceux voyant plus grand qu’eux-mêmes, ceux pour qui une telle alliance ou un tel triumvirat n’est pas de leur gout, surtout ceux qu’on appelle des calculateurs-profiteurs du Congo ; comme le déniche le même Thomas Kanza : Paris-Bruxelles-Washington, et, Londres à une certaine mesure. (Les révélations sont tombées récemment que l’assassinat de Lumumba avait aussi une main invisible de Londres via la responsable de la sécurité de Londres basée alors à Léopoldville à l’époque, Madame Daphne). Car, Thomas Kanza note que les malheurs du Congo est que les grandes décisions doivent se prendre dans ces capitales-là…
Le nouveau dialogue. Donc, pour sauver la nation et les individus concernés et éviter que certains ne connaissent les mêmes fins comme avec ceux dont ils incarnent les rôles historiques, il faudra que le dialogue qui s’annonce permette à nos leaders, les vrais, d’inverser le « triumvirat fatal » ; donc de former encore un « triumvirat vital » pour le pays. Au fait, prendre comme modèle la Table Ronde de Bruxelles en 1960, ou l’actuel conclave de l’opposition autour de Tshisekedi toujours à Bruxelles. Il est possible pour le président Joseph Kabila (qui est dans la position de Joseph Kasa-Vubu dont il est l’homonyme et de Joseph-Désiré Mobutu dont il est tout aussi l’homonyme), le président Etienne Tshisekedi (le politicien le plus populaire qui est dans la position de Patrice Lumumba), et, à une certaine mesure Moïse Katumbi (qui est dans la position de Moïse Tshombe, dont il est tout aussi l’homonyme) de se retrouver et de bien gérer la nation. Ce sera alors le décollage de tout un pays et les individus concernés aussi retireront un grand bénéfice de ce triumvirat. Sinon, l’histoire se répétant, la fin de ses acteurs ou de ceux considérés comme grains de sable dans un tel engrainage risquerait d’être de nouveau fatale… Malheureusement…
Pour cela, certes, il leur faudra Est-il qu’il leur faudra peut-être une autre personne ou un autre leader pour les aider à arrondir leurs angles, rôle que pourra jouer le Cardinal Laurent Monsengwo, car, lui est celui qui a la confiance de toutes les institutions internationales et le peuple tout entier.
Nouveau triumvirat. Donc, la clef pour sortir le pays de ce rond-point suicidaire pour le pays et pour ses leaders passe par ce nouveau « triumvirat vital », correction des autres triumvirats fatals. La guéguerre actuelle entre le président Joseph Kabila et Moïse Katumbi, ancien allies d’hier comme le furent Mobutu et Tshisekedi, comme d’ailleurs la guéguerre entre Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi, ou encore la guéguerre entre joseph Kabila et le Cardinal Monsengwo, comme on croit le dire voici belle lurette, risquerait de coûter chers à certains d’entre eux, comme jadis à tous les membres précités de ces triumvirats qui n’avaient pas compris leurs rôles pour le changement de ce pays. Ceux qui l’avaient compris, Tshisekedi et Monsengwo, survivent encore…
Lire les signes de temps. C’est cet agenda que doit comprendre les membres du prochain dialogue. Hélas, objectif qui ne pourra jamais être atteint si on n’invite que des troubadours et des thuriféraires des uns et des autres… Alors que ces membres d’un tel triumvirat sont des leaders inconstatables d’une tranche importante des Congolais. Etienne Tshisekedi l’a prouvé avec le conclave de Bruxelles que là où Joseph Kabila peine depuis plusieurs mois, où Edem Kodjo semble s’embrouiller, il a pu, lui Tshisekedi, en trois jours, réunir les Congolais et sortir un manifeste qui fait renvoyer à l’histoire des manifestes ayant été à la base de notre indépendance : le manifeste de la conscience africaine avec Iléo, Kalonji et les autres, et le contre-manifeste de l’ABAKO, les deux venus après ce défaitisme des Belges pensant nous offrir l’indépendance dans trente ans, comme le stipulait ce document de Van Bilsen… Le lieu de Bruxelles lui-même est tout aussi mythique et mystique car, à l’arrivée des conjurées Congolais ou nos chevaliers de la Table ronde, en janvier 1960, alors que les Belges avait tout aménagé pour diviser les Pères de l’indépendances d’alors, ces derniers surprirent plus d’un en constituant le « Front commun », en demandant l’indépendance, en travaillant ensemble, avec l’aide de leurs érudits, des étudiants Congolais de Belgique sous la conduite de Marcel Lihau et de leur diaspora sous la conduite de Thomas Kanza, alors travailleur au Bureau du Marche commun… Or, l’histoire du Congo se sert souvent de ce même Etienne Tshisekedi comme étant sa soupape de sécurité tirant la sonnette d’alarme avant que l’histoire ne se plonge dans sa fatalité légendaire…
Quadriumvirat ou tétrarchie. Le quadriumvirat ou la tétrarchie à ainsi former par Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi, Moïse Katumbi et le Cardinal Laurent Monsengwo ferrait un travail mieux et même plus profond que la panoplie d’envoyés spéciaux au chevet du Congo, un chacun avec son petit agenda, certes. C’est possible d’avoir de telles personnes pouvant les aider à arrondir leurs angles. On a par exemple vu la première dame Olive Lembe Kabila trainer presque le Cardinal Monsengwo sur les lieux des cérémonies, lui dont on croit n’avoir pas voulu assister aux commémorations dernières de l’assassinat de Mzee Kabila (Car, il ne peut avoir d’autres explications sur le retard du prélat catholique lorsqu’on sait le Cardinal ayant le respect des heures de rendez-vous comme sa seconde nature).
Car, dans cette recherche des solutions pour le Congo, c’est encore suicidaire de tomber sur le défaitisme qui nous est désormais légendaire et de croire que ce pays-ci n’a plus de chance ou qu’il faille encore des rebellions ou des soulèvements populaires ou des coups d’Etat. Certes, l’histoire ayant ses solutions propres, il n’est pas impossible que de telles solutions refassent surface lorsque les uns et les autres éviteraient d’écouter les voix de dialogue ou même les solutions pacifiques et constitutionnellement légales. La dernière sortie du professeur Mokonda Bonza au Sénat, interpellant le Premier ministre, a démontré que le Congo regorge ainsi de ces fils et filles pouvant imaginer et faire le design d’une nouvelle feuille de route congolaise. On devait peut-être lui demander de tout couler sous forme des recommandations et mêmes d’un document de travail pour permettre au Premier ministre de bénéficier d’une telle expertise, pour le bénéfice de la nation. Certes, de telles personnalités, à cause de tous les coups bas des politiques, ne sont pas souvent consultées ou écoutées… ou encore, ceux-là ne se manifestent pas souvent…
Un telle approche d’un nouveau quadriumvirat vital ou même d’un triumvirat nécessitant une quatrième personne jouant le rôle du patriarche, serait ainsi une correction de notre histoire macabre et faite de sang d’innocents ; une correction du premier triumvirat fatal ayant plongé notre pays dans une crise qui perdure jusqu’alors ; le pays se lancera ainsi dans une nigérianisation prospère.
Kanyama… ballon d’essai. D’ailleurs, si le président Joseph Kabila et Moïse Katumbi ont ainsi leurs avoirs et leur argent à l’extérieur, comme on semble l’affirmer par une certaine presse, sans nous questionner si c’est vrai ou faux, ils les ramèneront ainsi au pays, comme jadis avec Moïse Tshombe qui revint en 1964 avec le portefeuille. Surtout que le ton est donné avec cet épée de Damoclès, ou le gel des avoir à l’extérieur, (avec le général Kanyama, le pauvre ! – peut-être dans la logique qu’il faudra frapper les petits poissons pour inviter les gros a plus d’ordre comme lorsque Papa Wemba fut arrêté pour la fameuse histoire du trafic des humains), qui précède les fameuses enquêtes de la fameuse CPI. Au fait, c’est une façon de montrer qu’on va se les approprier, comme jadis avec Albert Kalonji et Moïse Tshombe dont les familles et eux-mêmes ne bénéficièrent pas de ces argents entreposés dans ces banques étrangers… Leçons d’histoire…
Table ronde newlook. Mais, une telle rencontre est possible et mérite des préalables et surtout un « gentleman agreement » ou un manifeste à accepter ou à imposer à tous, avec des articles et des régulations clairs opposables à tous : le caractère sacro-saint de la constitution, la gratuite de la participation des membres, la non-éligibilité des participants à tout mandat électoral après le dialogue et aux instances d’après et surtout un timing court et succinct comme le fut le conclave ce l’opposition de Bruxelles faisant partie désormais d’un outil de taille, surtout après que les autres oppositions dont le MLC de Jean-Pierre Bemba dirige par la dame de fer Bazaiba Masudi et l’UNC de Vital Kamhere, dont les qualités et les capacités de maitrise des dossiers secrets de art et d’autres ne sont pas à déconsidérer, surtout à cause de son cursus honorum élogieux. D’ailleurs, ce dialogue ne devrait pas s’éterniser s’il n’est convoqué que pour une seule raison : faire à ce que les prochaines élections se tiennent dans le délais constitutionnelle et surtout, libres et transparentes, qu’elles soient sans susciter encore, comme jadis, des interprétations et du désordre.
Cette nigérianisation et cette fin des triumvirats fatals fera à ce que les leaders congolais et leurs ouailles se lancent dans une nouvelle lutte ensemble : cette du développement durable, celle d’un nouveau Congo prospère, celle d’un Congo ou le maitre mot politique pourrait devenir « the accountability » ou la responsabilité des actes poses et les comptes à rendre à la population ; la politique recouvrira ainsi sa noblesse originale : la gestion de la cité. Et le pays retrouvera sa définition de la république : une chose appartenant à tous. Les dirigeants et leaders pouvant humer l’air frais de liberté une fois leurs mandats termines, au grand bénéfice de tous, comme le sont les autres dans d’autres cieux. Et, ce n’est pas sorcier.
Toute fausse modestie mise-à-part, j’offre mon expertise pour la réussite d’une telle vision d’un « triumvirat vital » ou d’un « quadriumvirat vital » pour le Congo. Au fait, le retour aux fondamentaux à la fois de notre histoire et des républiques modernes et prospères.
Norbert X MBU-MPUTU,
Journaliste, écrivain et chercheur en Anthropologie et en Sociologie
(EMAIL : norbertmbu@yahoo.fr)

 

Congo, une réflexion.

Au pays des boiteux chacun pense qu'il marche droit " dit un proverbe.

On ne réfléchit pas seul.

Un projet se bâtit au fil des rencontres, des discussions et des questions posées. Méfiez-vous de vos certitudes. Ces pages sont consacrées  à des réflexions sur le projet d’une société prospère en RDC. Apprenez ici ce que  les autres pensent sur les grands axes de sécurité, de développement socio-économique  et culturel. Nous publions ici les réflexions de membres de Kamoto Centre et des éminences dont les pensées sont jugées pertinentes et excellentes. Si vous avez une réflexion à partager avec les autres et souhaitez le voir publier sur notre site, contactez-nous sur ce lien Nous contacter. Vos écrits sont les bienvenus. Souvenez-vous d’une chose: pour beaucoup de nous qui avons étudié en RDC, le pays a dépensé  beaucoup d’argent pour notre éducation et notre formation. C’est fût un investissement énorme dont le pays ne peut tirer profit que si nous contribuons en retour à le rendre grand et prospère. Pay back time comme disent les anglophones.

Ce que Je crois : Katanga de nouveau centre des enjeux du devenir politique de la RDC ?

Par Dr Florent Pumu (Kamoto Centre)

Contexte historique

Pour ceux qui comme moi ont eu l’opportunité de vivre des années durant dans cette partie de la RDC, le territoire à la terre rougeâtre, aux vents en petits cyclones qui vous couvrent de poussières, aux pluies parfois à longueur des journées, aux termitières caractéristiques, le Katanga n’est pas seulement ce territoire calme où les villes de l’époque n’avaient presque rien à envier à certaines villes de l’occident. C’était une contrée où la cheminée de la Gécamines, éjectant constamment la fumée noire, vous rappelle à chaque instant qu’elle constituait alors les poumons du pays avec plus de 70% du budget national extirper de son sous-sol. Malheureusement, ce sont ces ressources vitales et celles d’autres contrées du pays que Mobutu et les caciques du MPR utilisaient plus pour se pavoiser dans des grotesques simulacres de royauté à la place d’investir dans l’éducation, la technologie et l’innovation pour le salut national. L’incivilité d’alors et d’aujourd’hui n’étant pas une mauvaise gloire.

Un effet plus que tout autre territoire national, le Katanga est lié aux cataclysmes politiques qui ont dicté le devenir politique de la RDC depuis son indépendance en 1960. La région a accueilli les premiers immigrés Rwandais (tutsis et Hutu) venus travailler à l’époque du Congo-Belge. Son sol a absorbé le sang du héros national Mr Emery Patrice Lumumba. Les conséquences de ce drame et d’autres liés au Katanga sont notoires : les moments chaotiques de 1960-1965, la sécession, la mort de Dag Hammarskjöld. Imaginez une fois que Ban Ki Moon mourait pour la cause de la RDC !

Il y a eu les guerres de Moba, Shaba 1 (guerre de 80 jours) et Shaba 2 qui ont vues des légions étrangères, Belges, Français et marocains, avec des gros moyens logistiques américains, « sauter sur Kolwezi » -Reference à l’opération Léopard-, d’autres villes et villages de la province. Les détails de ces différentes guerres peuvent être retrouvés entre autres dans le livre de Mr Jean-Jacques Wondo sur les armées de Congo-Kinshasa.

C’est encore au Katanga qu’arrivera le moment clé du débâcle mobutien avec le relâchement de son régime par les parents occidentaux : le fameux « massacre » de l’université de Lubumbashi dont les acteurs principaux étudiants et politiciens furent des gens que j’ai connu personnellement et dont certains parmi les étudiants furent des amis. La réunion de préparation du « lititi mboka » s’était tenu dans le même immeuble que j’ai habité sur avenue Kasaï à Lubumbashi.

Le drame ou salut (selon la conviction des uns et des autres) de 1997 a eu comme « Commander in chief » un fils du Katanga. C’est Mr Laurent Désiré Kabila qui ira de la conquête de la ville de Kinshasa pour détrôner le « léopard » Mobutu Sese Seko et ses apparatchiks. Beaucoup sous-estiment les conséquences néfastes du régime de Mobutu sur la situation que traverse le pays aujourd’hui. S’il y a eu une première « stratégie du chaos et du mensonge » au Congo-Zaïre, c’est celle du Mobutisme et le parti-état qui ont saboté l’éducation nationale, élever la corruption à l’art de gouverner la nation (kleptocratie), sabordé la défense et la sécurité nationale au point de permettre aux Kadogos en bottes et la petite « armée » soutenue par les rwandais de conquérir le pays sans vraie bataille. Max Dorismond, raconte qu’un sage chinois, il y a de cela plusieurs siècles, conseiller de son empereur, confia à ce dernier : « Si vous voulez détruire un pays, inutile de lui faire une guerre sanglante qui pourrait durer des décennies et coûter cher en vies humaines, Il suffit de détruire son système d’éducation et d’y généraliser la corruption. Ensuite, il faut attendre vingt ans et vous aurez un pays constitué d’ignorants et dirigé par des voleurs. Il vous sera très facile de les vaincre. »

Le leadership de l’opposition qui a changé de camps ?

S’il est vrai que Mr Etienne Tshisekedi garde encore une influence très grande sur le devenir politique de la RDC, il y a une vraie guerre de l’opposition à la dictature sur le sol du Katanga entre Moise Katumbi et Joseph Kabila. Ceux qui minimisent l’impact que cet affrontement aura sur le devenir politique du pays devraient rectifier leurs convictions. Le fait que Felix Tshisekedi circule librement à Kinshasa est signe qu’il n’est point un chien méchant pour le régime de Kabila. Et il semble de plus en plus apparent que dit Felix, dit son père. Comme jadis Mobutu a trouvé Mungul Diaka achetable, la Mouvance Présidentielle a trouvé l’UDPS malléable. Les caciques du PPRD se frottent les mains d’avoir pris dans leurs maillons ce plus grand parti de l’opposition. C’est le jeu de « à malin, malin et demi » dans la logique des accords du Palais de Marbre 1 et 2. De toute façon, quelles armes Felix Tshisekedi peut déployer contre le « might » de Joseph Kabila fait de son argent (en fait l’argent du pays), son armée, ses services de sécurité et surtout ce qu’on appelle au Congo, le « mokolo tonga », c’est-à-dire le détenteur des nominations politiques. C’est qui est vrai, une fois le « dialogue » commencé- si cela a lieu un jour-, le retrait ou non de l’UDPS ne changera rien à sa lancée ; les dés truqués seront déjà jetés. Le cartel UDPS-et-alliés sera noyauté dès le premier jour. Kabila en sortira vainqueur sur tous les plans : Nombre des mandats prolongé à son gout ; l’UPDS qui pourrait avoir quelques postes dans l’administration du pays pour deux ou trois années de la transition sera balayée dès les prochaines élections présidentielles et le PPRD « wumela » sera assuré grâce aux Tshisekedi.  Marcel Lihau Ebua, Vincent Mbwakiem et Kibassa Maliba et autres se retourneraient dans leurs tombes !

Kabila- Katumbi : une guerre idéologique? 

Loin d’être un simple « ôtes-toi de là que je m’y mette », une simple révolte de palais, les informations reçues de proches de Kabila et du département d’état américain nous ont convaincu depuis deux années déjà, que Kabila-Katumbi est une guerre des tranchées idéologiques entre le G7 soutenu par les acteurs principaux de la communauté international (Etats-Unis, les Royaume-Unis et la Belgique pour le cas du Congo) et le camp Kabila.

Le combat pour la démocratisation du pays a aujourd’hui un ferment dont l’avenir politique pourra bien être déterminé, c’est le Katanga. Comme jadis la « lettre ouverte au citoyen président-fondateur du MPR, président de la république par un groupe de parlementaires du 1er Novembre 1980, ce nouveau front est -d’après nos analyses basées sur des informations internes des différents stakeholders (parties prenantes) -une vraie guerre idéologique sur les valeurs de démocratie et de gestion du pays. Moise Katumbi et les membres du G7 étaient bien « à la mangeoire » à l’instar des fameux 13 parlementaires quand ils ont opté pour une orientation anti-Kabila.

La première grande guerre idéologique en RDC, avec comme fervent générateur l’ABAKO, fut celle qui a conduit à l’indépendance du pays. La deuxième a été cristallisée par la fameuse lettre de Tshisekedi et amis dont allusion est faite ci-haut alors tous membres du MPR. Loin d’être un simple document de dénonciation du mal de l’époque, cette longue lettre a été un vrai début d’un manifeste sur une nouvelle manière d’administrer et de gérer le pays.

L’épopée AFDL et PPRD n’a jamais été et n’est point une guerre idéologique parce que le contenu est clair : un régime sans vision claire du pays dans le sens de son organisation institutionnelle sauf bien sûr celui de recréer le Zaïre de Mobutu, à moins de croire la déclaration ce lundi 9/05/2016 de Mr Mwenze Kongolo sur Radio Okapi disant que Joseph Kabila « avait trahi l’idéal du combat politique et de démocratie de feu M’zée Laurent Désiré Kabila, en instaurant une dictature pire que celle de Mobutu »

Comme disait un analyste de la situation du pays, le Congo est aujourd’hui dans un état chaotique qu’on ne sait pas qui fait qui quoi en rapport avec son fonctionnement en tant qu’état. En effet, il est dans une situation d’équilibre indiffèrent. Personne ne sait vraiment pas prédire dans quelle direction il tombera. Les institutions du pays sont des caricatures de ce qu’ils devraient vraiment être. D’abord la constitution du pays définit le premier et le rôle le plus important du président de la république. C’est celui d’être le garant de la constitution, il veille au respect de la constitution dit l’article 69 ; c’est à dire celui qui devrait garantir que celle-ci demeure cette charte fondamentale dont les prescrits sont respectés et appliqués à la lettre.  Le président est le gardien de la constitution, l’arbitre du fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Il est ensuite le garant de l’indépendance nationale et de l’intégrité du territoire. Ne pas remplir ce rôle et surtout pousser vers un agenda que cette constitution soit « mise entre parenthèse » est une dérogation sérieuse de ces attributs. Le faire mal serait une incompétence que la population devrait avoir l’opportunité de sanctionner dans les urnes aux temps prescrits. Bloquer le processus électoral est un acte d’usurpation de pouvoir dont l’article 64 de la constitution fait l’objet. En fait, il y a un élément important dont la Cour Constitutionnelle devrait être saisie : c’est un recours en interprétation de la constitution sur le rôle du gouvernement et par extension du président de la république sur la dérogation de leurs rôles directs et indirects en matière d’organisation des élections selon les prescrits de la loi. Mr Mobutu disait que certains occidentaux nous qualifiaient d’être incapables de nous administrer, il avait tort de croire le contraire. La situation politique actuelle démontre que le Congo est encore à l’étape primaire des naissances des nations, la constitution d’un Etat. Voilà pourquoi les résolutions des Nations-Unis guident encore la marche politique du pays « Allons au dialogue selon la résolution telle ou telle du Conseil de sécurité » vous les entendez dire. Je ne connais aucun pays du monde qui adore être sous la tutelle des autres du fait des intérêts mesquins et égoïstes de sa classe dirigeante et d’une certaine opposition.

Le soi-disant Sénat est un organe sans mandat officiel. On peut dire sans être contredit que tous les actes posés par cette institution depuis des années sont nuls et non avenus parce que issues d’un organe hors-la-loi qui a longtemps perdu ses prérogatives. Prétendre que le président du Sénat, sans mandat officiel, devrait assurer l’intérim du président de la république à la fin du mandat de ce dernier en décembre 2016 est un ajout à l’entropie de système gouvernemental actuel.

L’assemblée nationale est simplement une caisse de résonnance du régime et les soi-disant opposants qui y siègent ne sont que des accompagnateurs de la dictature. De gré ou malgré, ils font le lit du PPRD et collaborent à la préservation de l’arbitraire et de l’autoritarisme.

L’armée du pays est simplement incapable de remplir son rôle, celui que les britanniques qualifie de « protection of the realm », de sécuriser les frontières nationales et d’assurer la paix dans tout le pays. On dirait ici que les FARDC « are not fit for purpose » c’est-à-dire indignes d’assurer le rôle dont elles ont les attributs, non pas à cause du défaut de courage et de sacrifices des soldats du pays mais plutôt d’une organisation générale défectueuse de l’armée et d’un apparent manque bizarre- certains prétendent complice- de volonté politique.

La justice et la police constituent les armes agissantes de la répression et de l’arbitraire encore dans la logique des animaux malades de la peste de Jean de La Fontaine : « Sir, dirait Kinkey Mulumba, vous êtes trop bon Roi ; vos scrupules font voir trop de délicatesse ; eh bien manger moutons (Floribert Chebeya), canaille (Armand Tungulu), sotte espèce (LUCHA, etc.), est-ce un péché ? Non, no, vous leur fîtes seigneur en les croquant beaucoup d’honneur. »

Une orientation d’une lutte

L’opposition politique est aujourd’hui dominée par trois grandes tendances : 1. le G7 avec Moise Katumbi et alliés, 2. la dynamique de L’opposition et alliés avec Vital Kamerhe, Martin Fayulu et 3. l’UDPS. Je ne fais pas allusion aux acteurs présents dans les media sociaux et les internet-radios dont l’impact sur terrain est très négligeable parce que ne disposant pas d’une assise populaire claire.
Le noyau Dynamique de l’Opposition, l ’UNC, l’ECiDé et alliés est une force importante mais pas assez solide pour vraiment donner des insomnies à la Mouvance Présidentielle sauf dans une alliance avec l’UDPS, le G7 ou dans une plateforme comme le Front Citoyen.

L’UDPS est devenu aujourd’hui un parti sans direction claire. Depuis le fiasco de l’élection de 2011, il semble que son président miné par l’âge, les déceptions et la maladie n’a jamais su sur quel pied danser. Il est conscient de son inhabilité de conquérir le pouvoir depuis la logique évidente de 2011 : Il ne suffit pas seulement de gagner les élections dans les républiques bananières, il faut d’autres préalables dont une commission électorale indépendante et compétente, une justice juste et une armée républicaine capable de monter aux créneaux contre l’arbitraire. Les appels restés sans réponses de Mr Etienne Tshisekedi pour que celle-ci l’aide à se saisir de « l’imperium » a surement adoucit ses élans. Les jeunes turcs autour de lui dont le fils comme dans une sorte de « tu quoque, fili mi » ont vite fait la lecture de la situation. Ils ont saisi le taureaux l’UDPS par les cornes et semblent avoir réussi de faire prendre au parti une tangente qui l’amène droit aux antipodes du « changement radical » pour la démocratie et le progrès social national. Une nouvelle logique est née : plus de combat pour la conquête du pouvoir depuis inscrit dans la charte tripatouillée du parti, c’est celle du « faute des merles, on mange les grives ».  

Aujourd’hui, j’ai une conviction : il y a plusieurs batailles dans la guerre contre d’autoritarisme et l’arbitraire du régime de Mr Joseph Kabila. Il y a celle menée par les congolais de la diaspora, les « combattants » et autres « résistants » dont l’APARECO, la dynamique de l’opposition, le Front Citoyen, le groupe du pasteur Mukungubila etc., mais une bataille déterminante dans cette phase de l’affranchissement du pays de la dictature est celle qui se joue aujourd’hui sur le sol Katangais entre Mr Moise Katumbi et la nomenklatura Kabilienne.

 Dr Florent Pumu, flopumu@kamotocentre.com, www.kamotocentre.com

Pourquoi je milite pour le départ de Joseph Kabila en 2016 : les enjeux

 Par Dr Florent Pumu, 20/03/2016

P-J Proudhon: “Quelle que soit donc la capacité d’un homme, dès que cette capacité est créée, il ne s’appartient plus; semblable à la matière qu’une main industrielle façonne, il avait la faculté de devenir, la société l’a fait être. Le vase dira-t-il au potier : je suis ce que je suis et je ne te dois rien ?’

Demain nous mourons, après nous viendra une nouvelle génération. Cette génération future héritera directement de ce que nous aurions accompli comme citoyens. Elle lira nos épitaphes : ci- gît tel or telle. Comment voulons-nous qu’elle se souvienne de nous ?

Malgré quelques petites percées socioéconomiques du Kenya, du Ghana ou du Rwanda tous les indicateurs de la prospérité des peuples démontrent que l’Afrique Noire avec plus d’un milliard d’habitants demeure le continent le plus pauvre du monde.

 Il y a une dynamique qui génère l’évolution des nations prospères : c’est le dur labeur pour transformer en meilleurs les conditions de vie des individus et de leurs communautés et surtout d’assurer une vie plus glorieuse aux générations futures ; non pas en termes trop restreints de la famille nucléaire, mais de toute une communauté généralement à l’échelle nationale. La motivation et le savoir-faire dans cette dynamique déterminent le comportement et les actions des humains (et même des beaucoup d’animaux) sur la face de la terre.

Le nœud de la question est celle de savoir la mission que chaque individu s’attribut dans la communauté. Il y a donc la dimension individuelle et la dimension communautaire. Lorsque la dimension-individu est simplement lié à l’autonomie des êtres, optant pour faire ce qu’ils veulent, la dimension-communauté est la résultante de l’interaction des agissements des individus composant cette communauté. Il y a ici la notion de vouloir et aussi de pouvoir : Le vouloir de changer le sort de sa communauté pour le meilleur et acquérir les capacités de le faire par l’information et la formation intellectuelle mais surtout la participation. La participation pour sortir les pays africains du carcan de la pauvreté, de l’arbitraire et de la mauvaise gouvernance est souvent entravée par ce dont nous sommes conscients aujourd’hui. C’est un cocktail fait de la faillite des politiques, le système éducatif défaillant, l’instabilité sociopolitique et la corruption. Comme disait Marcus Boni Teiga sur « pourquoi l’Afrique ne se développe pas : « L’Afrique, -j’ajoute, la communauté africaine-, souffre de la faiblesse de son organisation sociale et politique ».

La dimension-communauté est la résultante des volontés et capacités individuelles dans l’essor plus ou moins rapide du groupe, sa stagnation et même sa régression ou sa disparition.

Les attributs de prospérité ou d’anéantissement des communautés sont inhérents aux sociétés. Ils peuvent être des valeurs ou des antivaleurs. L’anéantissement, la stagnation ou la régression peut être un sabordement, c’est-à-dire une autolyse ou une autodestruction. Ceux-ci peuvent résulter de l’influence hostile des autres, c’est-à-dire des nations étrangères.  Les valeurs suprêmes, en dehors des valeurs spirituelles, sont celles liées à la maitrise de la connaissance : la technologie pour transformer son espace vital dans l’objectif de générer les biens de consommation (production) et d’accroitre ses capabilités de protection de la communauté face aux élans humains d’hégémonie et de domination d’autres peoples et des rebellions (défense). Ceci se résume à la conception et l’édification d’un système éducatif d’excellence, l’accroissement exponentiel rapide de la richesse nationale afin de doter le pays des moyens nécessaires pour le bien et la paix du citoyen et de sa famille. Il s’agit donc d’assurer pour toute la population du pays la paix, l’accès à une éducation de standard universel et aux soins de santé décents ; la sortir des affres de la guerre, de la maladie et de la désolation. Il s’agit aussi de garantir pour elle le respect des droits et libertés simples.

 

A la « rencontre des civilisations », l’ancêtre africain a été réduit en esclavage à cause du retard malencontreux dans l’accumulation des connaissances du monde et de la technologie : Face aux astrolabes et les boussoles, il a opposé la lecture sur la position de la lune ; face aux caravelles, il a opposé la pirogue (qui par ailleurs existe encore en tant que telle), face aux fusils à canon, il a opposé des flèches. Ceci a permis, la conquête aisée de l’Afrique Noire par des arabes et des occidentaux. Cette domination continue à avoir une influence générale plus ou moins néfaste pour les communautés dans les pays de ce continent.

Beaucoup des congolais me disent ne pas être engagés dans les efforts de transformation drastique du Congo en nation prospère par ce qu’ils ne sont pas des « politiciens » et souvent se définissant comme « apolitiques » ou « technocrates ».

De l’apolitisme, quelqu’un avait écrit ceci : Cette position à première vue tout à fait tenable, est de plus en plus revendiquée. On lui concède volontiers un petit goût de prestige : L’apolitique, « c’est ce personnage, presque divin et détaché, qui trônerait au-dessus des insignifiantes préoccupations humaines ». Il conclut, « l’apolitique vit avec ses semblables, il a le même destin, il fait corps avec la société, comment peut-il oser dire qu’il n’en fait pas partie en essayant de partir dans les nuages pour faire œuvre de neutralité alors qu’il aura toujours les pieds sur terre ? ». La technocratie est un terme péjoratif dont beaucoup simplement ignore la vraie définition.   

Les enjeux sont liés à l’acquisition par les pays de l’Afrique Noire, dont la RDC, des capacités de prospérité et de protection. Celle-ci passe inéluctablement par l’organisation des sociétés. La société a d’abord besoin des institutions stables administrées par les dirigeants compétents et redevables. Dans une démocratie, la redevabilité vis-à-vis du peuple est généralement la sanction des élections libres, régulières, conformes au bon sens et à la loi. Le respect de la loi, dont la constitution demeure la matrice, garantit la coexistence pacifique entre les citoyens et assure le bon fonctionnement des institutions du pays. Il assure l’exécution des contrats entre individus, personnalité physique ou morale. Il favorise ainsi la confiance des investisseurs nationaux et étrangers. Dans tout pays du monde, l’arbitraire et le non-respect des textes de loi et de la constitution du pays est une recette sure d’instabilité à venir. L’histoire récente du Congo en constitue un témoignage encore frais dans nos mémoires. Les enjeux sont donc aussi ceux d’éviter de retourner dans les atrocités vécues dans ce pays. C’est une mission qui devrait être comprise comme notre lot.

L’Afrique Noire a trop souffert d’humiliation face aux autres peoples du monde. Les raisons culturelles ont d’abord longtemps et continuent encore à empêcher son évolution. En plus, l’émancipation du noir africain été longtemps entravée par l’esclavage et la colonisation. Celui-ci est encore perçu par beaucoup comme un moins-homme incapable même de s’auto-administrer.

 Les enjeux sont ceux de travailler non seulement pour le progrès socio-économique de nos communautés de base et des nations africaines, mais aussi de prouver à l’humanité entière que nous sommes des hommes et des femmes capables de nous gouverner selon les normes modernes des organisations des états et de bâtir des nations grandes et prospères.

Tous ces enjeux passent premièrement, comme dit, par l’organisation de l’état, le respect des textes légaux, la promotion de la démocratie et la participation des citoyens à la gestion de la chose publique. Il s’agit donc de doter le pays des institutions solides dont une justice qui établit l’état de droit, c’est-à-dire un système institutionnel dans lequel la puissance publique est soumise au droit.

Après une longue lecture des actes  du président Joseph Kabila et de son équipe dont l’incapacité, après des longues années, d’assurer la paix et l’intégrité territoriale dans l’ensemble du pays, le défaut de volonté d’assurer le fonctionnement harmonieux et efficient des institutions du pays et l’instauration d’un état de droit, j’ai compris que son administration est drastiquement opposée à ma vision de l’Afrique Noire en général et de la RDC en particulier. Ceci constitue le soubassement de ma position contre le prolongement du régime Kabila dans ce pays et c’est pour cela que je milite pour son départ en décembre 2016. Le souci de militer pour le progrès social de la république démocratique du Congo est une voix douce qui parle en notre conscience, comme conclurait le poète, « Qui n’a pas entendu cette voix dans son cœur ? *»

Dr Florent Pumu                                                                                                                   flopumu@kamotocentre.com                                                                                                  www.kamotocentre.com

*Référence : le vallon, Alphonse de Lamartine.

 

 

Est-ce la CENI portera-elle première le chapeau tant craint du désordre à venir?

Comparaison n’est certes pas toujours raison, mais ne pas rappeler les erreurs du passé fait à ce qu’on puisse les reprendre ou les recopier. C’est lorsque j’ai vu morceler le pays en provincettes, la plupart respectant les premières provincettes du gouvernement Adoula, que je me suis dit : ça y est, nous y sommes bien partis pour le même désordre. Clin d’œil de l’autre côté alors que nous criions ne pas souhaiter que le pays soit balkanisé, alors que les provincettes, à voir les choses de plus près, est une voie ouverte vers la balkanisation qui ne dit pas son nom. Soit.

LEÇONS D’HISTOIRE IMMEDIATE. Au fait, ce qui fait défaut pour notre génération est que les personnes ayant vécu ces désordres et ces découpages, n’ont pas voix au chapitre. Elles ne nous les racontent pas. Peut-être ayant les esprits pour les questions de survie. Mais, nous aussi, nous ne les interrogeons pas ou ne les forçons pas à nous raconter ce qu’ils ont vu, entendu, vécu, expérimenté. Alors, quoi de plus normal que nous recommencions les mêmes bêtises, les mêmes erreurs, les mêmes déclarations, les mêmes choses qui ont conduit à un cul-de-sac et occasionné un certain 24 novembre 1965 : coup d’Etat du Haut commandement que tous ont fini par applaudir.

A MOINS QUE, conscient de ce que Charles Djungu Simba décrivait dans son petit roman « On a échoué », on soit déjà convaincu de l’échec sur toutes les lignes et qu’en agissant ainsi, on souhaiterait tout simplement la mort, au propre comme au figuré, du régime actuel, pour que le pouvoir soit enfin repris par l’opposition, ancienne ou nouvelle ou à venir.

VENONS-EN AUX FAMEUSES PROVINCETTES ou provinces new-look. Celles de gouvernement Cyrile Adoula ont fini dans une cacophonie sans pareil. D’ailleurs, il faudra apprécier l’équipe Mobutu qui, sûrement, apprenant les leçons de ces erreurs et échecs d’alors, devant une nouveauté appelée « rapprochement des administrés de leurs administrateurs », ne s’est pas lancé dans la chose, yeux et oreilles fermés, mais, step by step, expérimentant d’abord la chose dans la province du Kivu scindée alors en trois provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema. Et, créant la sous-région du Plateau. A-t-on appris les leçons de ces essais ?...

LES PREMIERES PROVINCETTES. Car, avec les premières provincettes, ce fut un désordre total dans l’Etat nation. Car, tribalisme oblige dans un Etat tout aussi fragile que se débrouillant à jeter les bases d’un Etat moderne, le démon tribal nous guette encore et toujours. Car, c’est seule la tribu qui existe chez nous. L’Etat, dans son style néocolonial, est une expropriation de la tribu. Rien qu’à voir la fameuse « loi Bakanjika » stipulant que « les terres appartiennent à l’Etat », une reprise de la loi léopoldienne déclarant siennes toutes les terres vacantes.

EXEMPLES. Donc, à l’avènement des provincettes, non pas seulement que les Bakusu de Kindu se sentirent lésés et se détachèrent des Batetela ; chez les Batetela aussi les dissensions s’en suivirent car tous semblent ne pas être « Tetela » au même pied d’égalité. A Inongo, les Ntomba voulurent d’accaparer de la part de lion, alors que les Basakata se considérèrent comme ayant droit au pouvoir puisque se réclamant avoir le plus grand nombre d’intellos ; Komoriko, le leader d’Oshwe chassa tous les non-originaire de ce territoire après avoir été mis en minorité à Inongo ; dans le Kwilu, entre les Bambala, les Bayanzi, les Bambunda, on vit apparaitre les clivages idéologiques d’appartenance aux trois leaders que furent Mulele, Kamitatu et Gizenga, avec comme trouble-fête Mungul Diaka Bernardin. Dans le Kwango, entre les Bayaka et les Suku, ce fut comme entre chiens et chats. Même dans la province de l’Equateur réputée formée par les Bangala, les Mongo ne voulurent pas être traités des Bangala et vice-versa. Dans la Province Orientale, ce fut du tohu-bohu, alors que dans le grand Kasaï, les Baluba, Kuba, les Songye, les Lulua déterrèrent leurs vieilles haches de guerre tribale. Autant d’exemple qu’il faudra toujours rappeler pour savoir déjà par où iront et comment risqueront de finir les provincettes ou les nouvelles provinces.

WAIT AND SEE. Est-ce que les nouvelles provinces actuelles réussiront-elles à éviter ce début d’un monde du Congo qui s’effondre ? Le test de passage est les élections dans quelques semaines. Hélas, dès ses inaugurations, il semble que la position prise par la Commission Electorale Nationale Indépendante, semble déjà placer des peaux de bananes aux pieds de la chose. Elle aurait évité de prendre position. Elle aurait pu ouvrir seulement grandement ses portes à toute personne désireuse de devenir candidat. Elle aurait mieux joué son jeu en laissant les querelles des partis politiques se résoudre dans les partis eux-mêmes ou encore dans les urnes. Ou par la commission constitutionnelle ou par une autre instance judiciaire habilité à trancher les interprétations des accords, des traités et des constitutions des partis. Si un parti se croit populaire au point de battre l’un de ses poulains qui s’est rebellé, alors ce sont les urnes ou le peuple qui serait la meilleure façon de les départager. A moins que les partis nous disent alors qu’étant sûrs de leurs propres impopularités, notamment les partis de la Majorité Présidentielle, puisque ce sont eux qui actuellement mènent la barque de la protestation à la CENI, seul l’argument « magister dixit » leurs devient une planche de salut.

Une chose semble se poindre à l’horizon : le désordre est imminent. Il faudra être un peu aveugle pour ne pas le voir et le sentir et le prédire. Rien qu’à voir la liste des candidats gouverneurs et vice-gouverneurs. On sent déjà des étincelles dans l’air. Surtout que le peuple, le nôtre, est réputé pour ses réactions épidermiques, à l’instar de celles héroïquement et historiquement rappelées du 4 janvier 1959.

Une chose est sûre : le pays, la nation, l’Etat a besoin d’hommes nouveaux d’exception. Des hommes d’Etat pleins d’abnégation et surtout d’esprit de sacrifice. Sinon, requiem ! Un tel requiem risque même ne pas porter bonheur au parti au pouvoir et à ses ouailles qui risqueront de porter la responsabilité du désordre à venir. Cette responsabilité leur sera fait porter soit par le peuple, soit par le monde autour, soit par la communauté internationale qui, à un certain moment, s’amuse avec des notions comme Etat, frontières nationales et même indépendance devenant des données à géométrie variable. Ou encore, à ne jamais oublier les lois de la nature qui, à un certain moment, et parfois lorsqu’on les attend le moins, agissent. Le Nigeria avait tout planifié sauf la façon avec laquelle Abacha avait fini ses jours ; la Guinée Conakry n’avait pas vu venir la chute de Moussa Dadis Camara ; après avoir torpillé la démocratisation et la Conférence Nationale Souveraine, Mobutu est sortir de l’histoire du pays par la petite fenêtre de derrière, après qu’une maladie l’ait poignardé dans le dos.

Autant d’exemples qui devraient pousser à méditer.

ERREUR DE LA MAJORITE AU POUVOIR. Hélas, le fait déjà que, bon gré, mal gré, le parti au pouvoir ou ce qu’il en est, tablerait déjà sur une victoire écrasante de ses candidats, n’augurent pas beaux jours devant. Car, le nombre des frustrés, des aigris, des hors-la-loi, de laisser-pour compte, des perdants risquerait d’être tellement grand qu’il deviendrait même ingérable et ingouvernable. Et, comme c’est souvent le cas, l’association de tous ces perdants et exclus, soit par les urnes soit par comme le fait la CENI actuellement plongerait le pays dans un tourbillon sans pareille. Faute d’une opposition, faute de n’avoir d’autres gouverneurs que les membres du parti au pouvoir, on retomberait ainsi dans le « MPR Parti-Etat ». C’est-à-dire les nouveaux gouverneurs ne sentiront pas le poids du peuple ; ils ne penseront n’avoir des comptes à rendre qu’à leur parti (unique) et à leurs chefs. L’usure du pouvoir ne sera pas loin. Les mauvaises habitudes aussi. Au fait, in fine, le PPRD et sa majorité connaitront le sort de tous les autres partis qu’on disait ne jamais mourir.

UN PROPHETE DANS LE DESERT. Il est important de le dire, de le signifier, de le partager. Non pas qu’on soit devenu prophète du malheur, mais tout simplement parce qu’il est de ces météores que l’œil nu ou le commun des mortels ne peut ni voir encore moins prédire. Certes, comparaison n’est pas toujours raison, mais comment penser que les mêmes causes ne produiraient-elles pas les mêmes effets ?

SIC TRANSIT VITA. Ce n’est pas nouveau. Que la CENI de la République Démocratique du Congo soit sous des mauvais draps n’est pas nouveau. D’ailleurs, les anciens d’hier, les Ngoy Mulunda et les Ndjoli semblent devenir les donneurs des leçons, sans nous avoir d’abord présenté l’évaluation de leurs propres actions d’hier. (Tout comme Vital Kamhere qui n’a pas encore publie un autre livre expliquant pourquoi et comment celui d’hier est à jeter dans la poubelle de la paperasse). Dieu merci. Le monde lui-même est plein de ces bêtises et conneries et incongruités se répétant parfois et souvent. La Première Guerre mondiale de 14-18 et la Société des Nations n’ont pas empêché le monde à se voir plonger dans une autre guerre vingt ans après. Alassane Dramane Ouattara qui « ivoirise » l’ancien président Blaise Compaoré et qui le nomme conseiller à la présidence rappelle bien en son temps le président guinéen Ahmed Sékou Touré qui fit du président déchu du Ghana Kwame Nkrumah le vice-président de la Guinée. (Peut-être dans les deux cas, sans portefeuille). La bêtise de l’invasion de l’Iraq et le vide laissé avec l’assassinat de Saddam Hussein n’a pas empêché le monde dit libre à reprendre la même bêtise en Lybie avec l’assassinat barbare de Kadhafi et tout ce qui s’en est suivi. Donc, un danger peut nous guetter pour n’avoir pas tire les leçons de notre histoire immédiate : le PPRD ou sa majorité qui risquent de copier le MPR parti-Etat, c’est-à-dire devenir une bande d’animateurs, prêts pour les marches et pour fabriquer les slogans et affiches, sans conviction, mais où les gens y adhèrent pour bouffer au quotidien, garder leur emploi (je croyais rêver lorsque voyant le Secrétaire général du PPRD dans les universités alors que quelques jours auparavant on nous avait dit que plus personne des politique n’y mettraient ses jambettes pour politiquer les érudits des collines sacrées !) ; les forces armées, de la police et les services de sécurités qui risquent d’etre seulement sur le pieds de guerre permanent voulant tirer sur tout ce qui bouge et manquer de vraie efficacité ; voyant des opposants partout ou même capables de les fabriquer au point de ne pas voir les vrais qui déboulonneraient la machine (les ouailles de Mobutu avaient tout concentre sur l’UDPS et Etienne Tshisekedi que lorsque l’AFDL et Mzee Kabila vinrent, sous les bottes des envahisseurs, la chute fut rapide et spectaculaire). En son temps, Moussa Dadis Camara humiliant l’ambassadeur allemand rappela Idi Amin Dada humiliant les Anglais, le tout se rapprochant d’un ministre de la communication congolais demandant, expressis verbis, à l’ambassadeur britannique de reprendre son argent et de s’en aller; Mzee Laurent-Désiré Kabila parlant publiquement de son geste d’avoir raccroché au nez l’Américaine Madelein Albright n’était pas loin d’un Patrice Lumumba prononçant un discours non protocolaire devant le roi Baudouin. Puis, peut-être que notre génération ne sait pas qu’en son temps aussi, Patrice Lumumba refusa d’assister au diner offert par le Secrétaire général de l’ONU de passage à Léopoldville. Cela s’appelle dans leur jargon : crime de lèse-majesté. Selon la loi laisse par le maitre Jean de la Fontaine dans la fable « Les animaux malades de la peste » : manger l’herbe d’autrui, quel crime abominable.

POUR NE PAS DONNER L’IMPRESSION SEULEMENT DE CRITIQUER. La CENI devrait surseoir les élections actuelles des gouverneurs des présentes nouvelles provinces ; les laisser continuer à etre gérer par les administrateurs actuels, puisqu’ils n’y seront que pour quelques mois; mobiliser des ressources, de l’énergie, du savoir-faire et toute la volonté sur les vraies élections à venir, vrais enjeu pour cette année ; contribuer à les faire tenir ; les faire apaiser en arrondissant les angles des divergences parallèles des uns et des autres. Et c’est possible. S’il manque une expertise interne, qu’elle s’adresse vite à une expertise externe. Et, les vaches congolaises seront bien nourries. Sinon, le requiem pour tous ne serait pas très loin. 

Norbert X

norbertmbu@yahoo.fr

 

2016 : Année des enjeux politiques au Congo

Par Salomon Valaka, Raleigh, NC, USA.

Dieu seul sait ce qui va arriver au Congo en cette année de l'an 2016 qui commence. Ce qui est sur, cependant, ce sont les rapports de forces qui se développent au Congo; rapports des forces entre deux groupes distincts qui se battent pour le pouvoir et le leadership de ce pays aux dimensions continentales; deux groupent auxquels s'ajoutent le monde occidental, les sociétés multinationales derrières leurs gouvernements anglo-saxons qui misent sur la pérennité du contrôle des minerais du sol, du sous-sol et des lacs que le Créateur a pratiquement jetés sur le territoire du Congo après avoir accompli son plan de création en sept jours.

Joseph Kabila amasse ses éléments de force qu'il ne doutera pas à mettre en œuvre dans le but de vouloir anéantir toute force acquise du changement qui viendra à l'encontre de son plan. Face de lui, il y a donc ce peuple démuni, sans un leader, un visionnaire clair qui devra le guider pour faire face à cette monstruosité autour de Kabila. Mais comme les enfants de Soweto, ces écoliers qui firent face, seuls, aux armes d'une force Sud-Républicaine armée jusqu'aux dents, les Congolais n'auront personne sinon leur courage pour confronter un Joseph Kabila qui veut s'accrocher au pouvoir. Les enfants de Soweto survécurent et déclenchèrent le changement. Les Congolais eux, s'attendent à l'accomplissement de ce changement, le processus du changement étant déjà en marche. C'est pour affirmer que les Congolais sont vigilants des enjeux politiques qui vont se jouer en 2016.

Parmi ces enjeux, il y a:

- Joseph Kabila à faire partir, non pas que l'on ne l'aime pas, mais parce qu'il ya des institutions à sauvegarder et la constitution à faire respecter. Son mandat vient d'arriver à terme et l'homme tergiverse, déploie des signaux clairs qui témoignent de son refus de vouloir quitter le pouvoir.

- Un fois partie, le nouveau chef aura la corruption, ce fléau qui a élu domicile dans toutes les institutions de la république, à combattre; un combat si on le perd de nouveau, c'est le statu quo de la misère du peuple qui devra triompher et le Congolais déplore et se refuse catégoriquement de cette injustice.

Dans les lignes qui suivent, nous avions émis des propositions que, seul un leader qui veut sortir son peuple du marasme économique dans lequel il se trouve devra accepter. Oui, Kabila devra partir, mais les Congolais se refusent aussi d'un autre Mobutu et les Congolais refusent d'un autre Kabila.

Voilà pourquoi les lignes ci-dessous demeurent l'oracle du catéchisme congolais en cette année 2016.

Lisons:

LA CORRUPTION:
Un virus capable d'être éradiqué dans le Gouvernement en RDC.

Pour une société habituée à respirer, à évoluer et à patauger dans la boue que déverse le torrent de la corruption, l'affirmation selon laquelle "la corruption est un virus qu'on peut éradiquer dans le gouvernement de la RDC paraît totalement naïve.
Au nom de la corruption donc, la majorité des masses congolaise subit le poids de la minorité voleuse et gouvernante qui jette tout son dévolu de l'injustice humaine sur les démunis que nous sommes.

En effet, bien que le terme "corruption" et ses implications négatives sont des maux que l'on trouve dans toutes les sociétés à travers le monde, la RDC en particulier est devenue un cas d'études. Bien des études sérieuses ne sont pas timides de classer la RDC comme étant l'un des pays les plus en vue dont la corruption est devenue synonyme du fonctionnement des institutions de la république. S'il faut ajouter, à la corruption, le vol institutionnalisé (disparition des salaires des fonctionnaires, détournement des fonds de fonctionnement des différentes institutions, vol varié des recettes de l'Etat), la question selon laquelle pourquoi la misère est rampante dans notre société trouve sa réponse.

Dans le cas de la RDC, la corruption a été institutionnalisée pratiquement avec l'avènement de la seconde république en 1965. A un moment, Mobutu dira à son peuple, au cours d'un rassemblement populaire que "Bo yibaka moke moke" (voler modestement.) Si l'on doit affirmer que la parole d'un chef a la force d'une loi, l'on comprend alors pourquoi la corruption figure parmi les maux les plus saillants à combattre et donc à éradiquer dans notre pays.

Dans une ironie du sort la plus sordide, le président Joseph Kabila a eu le courage de citer certains fils du pays comme des agents de la corruption qui devait faire face à la justice. C'est l'ironie du sort la plus sordide si l'on considère son entourage politique, les membres proches de sa famille auxquels il faudra ajouter lui même pour obtenir un tableau complet de la minorité qui nage dans l'opulence; laquelle opulence caractérise l'injustice et la ligue des corrupteurs et des corrompus qui exemplifient ce qui est du mal au Congo.

La corruption demeure, ainsi, l'héritage le plus incongru que Joseph Kabila aura hérité de Mobutu. Dans le cas en espèce, la corruption c'est cette maladie psycho-pathologique de vouloir confondre le trésor de l'Etat aux avoirs privés du Chef de l'Etat.

Ayant mis tous ces éléments au clair, l'on comprend alors pourquoi Le Chef de l'Etat Congolais est incapable d'aller en guerre contre la Corruption.

Ci-dessous les causes:

• Il ne dispose d'aucune autorité morale d'attaquer sincèrement et correctement ce fléau qu'est la corruption, lui-même étant le voleur et le premier corrompu en chef. Dans le cas de Joseph Kabila, les mauvaises langues avancent que l'homme s'est enrichi de 15 milliards en 10 ans de pouvoir, soit trois fois ce que Mobutu aurait amassé en 32 ans de règne. Vrai ou faux, il serait simplement naïf de croire que kabila ne s'est pas enrichi au cours de son règne. Il aura, ainsi du mal d'aller en guerre contre ses ouailles qui ne se servent que de l'exemple du Chef.

• Il a besoin continuellement des fonds rapides pour engraisser les pates des subalternes, ministres et autres animaux de la basse cour à qui il confie des missions hors cadre pour sa survie politique. Egoïste et voleur en chef, il a du mal à faire usage de sa propre fortune. Voilà pourquoi le trésor public devient une source d'abreuvage.

Nous aurons, ainsi, de nouvelles lois, de nouvelles constitutions qui continuerons à naître dans un cadre juridique malsain mais tant que le souverain primaire n'attaquera pas le problème par ses racines, la corruption demeurera au Congo un compagnon comparable à la mort. Aussi longtemps que l'on vit, la mort nous suit et donc inévitable. Aussi longtemps que le Chef demeure le gérant du trésor public, la corruption sera toujours présente dans la culture congolaise.

Alors, qu'elle est la solution pour éradiquer ce virus dans le gouvernement et partant dans la société congolaise?

Les remèdes:

Avant de prêter le serment constitutionnel, le nouveau Chef de l'Etat devra se présenter au parlement avec la liste des avoirs acquis avant de devenir Président de la République. Ces avoirs serviront de comparaison des biens qu'il aura acquis durant sa tenure en tant que Chef de l'Etat et Président de la République.

Le salaire (les émoluments) du Chef de l'Etat doit être rendu public et il ne devra s'en tenir qu'à cela. Le budget de fonctionnement de la maison civile sera par le parlement.
Rompre définitivement le pont entre la Président de la république et l'accès au trésor public. Un article dans la constitution devra, clairement, établir cette loi statuant que le trésor public n'est pas la caisse personnelle du chef de l'Etat. ceci étant dit, des déclarations intempestives du genre: "le Chef de l'Etat a accordé un don de...", Le Président vient d'accorder le fond de fonctionnement de ..." doivent êtres bannies du vocable congolais. En effet, le président n'aura ni l'argent, ni le droit constitutionnel d'accorder des dons à qui que ce soit, à part les dépenses légales prévues dans le budget de l'Etat.

Les émoluments du Président étant connu, aucun membre du gouvernement aucun député national ou provincial disposera d'un salaire plus haut que celui du Président de la république.

Le Gouverneur de la banque centrale devra se présenter, avec son équipe, chaque trois mois devant le parlement

La même loi qui régit le président de la république en matière de déclaration de ses avoirs; cette même loi s'applique aussi aux députés, gouverneurs et/ou toute personne ayant le rang de ministre, et généraux de l'armée. Leurs avoirs serviront de comparaison des biens qu'ils auront amassés durant l'exercice de leurs différentes fonctions.

Puisque le Président et les hommes politiques serviront le pays par exemple, tous les agents douaniers, les contrôleurs, les services comptables tout le monde sera soumis à la même loi.

Notre liste n'est pas définitive. Nous faisons appel aux différentes têtes pensantes pour y ajouter toute idée susceptible d'éradique la corruption dans les affaires de l'Etat. La liste finale devra servir d'un document de base à soumettre aux acteurs politiques et candidats présidentiels qui devront inclure ce document dans la plateforme de leurs partis.

Salomon Valaka
1er janvier 2016.
© Tous droits Réservés.

 

 

 

 

La dictature du développement : un mot qui mérite une attention particulière

Article intéressant sur le Bénin mais très profitable pour le développement de la RDC

Nous avons choisi nous intéresser à ce groupe de mots qui, à notre sens devrait être d’actualité au regard de la morosité économique.
Selon Larousse, la dictature est un régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne ou par un groupe de personnes (junte) qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire. Et le développement « économique » est : l’amélioration qualitative et durable d’une économie et de son fonctionnement.
La dictature n’étant pas péjorative, nous pouvons donc considérer la dictature de développement économique comme une imposition par la force des choix économiques qui permettent une amélioration qualitative et durable de l’économie avec un impact sur le bien-être des populations. 
Dans l’un de ses discours, lorsque le Président de la République l’a prononcé, ce fut un scandale, un tôlé général. Il disait ceci : « Je vais faire leur bonheur contre leur gré…. ». Il arrive des moments où l’on est obligé de prendre des mesures coercitives pour amener des citoyens à respecter certaines normes, certaines règles. Prenons l’exemple du respect du code de la route. Le CNSR et la police ont été obligés à un moment donné de prendre leurs responsabilités en obligeant les motocyclistes à rouler sur la piste cyclable pour préserver leur vie. Il en est de même pour la campagne sur le port du casque, permettant ainsi de réduire les cas d’accidents mortels et les traumatismes crâniens. Il n’y a de richesses que d’homme ! Préserver donc la vie mais investir surtout sur l’homme pour en faire une ressource de qualité à même de participer au développement de son pays est un devoir.

La dictature de développement sous l’angle des choix de développement 
Le Président des Chambres des Métiers de l’Artisanat burkinabé disait : « Nos autorités politiques ont compris que l’artisanat peut contribuer autant que l’agriculture à la croissance économique et c’est pourquoi, nous voulons faire de l’artisanat un secteur émergent ». Ainsi donc, pour avoir une économie émergente, eh bien, il faut des secteurs émergents. Imaginons que l’attention mise sur l’agriculture notamment sur le coton et le Port Autonome de Cotonou, le soit aussi dans le secteur de l’artisanat, des mines, des TIC et des services. A coup sûr, la crise observée aujourd’hui n’aurait pas cette ampleur. Le Ministre Valentin Djènontin, alors Ministre de la Culture et de l’Artisanat l’avait affirmé à la télé dans l’un de ses discours : l’artisanat peut contribuer autant que le Port à l’économie nationale. 
Cela nous amène à poser la question de la hiérarchisation des priorités de développement et de la pertinence des stratégies mises en place. Si les pays francophones en général sont doués en théorie, il nous semble important qu’il faille être plus pragmatique : d’où l’intérêt de la « dictature de développement. Une dictature qui impose par exemple aux Ministres dans leur budget pour l’habillement et leur installation, que 25% au moins soit dédié au made in Bénin permettant ainsi à un certain nombre de micro-entreprises artisanales d’être boostées et de se transformer progressivement en petites et moyennes entreprises. Faites un tour dans les tours administratives, en dehors de quelques rares tableaux made in Bénin, tout l’ameublement est importé et pourtant ces tours abritent le Ministère de l’Enseignement Secondaire et Technique, de la Reconversion professionnelle et le Ministère de la Microfinance, de l’Emploi des Jeunes et des Femmes, ministères par excellence qui sont supposés faire la promotion de l’emploi. Pour ces centaines de bureaux, imaginez que des jeunes menuisiers sortis de nos lycées techniques pourtant pétris de talents mis en coopératives aient gagné le marché de l’immobilier. Ils seraient à l’abri du besoin et lanceraient définitivement leurs entreprises créant ainsi non seulement de l’emploi pour les autres, mais aussi de la richesse. La richesse doit être maintenue et non envoyée à chaque fois à l’extérieur. L’on ne peut plus accepter de recevoir de la main gauche pour que tout soit repris non plus de la main droite, mais des deux mains. 
En voyant la célébration de la fête de « Whéméxé », fête éponyme et initiative très louable qui mérite non seulement d’être encouragée, mais aussi d’être dupliquée ailleurs et permettre le développement de nos différentes régions, nous avons eu un « haut le cœur » car, l’uniforme choisie a été commandée en Chine et au Togo. Nous avons pensé tout de suite à la Sitex qui aurait pu fabriquer tous ces tissus, ce faisant, les ressources resteront à l’intérieur du pays. Ce qui suppose la restauration de cette usine qui permettrait de résorber le chômage. Le 08 Mars prochain, des milliers de femmes porteront un pagne marquant la célébration de la journée internationale de la Femme, pagne qui sera choisi par le ministère de la famille qui par excellence s’occupe de tout ce qui est social. Et là, il nous parait important d’attirer l’attention sur la nécessité de passer des soutiens purement humanitaires voire polititiques qui ont tout leur sens en temps de sinistre au social productif : c’est-à-dire soutenir des groupements de femmes ou de plus vulnérables en les rendant résilients mais surtout en les accompagnant dans la production et la consommation des biens produits. C’est cela la dictature du développement. Des achats raisonnés, la consommation patriotique qui crée de la richesse et sort de la paupérisation ambiante. On ne saurait parler de développement sans création de la richesse or, cette création de richesses impose des préalables, des conditions idoines. L’atteinte des OMD (Objectif du Millénaire pour le Développement) passe par là : emplois productifs et décents. Ce sont les micro-entreprises artisanales qui ont fait de la Chine ce qu’elle est aujourd’hui avec une politique patriotique et nationaliste bien conduite.

Se focaliser sur le renforcement de l’existant
Plusieurs jeunes ont été « incubés » dans le cadre des projets songhaï. Ils seront certainement accompagnés pour leur installation, c’est notre souhait. Mais est-ce que toute la chaîne de valeurs a été mise en place ? Prenons par exemple des jeunes qui veulent faire de l’élevage de la volaille, y –a-t-il d’autres jeunes qui ont été formés pour la production de nourriture pour volaille ? Y-a-t-il eu des jeunes qui ont été formés pour fabriquer des grillages, y-a-t-il un marché de consommation ? Au risque d’avoir le même résultat que la production de tomates à Kpomassè ! Dans les mêmes conditions, les mêmes effets produisent les mêmes résultats. C’est pour cela que la dictature du développement devrait à notre avis se focaliser sur le renforcement de l’existant. Que les usines ou les sociétés comme Coteb, Sonafel etc. soient réhabilités, que par exemple, les jeunes qui ont déjà une micro-entreprise soient mieux encadrés, renforcés pour recruter ceux qui sont formés car, tout le monde ne peut pas être entrepreneur. Ainsi, le chômage serait fortement réduit. Si 50 jeunes installent leurs fermes et que chacun emploie 05 autres jeunes, si 50 menuisiers s’installent en employant chacun 05 autres jeunes, si 50 couturiers s’installent et emploient 05 autres jeunes etc. Ces exemples démultipliés dans d’autres secteurs auront pour impact positif une baisse constante du taux de chômage et un minimum social prôné par le Professeur Tévoèdjrè depuis plusieurs années. S’il est important de se focaliser sur une forte croissance économique, il est néanmoins important de faire la part des choses entre croissance économique et transformation économique. Le cas de la Tunisie nous rappelle bien que parfois la croissance économique est comme l’arbre qui cache la forêt.
En prônant le label Bénin, notre aîné Mr Bruno Gnidéhoué attire depuis environ deux décennies l’attention de nos Gouvernants sur la nécessaire équation de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons sans pour autant se renfermer sur soi. Les échanges mondiaux nous imposent de nous ouvrir aux autres mais de façon intelligente en ne nous laissant pas immerger dans cette globalisation. C’est pourquoi il est important d’encourager nos opérateurs économiques dans l’attribution des marchés, d’alléger la fiscalité afin que la richesse reste au pays. Notre économie ne peut être basée uniquement sur la fiscalité, laquelle subit les chocs exogènes. 
Dans la même lancée que notre aîné, nous organisons depuis 3 ans la promotion du label du pagne tissé béninois comme une valeur ajoutée du coton béninois. Ainsi, au cours de la 3ème édition de la « Nuit du pagne Tissé » qui valorise le pagne tissé béninois et dont l’objectif est non seulement de reconnaître le génie de nos tisserands en général et de nos tisserandes en particulier tout en créant un marché local de consommation pouvant leur assurer une autonomisation, nous avons désigné des ambassadeurs du pagne tissé parmi l’élite béninoise afin qu’elle s’approprie ce concept du « consommons béninois ». Nous avons alors eu l’agréable surprise d’entendre une de nos ambassadrices notamment la fille du Président de la République, Rachelle YAYI promettre de porter le pagne tissé tous les mercredis de la semaine. Voilà un exemple de comportement de la dictature du développement qui devient alors une philosophie de vie, un choix raisonné de consommation. Vivement que le Conseil des Ministres suive son exemple. 
Si les Présidents Good Luck du Nigéria, Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Jerry Rawlings et notre Madiba International ont pu imposer leur look vestimentaire au reste de l’Afrique, notre souhait est que les autres Présidents leur emboîtent le pas. L’ancien Président Olunsegun Obansajo a su imposer à tout son cabinet quand il était Président, la stricte consommation du made in Nigéria. C’est à ce prix que la dictature du développement aura un contenu acceptable de tous. C’est cela aussi la véritable refondation, puiser dans nos valeurs pour obtenir un changement réel. En somme, une conscience nouvelle pour un homme nouveau. Imposons des labels économiques au reste du monde pour réfuter l’argument selon lequel les Africains ne sont pas suffisamment entrés dans l’histoire. C’est un devoir de tous. 
 Par Emilie T Sama, publié dans Fraternité

 

Décentralisation effective, levier pour le développement socioéconomique de la RDC.

Darly KAMBAMBA, Université de Kinshasa, Département d’économie Kamoto Centre (Think Tank) – http://kamotocentre.com Atlas Economics Foundation (DRC) – http://libreafrique.org Courriel: darlykambamba@live.com                                                         darly02kmb@gmail.com

Introduction

Le concept de décentralisation est à la fois à la mode dans les pays en voie de développement comme dans les pays développés. Beaucoup d’institutions internationales sont activement engagés dans ce processus. Plusieurs discussions houleuses portent sur cette thématique notamment dans les milieux universitaires, politiques, sociaux, etc. Alors que la République Démocratique du Congo essaie un tant soit peu de se reconstruire, la problématique de la forme de l’Etat se pose avec acuité d’autant plus que les structures économiques administratives et sociales ont été progressivement détruites par le régime de MOBUTU et les guerres incessantes qui s’en étaient suivies. De façon assez naturelle aujourd’hui s’est installée l’évidence d’une relation entre la forme de l’Etat et le développement politique, économique et social. A cet effet, certains chercheurs affirment que les Etats fédéralistes connaissent un développement plus rapide que ceux ayant adopté la forme unitaire. N’empêche que l‘on se gardera d’adhérer à pareille thèse quand on sait que de manière générale que la forme de l’Etat est la conséquence des besoins et des aspirations politiques, économiques, sociales mais également historique d’un peuple. La question de la forme adéquate de l’Etat s’est toujours posée en RDC. Et les réponses à cette question stratégique ont été de tout temps guidées par des motivations floues. Déjà à son accession à l’indépendance en 1960, les faits de sécession observés au Sud-Kasaï et au Sud-Katanga rendirent suspects et dangereux toutes les tendances à la décentralisation ou au fédéralisme. Cependant en 1960, le pays a été organisé dans une forme fédérale avec 6 provinces fédérées. De 6 provinces fédérées en 1960, on est passé à 21 provinces fédérées en 1964. Notons que la forme fédérale a été préférée à la commission constitutionnelle de Luluabourg. Dès 1967, le nombre des provinces a été ramené à 8, dépourvues de toute autonomie et réduites à des simples entités administratives. En 1982, une loi portant sur la décentralisation fut promulguée, mais elle ne fut pas appliquée. En 1986, la province du Kivu a été divisée en 3 provinces distinctes, et le nombre total des provinces du pays est passé de 10, la ville de Kinshasa étant la 11 ième . Il importe de noter ici que les découpages intempestifs opérés depuis 1960 ont été d’une part la résultante des consensus politique entre les fédéralistes et les unitaristes, entre les partisans de la décentralisation et les défenseurs de la centralisation du pouvoir. D’autre part, ces découpages ont servi à asseoir le régime dictatorial Mobutien à la suite des guerres du Shaba (Katanga) déclenchée en 1977 et 1978. En fait, la question de la forme de l’Etat ne s’est jamais vraiment posé en parallèle des questions de développement. C’est dans ce contexte que la RDC va se doter d’une constitution en date du 18 Février 2006. En guise d’organisation territoriale de l’Etat, la constitution du 18 Février 2006 affirme à l’alinéa premier de son article 1er : « La RDC est dans ses frontières du 30 Juin 1960, un Etat de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc ». Elle renchérit à l’alinéa 1er du 2ième article : « La RDC est composée de la ville de Kinshasa et des 25 provinces dotées de la personnalité juridique et sont gérées par les organes locaux. Elles jouissent de la libre administration et de l’autonomie de gestion de leurs ressources économiques, humaines, financières et techniques ». Partant de ces articles, il apparait que le constituant de 2006 a choisi d’entretenir une opacité quant à la forme exacte de l’Etat Congolais. Mais à notre avis, quoique beaucoup en pensent, la forme actuelle de l’Etat Congolais est bel et bien un Etat unitaire régionalisé. Le régionalisme étant une décentralisation politique et constitutionnelle affranchie de la tutelle de l’Etat Central (VUNDUAWEI, 2002). La présente contribution a pour objet d’analyser les défis à relever dans la mise en œuvre effective de la décentralisation pour le développement socioéconomique dans un pays où les discussions portent plus sur les considérations conceptuelles et non sur la pratique. Décentralisation : Aspects théoriques La décentralisation renvoie au processus par lequel l’Etat Central transfère pouvoirs et attributions et ressources financières à des institutions (territoriales et techniques) juridiquement distinctes de lui, placées à un niveau inférieur dans la hiérarchie politico-administrative et territoriale et bénéficiant sous sa surveillance, d’une certaine autonomie de gestion. La décentralisation se définit également comme un système d’organisation étatique reconnaissant une autonomie administrative et financière aux entités territoriales dans le cadre d’un Etat unitaire (MPONGO, 2001). De ce fait, ces entités se voient dotées de la personnalité juridique et d’une délégation des compétences par une loi organique. Un Etat décentralisé est donc celui où les compétences sont réparties entre le pouvoir central et les autorités locales et dont les principaux traits caractéristiques peuvent être résumés dans l’existence des affaires, de la tutelle et de la personnalisation des entités décentralisées. En ce qui est des formes de la décentralisation, VUNDUAWE Te Pemako note qu’à côté des modalités-types que sont la décentralisation fonctionnelle et la décentralisation territoriale, émerge un nouveau type appelé régionalisme politique. Appliquant ce modèle à la RDC, VUNDUAWE le définit simplement « comme un mode d’organisation institutionnelle et de gestion d’un Etat unitaire décentralisé politiquement au niveau des provinces et administrativement à l’échelon inférieur des entités territoriales de base que sont : la ville, la commune, le secteur et la chefferie ». ce régionalisme politique suppose également l’existence d’un pouvoir législatif régional. Dans ce modèle note UTSHIDU, que les compétences des entités territoriales régionalisées sont garanties parla constitution qui consacre leur autonomie. Le contrôle exercé est celui du respect de la répartition constitutionnelle des compétences entre le pouvoir central et les entités régionalisées. Comme mode de gestion d’un Etat, la décentralisation n’est pas une nouveauté. Elle présente un certain regain d’intérêt depuis l’enclenchement du processus de démocratisation facilité, d’une part, par le triomphe de l’idéal démocratique et la célébration du libre-échange avec la fin de la guerre froide (PEEMANS et al., 1996 ) et d’autre part, par la paupérisation à laquelle des systèmes politiques dictatoriaux ont soumis leurs populations. Ainsi donc, PEEMANS (1996) estime que devant une crise de la gestion de l’Etat, une redéfinition des règles d’une bonne administration à travers une grille des critères d’une bonne gestion s’imposait. Par ailleurs, le thème de décentralisation, lié au concept de gouvernance, s’inscrit dans la réflexion sur la reforme de l’Etat dans le but d’en finir avec sa mauvaise gestion. Dans cette perspective, la décentralisation parait comme une opportunité à la participation au processus de prise de décision impliquant toutes les populations sans exclusions. VUNDUAWE (1982) souligne que la décentralisation consiste au plan politique, « à démocratiser », « à associer le peuple à a discussion et à la gestion des affaires publiques au niveau qui le concerne directement » ; au plan juridique et administratif, à « transformer les centres de répercussion qu’étaient la région et les entités de base en centre d’initiative, d’impulsion, de décision et de responsabilité » et au plan économique à « redonner un souffle nouveau au développement économique régionale et « à la relance économique ». Mise en œuvre effective de la décentralisation en RDC La mise en œuvre de la décentralisation en RDC se dresse autour des défis politiques, matériels et financiers à relever et de la perception et/ou de la prévention des conflits consécutifs au processus de décentralisation. Défis politiques, matériels et financiers à relever par le gouvernement central L’élément essentiel dans la mise en marche du processus de décentralisation est et demeure la volonté. Les autorités centrales n’ont jamais manifestées une réelle volonté pour accélérer le processus de décentralisation. Or sans cette volonté politique, les dispositions constitutionnelles qui consacrent la décentralisation constitueront un édifice constitutionnel utopique. La volonté politique des autorités centrales doit se traduire dans la vulgarisation des lois relatives à la décentralisation. Les populations congolaises doivent s’en empreigne. La matérialisation de cette volonté politique consiste également dans la réhabilitation des bâtiments publics des anciens districts et chef lieux ; la construction des nouvelles infrastructures. Par dessus tout, la volonté politique du gouvernement devrait se lire dans l’allocation des moyens financiers aux provinces et aux ETD. Elles doivent avoir les moyens de leurs politiques. La décentralisation doit être aussi un processus technique. Par là, il faut attendre l’existence des services publics de base dans les nouvelles provinces. Il s’agit notamment de l’électricité, de l’eau, de l’accès aux soins de santé, le transport en commun, etc. Le temps où les autorités provinciales parcouraient les villages à vélo est révolu. Notons que les services publics de base et la construction des nouvelles infrastructures ou la réhabilitation de celles qui existent déjà doivent précéder l’installation des institutions provinciales. Même si ce n’est pas le cas ici. La décentralisation étant un mécanisme des transferts des responsabilités du sommet à la base ; un renforcement des capacités des animateurs des institutions provinciales s’avèrent important pour éviter des éventuelles conflits des compétences entre le gouvernement central et les provinces ; et celles-ci et les ETD. Les défis à relever dans la mise en œuvre de la décentralisation sont énormes. Le bon sens suffit pour dire que ces défis dépassent la capacité réelle d’action et/ou de réaction du gouvernement central. De ce fait, un plaidoyer pour la continuité des apports des partenaires internationaux est nécessaire. Mais cela ne peut en aucun cas dispenser les autorités centrales de leurs obligations dans la mise en œuvre effective de la décentralisation. La réussite du processus de décentralisation dépend de la dextérité du gouvernement à faire face aux défis liés à cette entreprise. La classe politique dirigeante ne peut plus demeurer au niveau des discours. Il s’est quasiment plus de cinq ans depuis le délai constitutionnel imparti pour l’entrée en vigueur du nouveau découpage territorial. Il sied aux autorités centrales de manifester un empressement à préparer les conditions de viabilisation des chefs lieux devant abriter les 25 futurs provinces.

Conflits consécutifs au processus de décentralisation

Le processus de décentralisation en cours est sujet à des conflits. Il est essentiel de percevoir le caractère conflictogène entre les différentes entités engagées dans ce processus pour ne pas décevoir les attentes des populations congolaises. Inadéquation entre les objectifs et les résultats escomptés Le premier conflit qui pourrait résulter du processus de décentralisation en cours est d’ordre général. Ce conflit résulterait de l’inadéquation entre les objectifs assignés par le gouvernement et les résultats attendus par celui-ci. En décentralisant, l’objectif du législateur était de rapprocher les gouvernants des gouvernés. Dès lors il convient de se demander si ce découpage territoriale correspond réellement aux besoins économico-administrative du pays. Et une réflexion minutieuse sur cette question amène à penser qu’un découpage territoriale fait par simple élévation des districts au rang des provinces paraît moins approfondi et provisoire, donc susceptible de modification. Dans l’entretemps aussi paradoxal que cela puisse paraître, le débat sur le processus de décentralisation n’est pas accentué dans les médias – ou plutôt occulté. Fait saisissant, il s’observe depuis peu la résurgence des mutuelles de solidarités. Pour exemple, les originaires de la province du Maniema continue de se comporter en fonction des intérêts en présence comme si leur province aurait à demeurer telle qu’elle. Les ressortissants du Bandundu multiplient les associations de tous genres. Les enfants du Katanga continue à chérir leur rêve d’un Katanga indépendant. Les ressortissants de l’Equateur persistent à caresser leur rêve de Aliba oubliant totalement les cinq nouvelles provinces auxquelles l’Equateur est appelé à donner naissance. Ces attitudes paraissent contradictoires dans la perspective d’un découpage territorial à venir. Les efforts doivent être fournis pour éviter que le découpage territorial aboutisse à des effets contraires à ceux attendus. Il s’agit ici notamment : du repli identitaire, de la prolifération des poches d’insécurité déjà présente, de l’accroissement des inégalités de développement, etc. Les discours des politiques doivent s’orienter vers la vulgarisation du nouveau découpage territorial et ce, dans le but de préparer les esprits à accueillir et à facilité ce projet. De toute évidence, cette vulgarisation doit précéder la matérialisation effective de la décentralisation.

Conflits entre l’Etat Central et les provinces

Dans ce type des conflits, il s’agit des conflits de compétences entre le gouvernement central et les provinces. Il est question de l’immixtion de l’Etat central, de l’ingérence, de l’empiètement des autorités centrales sur le terrain des provinces. Et depuis l’installation des institutions provinciales, l’opinion publique se régale de ce genre de conflit. La plupart des provinces se veulent indépendantes et sont même prêtes à contracter avec des pays étrangers. Certains gouverneurs de provinces se prennent pour des roitelets dans leur fief, se croyant à la tête de réel Etat indépendant. Certaines provinces ont voulu rendre contraignant les règles pour les formulaires consulaires en ce qui est des ressortissants d’autres provinces. D’autres gouverneurs de provinces en viennent à se disputer les préséances protocolaires avec les autorités centrales lors des manifestations officielles dans leurs provinces. N’a-t-on pas entendu que le gouverneur du Kasaï occidental était sur le point d’ouvrir les bureaux de sa province en Europe ou encore que l’ex-gouverneur du Katanga traitait en son temps des affaires commerciales avec la Zambie et la Tanzanie. Et que leur pair du Bandundu aurait ouvert des concessions foncières de la province à certaines multinationales ? La Cour suprême de justice prompte à statuer sur le sort des gouverneurs des provinces à la suite des motions de censure traduit une politique « judiciaire » belliqueuse. Dans le contexte actuel, ces genres de conflits sont mineurs et facilement gérables. La raison : la quasi-totalité des gouverneurs des provinces sont issus d’une même famille politique. Dans l’hypothèse inverse, ce serait chaotique. Pour palier à ce type de conflits, il est essentiel pour les autorités centrales, les autorités provinciales, les autorités des ETD de respecter scrupuleusement les textes de lois qui régissent et qui définissent leurs compétences et leurs rapports.

Conflits Interprovinciaux

A ce stade du processus de décentralisation, les conflits interprovinciaux sont moins perceptibles. A la naissance de 25 nouvelles provinces, ces conflits résulteraient de la délimitation des frontières et de la cruciale question de partage du patrimoine des anciennes provinces. Le gouvernement de la République et le parlement devraient se pencher de façon plus sérieuse sur ces questions au risque de troubler la quiétude sociale au sein des différentes communautés.

Conflits intra-provinciaux

Il s’agit ici des conflits au sein d’une même province. La source de ce type de conflit peut être notamment : la délimitation des ETD, le repli identitaire, une tentative de domination d’une tribu ou d’une ethnie, l’absence des services sociaux de base, etc. Toutes les nouvelles provinces seront multiethniques ou tribales. Des efforts doivent être fournis en vue d’assurer une coexistence pacifique des différentes ethnies ou tribus. L’application du principe de représentativité voulue par la constitution dans la composition du gouvernement central pourrait être transposée au niveau des provinces et des ETD. Ce qui éviterait la domination d’une ethnie ou d’une tribu sur la gestion d’une province ou d’une ETD. Conflits au niveau des ETD A ce niveau, les populations soupçonnent les autorités centrales d’éviter les élections locales et de s’accaparer les prérogatives constitutionnelle d’élire les animateurs des entités de base. Il suffit de rappeler l’échauffement des esprits en réaction aux diverses nominations des administrateurs des territoires, des maires et des maires adjoints des communes qui sont destinés à être élu. Par ailleurs, il se peut que même après les élections locales des conflits de compétences surgissent aux niveaux des ETD.

Conclusion

Le nouveau découpage territorial en RDC se heurte à plusieurs défis. L’empressement avec lequel ce processus a été mené conduit à penser à une réorganisation dans un futur proche. Les attentes des populations congolaises sont nombreuses et diverses. Pour ce faire, il est impérieux pour le pouvoir central de relever les défis et de prévenir les conflits déjà perceptibles. Et cela passe par la mise en place effective des dispositions légales et constitutionnelles ayant trait à la décentralisation. Il est nécessaire d’amorcer des campagnes de sensibilisation dans différentes contrés du pays pour expliquer et communiquer les avantages de cette forme d’organisation ; mettre en lumière les compétences et les limites de chaque personne public impliquée dans ce processus ; définir des plans techniques de viabilisation des nouvelles entités. La décentralisation effective demeure l’un des préalables à tout plan de développement pour ce pays aux dimensions continentales.

Bibliographie

Mpongo, E., (2001), Institution politiques et droit constitutionnel Tome I, « Théorie générale des institutions politiques de l’Etat », Ed. Editions Universitaires Africaines, Kinshasa. Peemans, J.-P., Laurent, P.-J., (1996), « Pratiques identitaires, décentralisation et gouvernance locale », in Matthieu, P., Laurent, P.-J., Willame, J.-C., « Démocratie, enjeux fonciers et pratiques locales en Afrique de l’Ouest et Centrale », Cahiers africains, n° 23-24, Paris, Ed. L’Harmattan. Vunduawei, F., (2002), « Administration publique, instrument du pouvoir et pilier de l’Etat », in La Prospérité n°3241 Vunduawei, F., (1982) , « La décentralisation territoriale des responsabilités au Zaire. Pourquoi et comment ? », in Zaire-Afrique n°165, p.328

Qui sera le futur  Président de la République Démocratique du Congo?

Dr Florent Pumu 16/03/2015

 Il  y a des questions  lorsque posées  conduisent  à des réponses comme celles-ci : Pour ça, il faut disposer  d’une boule de cristal surtout s’il faut prévoir l’avenir.

Seulement,  souvent il y a des faits qui peuvent nous aider à commencer à  entrevoir  l’avenir  au travers l’opaque brouillard du présent.  Si vous demander  par exemple à  un médecin  non informé sur les chances de survie au-delà de cinq années d’un diagnostic de cancer, il vous répondra surement : « Dieu seul sait ou Il faut seulement prier, vous diront la plupart des médecins de la RDC ! ».  Un médecin plus informé vous répondra basant sa réflexion sur les  statistiques, les évidences scientifiques, l’analyse des faits et son expérience personnelle. Il vous dira par exemple qu’au stage actuel de la maladie  50% de malades vivent au delà de 5 ans. Et donc, il y a la moitie de chances que vous viviez au-delà de cette échéance.

Il est vrai que la politique n’est pas une science exacte comme les mathématiques ou science comme la médecine. Elle comprend  un dynamisme parfois incontrôlable; mais, les tendances futures  peuvent être décelées à partir de l’analyse de certains faits souvent a la portée des sujets bien informés. L’analyse de faits -dont beaucoup  jusque-là confidentiels- pour prédire qui sera le prochain président de la RDC, c’est ce que nous allons faire ici.  J’ai écrit cet article il y a plus de trois mois, je me suis refrain de le publier de peur de blesser certaines sensibilités qui militent encore pour une réelle alternance politique en RDC. Ne vous en faîtes pas, je suis et demeure dans  cette lutte; seulement  lorsqu’ une lumière jailli dans ma tête surtout d’ après les informations précieuses que je détiens, il s’impose en moi le devoir de le partager avec les autres pour une réflexion d’ensemble. Il  est dit dans le site de Kamoto Centre, notre think tank, «  on ne réfléchît pas seul ».

Je suis peut-être  le seul congolais qui répète depuis plus de deux  années déjà qu’il ne sert à rien de faire  « un coup d’état » en RDC par ce que de toute façon Mr Joseph Kabila ne se représentera pas en 2016. Le temps jusqu'à cette échéance était nécessaire pour élaborer les politiques d’une gouvernance d’excellence. J’ai écrit depuis plus d’une année  et cela contre l’avis de la grande majorité qu’il y a aura des élections présidentielles en  RDC en 2016. Ce fût une information que nous  détenions de sources très sures et surtout des gens  qui comme le souverain primaire congolais  détiennent les  pouvoirs  de neutraliser le pouvoir actuel.  Nous les avons aussi « lobbied » dans ce sens. C’est depuis  février 2014 que j’ai annoncé dans la même foulée que Moise Katumbi  était  le mieux positionné  pour succéder  à  Joseph Kabila comme président de la RDC.  En effet, il existe encore malheureusement des  faiseurs des rois étrangers en RDC. Mr Tshisekedi  wa Mulumba l’a  déjà reconnu plusieurs fois et dit avoir été en contacts avec « eux ». Nous  ont appris entre quatre murs que Kabila ne sera pas président de la RDC après décembre 2016  bien avant qu’Herman Cohen ne lance son quolibet  «Kabila doit partir parce qu’il a mal travaillé».

Ce que je dis ici est matière  de  prédictions basées sur les faits passés, présents et surtout  les informations comme par le passé  de sources très sures. J’ai fait plusieurs voyages personnels  dans « certains milieux » pour les vérifier, apprendre plus ou influencer certains  « outcomes »  comme on dit en Anglais.

Les prévisions :

D’abord, je préfère citer, sans ordre d’importance quelconque,  les  personnalités du pouvoir et de l’opposition  susceptibles de devenir présidents de la RDC en 2016. Il s’agit de  1. Martin Fayulu,  2. Vital  Kamerhe,  3. Moise Katumbi,  4. Un dauphin du PPRD activement soutenu par le président Joseph Kabila (Aubin Minaku, Matata Ponyo ou  un autre as de pique),  5. Tshisekedi  wa  Mulumba, 6. Félix Tshisekedi,  7. Un dauphin de l’UDPS (Willy Vangu, Valentin Mubake ou un autre as de pique activement soutenu par Mr Etienne Tshisekedi),  8.  Jean-Pierre Bemba.  La conclusion fait allusion à Dr Denis Mukwege

En tout cas, vous ne perdrez  rien à oublier les gens non cités ici. Je les appelle les « Facebook  candidates ».  Ils ne disposent simplement pas  de moyens financiers et surtout d’une base populaire suffisante en RDC pour faire le poids.  Beaucoup échoueraient t même pour être élu simple Conseiller Communal !

A. Deux  faits :

1. Il est notoire que souvent les événements en Afrique sont dictés de l’étranger. Depuis  son l’indépendance, les changements de Chefs d’état  en RDC ont été commandité ou du moins activement soutenus  par  l’étranger.  L’asssassinat de Lumumba qui a conduit au chaos de 1960-1965, l’avènement de Mobutu, de l’AFDL  et la mort de Désiré Kabila ont tous eu comme acteurs  de premier  rang  des acteurs je dirais exogènes  au pays. Les américains ont souvent été les grands catalyseurs  souvent sous le couvert des autres. L’histoire souvent pas très connue du public  révèle entre autres le  rôle des USA  dans les transports des troupes contres les combattants mulelelistes, marocains, belges et français pendants les deux guerres du Shaba. Depuis l’aube de l’indépendance de la  RDC, les  dirigeants américains -plus que les Belges qui agissent comme simples intendants- sont  lourdement impliqués  dans les changements politiques dans le pays.  Plusieurs sources  et tout dernièrement Wikileaks nous  livrent  certains  secrets sur  ce que « les faiseurs des rois » américains  font en RDC. Ces documents sont très informatifs.  La Leçon ici est que, ce qu’ils ont fait hier, ils sont capables de le faire encore aujourd’hui  à cause de notre incapacité de nous administrer en nation unie, forte et surtout démocratique.  Comme ce fait demeure, il fait l’objet de nos analyses. 

2.  Grâce à L’évolution de la géopolitique mondiale,  le combat contre l’ignorance, les américains et leurs intendants ont  beaucoup perdu de leur  pouvoir d’imposer leurs choix  des dirigeants dans beaucoup de pays africains dont la RDC. Ils jouissent encore néanmoins du pouvoir de barrer la route  à beaucoup des  prétendants. Comme je le dis souvent l’époque Bokassa – Dacko est  à jamais révolue en Afrique.  Ils ne peuvent pas imposer  un  président  vraiment contesté par la population. Mr  Azarias Ruberwa  dispose d’un lobby important aux USA. Il a été soutenu activement  en 2011 mais son manque de popularité  lui a vu refusé en dernière minute les millions de dollars promis pour sa campagne electorale présidentielle.  Il faut un grand soutien populaire pour être président du Congo ou du moins une sorte d’acceptation même tacite de la population. Ainsi Mobutu, Kabila le père et Joseph Kabila sont venus  et ont demeuré  au pouvoir grâce à cette bénédiction.  Je crois comme fer que la population congolaise mobilisée  jouit d’une grande autonomie dans le choix et  le changement de ses dirigeants. Ce que le souverain primaire ne sait pas encore  empêcher,  c’est la neutralisation  par l’occident  du chef de l’état du Congo dont la tête ne leur plait pas (ou plus)  comme  ce fût le cas de Lumumba et de tout  précédent  président du Congo. Appelez cela néocolonialisme si vous voulez, mais dans la jungle mondiale, « la loi du plus fort est encore et toujours la meilleure ».  Il faut une intelligence particulière et des débats d’idées  d’une certaine élévation  pour la contourner. Kamoto Centre, certaines  personnalités et organisations comme DESC Wondo sont fermement  engagés dans cette ultime voie du salut public. Un des moyens plus rapides d’accomplir cette tâche sublime passe par la démocratisation de nos pays d’origine. L’autre est de composer avec les grands de ce monde comme beaucoup l’on déjà réussi, en exemple  les pays dits « tigres de l’Asie ». Un simple fait ici, l’agriculture en Philippines a été transformée grâce à l’investissement massif  des multinationales mondiales dont américaines. Pour sortir un pays de la pauvreté dans le monde d’aujourd’hui, exploiter nos minerais souvent enfouis dans le sous-sol,  il faut des gros sous que le Congo ne dispose simplement pas.

Reconnaitre sa faiblesse et agir avec intelligence n’est point une faiblesse en soit, c’est une sagesse. De quels moyens disposons-nous pour combattre le « might » des Etats-Unis d’Amérique? C’est la  logique de film «The lion King » quand Pumbaa et Timon ont décidé de se faire amis du petit lion qui un jour deviendra grand. Quand les gens que tu cherches à combattre sont de loin plus forts que toi, la bible nous donne ce conseil dans Luc 14 : 28-32 : « Si l’un de vous veut construire une tour, il s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a assez d’argent (moyens) pour achever le travail. De même, si un roi veut partir en guerre contre un autre roi, il s’assied d’abord pour examiner s’il peut, avec dix mille hommes, affronter son adversaire qui marche contre lui avec vingt mille hommes. S’il ne le peut pas, il envoie des messagers à l’autre roi, pendant qu’il  est encore loin, pour lui demander ses conditions de paix.  L’autre versant d’actions est nous former et informer d’avantage pour bâtir des nations prospères. La promotion de la science et de la technologie est base de tout progrès de l’humanité. Ce sont ces  tâches qui forment l’ossature de l’action de Kamoto centre. Je  ne pense pas que mes amis Patrick Djembe, Okebwan Nsaman  et  Eugène Kandolo  enseigneraient le contraire de ceci.

B. Les candidats potentiels :

1. Moise Katumbi : Mon passage au Département d’Etat  Américain  de début de 2014 m’a révélé le contact étroit que ce dernier entretenait avec  l’équipe de John Kerry.  Il était évident que beaucoup dans cette équipe le jugent si  pas l’idéal pour le rôle de président de la RDC, du moins mieux que  tous les autres prétendants. Questions m’avez été posées sur ce  que Kamoto Centre pense de lui. J’avais alors donné un avis favorable sur sa personne, considérant  toutes les réalisations  entreprises dans le Katanga et sa base populaire nationale. J’avais alors saisi le message que Mr  Moise Katumbi bénéficie de faveurs  des « faiseurs des rois » américains.

2. Jean-Pierre Bemba : Mr Bemba est un homme très intelligent. Il a la pointure de quelqu’un qui peut être un bon président pour la RDC.  Ma conviction est  qu’en Décembre 2016, il sera encore  dans les tribulations Judiciaires  de La Haye. 

3. Vital kamerhe : Une parenthèse, feu mon père s’appelait  Pumu Vital. Au changement des noms de la période de l’Authenticité, il a laissé tomber ce nom pour acquérir celui de Babangusu.  Le président national de l’UNC est un monsieur  qui aurait mieux fait de rester  au sein de PPRD et près de Joseph qu’il  glorifiait, il n’y a pas longtemps. Il  était le Kin Kiey ou le Boshab  d’hier du PPRD. Il a lancé des « slogans » pas très différents  de « Kabila désir ». Il fût plus leur Sakombi  Inongo avec son livre « pourquoi j’ai choisi Kabila ». Il n’est devenu  anti-kabiliste que lorsque celui-ci s’est débarrassé de lui comme président de l’assemblée nationale. Il  est un peu comme un homme qu’une  femme vient de chasser de la maison et qui  clame à qui veut l’entendre «  d’ailleurs,  je l’ai épousée par hasard ! ». La grande majorité de congolais sont encore très loin de lui faire confiance. Et ses origines et les manigances dont s’il s’est mêlé  dans une PR (Public Relationship)  dévastatrice semblent devenir pour lui une pierre d’achoppement. En tout cas,  il n’a pas beaucoup  de crédibilité  chez les « faiseurs des rois américains » qui dans leurs cogitatios font aussi allusion à cette entrave d’origine; références sont faites  ici encore aux révélations de Wikileaks et  à ce nous avons appris de nos sources. Mr Vital kamerhe jouit  néanmoins d’une grande popularité dans le grand  Kivu et dans certains milieux au pays et  à l’étranger  comme on l’a vu dernièrement à coté d’Herman Cohen qui cherchait à « le vendre » à certains financiers. La mascarade de l’Université  Johns Hopkins (Baltimore)  a été révélatrice d’un sentiment de malaise que certains milieux très  actifs  couvent  contre sa personne. C’est qui est bien triste pour un pays qui se veut modernes avec des  valeurs universelles de citoyenneté.  Une chose à son avantage, je crois qu’en ce jour  Mr Kamerhe a accru son électorat  depuis son implication dans les émeutes du 19-23  Janvier 2015. J’estime son pouvoir électoral aujourd’hui entre 10 et 15% dans une élection présidentielle.  C’est un allié très profitable pour quiconque de l’opposition aspire à la magistrature suprême. En tout cas, je suis convaincu qu’il est vraiment un opposant à Mr Joseph Kabila même s’il parait un peu opportuniste.

4. Martin Fayulu : J’ai été aux Etats-Unis  pendant la même période de Février 2015 que Martin Fayulu entreprenait sa tournée. J’ai été aussi  au Département d’Etat  à Washington DC. J’ai personnellement cherché à savoir ce que l’Administration en place pensait de lui. On m’a  informé qu’il n’était point aux USA  sur invitation du gouvernement américain. Je ne pense pas qu’  « ils » le considèrent comme un candidat potentiel  au poste de président de la RDC. L’année passée quand nous avons fait avec  « eux » le tour des futurs présidents potentiels, le nom de Fayulu n’était même pas cité.  Dans un document dont une partie est restée  confidentielle élaborée  par  Mme Mania Riche et Kris Berwouts intitulé «  DRC Elections : Will Kabila will stay or go ? And  many other questions on the road to 2016 » son nom est juste mentionné comme potentiel allié à Vital kamerhe. Ce document est une pièce dite de recherche conduite pour le compte du département britannique du développement international, le DFID cellule DRC’S  Evidence, Analysis and Coordination, le EACP. Ce document est « une pièce d’intelligence » dont les occidentaux se servent parfois pour confectionner  leurs politiques vis-à-vis des pays africains.

Je suis convaincu que Mr Fayulu, qui est entrain d’abattre un vrai travail de titan au péril même de sa vie, joue déjà  un grand rôle  dans le devenir de la RDC. Je  le vois grandir encore plus. Seulement un conseil pour lui, s’il  veut devenir plus  sérieux dans la conquête du pouvoir,  les congolais avec qui  il devrait « dialoguer » et convaincre  vivent à Goma, Kalemie, Idiofa, Luozi  et non pas à Washington DC, Atlanta ou Paris.  Très peu de congolais de l’étranger  remplissent les conditions pour devenir électeurs pour la RDC.  La plus grande limitation de Martin Fayulu est donc un électorat national encore très limité et surtout une assiette financière encore très rétrécie.   Pour gagner l’élection présidentielle au Congo, il faut disposer des  millions de dollars américains. En 2011, l’UDPS a casqué presque 30 millions de dollars américains dont nous connaissons les sources et surtout les acteurs qui ont réussi cette rafle.

5. Les autres  PPRDiens (Aubin Minaku, Matata Ponyo, Boshab etc..) : Il faudrait d’abord très explicitement que  le président Joseph  Kabila choisissent l’un d’eux  comme dauphin pour qu’il ait  une chance quelconque d’être élu  président de la république. Ensuite, il faudrait que l’heureux copté ait la bénédiction d’une  vaste majorité des membres de cette coalition aux tentacules nombreux or  celle-ci  est aujourd’hui  très divisée  depuis l’élan de la modification de la constitution et du « glissement » du mandat présidentiel et  la guerre «  des chefs » pour la succession du « rais » qui y règne.  Tous  ces «excellences » ont  une similitude : une très pauvre  popularité.  L’avantage des PPRDiens, c’est un parti aux moyens presque illimites d’autre financier, géopolitique, médiatique comme le contrôle de la RTNC et surtout la mainmise sur la CENI avec toutes les possibilités de cafouillage vécu par le passé.

6. Les Tshisekedi : Les occidentaux ne font pas confiance  à  ni  Mr Etienne Tshisekedi et  ni  à son fils Félix.  J’ai appris cela de la bouche  de quelqu’un très haut placé au département  d’état américain. Le père est jugé très erratique et imprévisible. Et surtout quelqu’un qui ne semble vraiment  pas savoir ce qu’il veut vraiment. En outre,  Wikileaks a déjà dévoilé sa situation de maladie. Dans ce rapport,  il est fait allusion à son état de santé et par voie de conséquence sa  capacité  de diriger un pays aussi compliqué que la RDC. Ce document  peut être déniché à  l’internet.  Félix a été jugé simplement n’avoir pas assez de bagages intellectuels pour cette responsabilité.  Ce qui est dit ici  élimine de la liste, Félix et son illustre père pour qui j’ai beaucoup de respect. J’avais souhaité que l’UDPS s’organise à temps pour les élections de 2016 en se reformant. Il y a plusieurs mois, nous  avons effectué  un voyage de Londres  à  Paris Charles-De-Gaule pour des discussions avec  le professeur  Willy Vangu et  j’ai eu une longue conversation avec  le professeur Claude Kiringa sur les  enjeux  du pouvoir au sein de leur parti ; malheureusement, come je l’ai dit dans mes articles précédents, les partis politiques du Congo dirigés par des « patriarches »  sont les  reflets d’une  l’organisation pas très loin des groupes musicaux du pays. Comme disait un jour  Papa Wemba         « Viva la musica, c’est moi ». Comme l’avait  découvert  Mr Albert Moleka qui vient à peine de démissionner du parti et beaucoup avant lui,  l’UDPS, c’est Tshisekedi. 

C. Les conclusions

De part tout ceci, à moins d’un sursaut extraordinaire de l’UDPS, avec la désignation d’un président et /ou d’un candidat à l’élection présidentielle de 2016 qui ne soit pas un Tshisekedi et qui aura tout le soutien de Mr Tshisekedi wa Mulumba et l’endossement  de Félix, le prochain président de la RDC aura  comme souche la présente  MP (mouvance  présidentielle). Ceci me pousse à parler d’un certain médecin comme moi.  Il s’appelle Dr Denis Mukwege. J’ai eu plusieurs conversations avec quelqu’un qui est très proche de lui, le pasteur Isaac Shengezi. Norbert Mputu, vice-président de Kamoto Centre l’a rencontré l’année passée. J’ai eu aussi à m’entretenir avec un travailleur de l’hôpital de Panzi aussi très proche de lui. Mr Mukwege a, lui-même très récemment, fait allusion du grand fossé qui existe entre ce qu’il fait aujourd’hui et être leader politique. Il faudrait d’abord qu’il se lance dans la politique active pour qu’on commence à invoquer la possibilité pour lui de devenir le prochain président  de la RDC. Son implication dans ce sens que j’appelle de vive voix sera un vrai « game changer ». Encore qu’il faille considérer cette réalité : Aucun parti politique (ou individu) ne peut à lui seul gagner les élections présidentielles en RDC…

 

Dr Florent Pumu 14/03/2014 flopumu@kamotocentre.com                                                                           Copy right Kamoto Centre.

 

Le  "complot contre le Congo": Ce qu’on ne nous dit pas

 Posted by Emanuel Geleka

 « Africains de partout, rédigeons l’Histoire du continent ! » Tel semble être le leitmotiv de nombre d’universitaires d’origine africaine, lesquels se sont appropriés la célèbre formule de l’ancien Premier ministre congolais, et décidés à ne plus se borner à être de simples spectateurs de leur propre devenir.

La crise qui plombe le pays depuis un demi-siècle a retenu, elle aussi, l’attention d’intellectuels et politiciens congolais (d’opposition surtout). Si la plupart se servent des techniques ou méthodes « conventionnelles » pour l’étudier et l’expliquer, d’autres s’écartent par contre de la « lecture officielle » et partent sur des bases différentes.

La sortie récente du volumineux ouvrage « Stratégie du chaos et du mensonge, poker menteur en Afrique des Grands Lacs » (Patrick Mbeko et Honoré Ngbanda, Ed. de l’Erablière, Montréal-Québec, 2014) est l’illustration de cette dernière perception.

Expliquer autrement l’histoire du Congo

Dans son introduction au commentaire du livre précité sur le blog DESC-Wondo, l’analyste Boniface Musavuli annonce les couleurs : « La guerre qui sévit en RDC et ses horreurs sont présentés souvent comme l’échec du président Kabila et la communauté internationale. Il s’agit en réalité d’une réussite éclatante d’une stratégie dont le Congo et les congolais sont la cible » !

 

Cette vision de choses rejoint ce que l’abbé Jean-Pierre Mbelu appelle « l’impérialisme intelligent » ou la « guerre de basse intensité menée contre le Congo. » En d’autres termes, ce qu’ils disent est que notre apparente incapacité à trouver les moyens efficaces pour nous organiser afin de sortir notre pays du trou où il est engouffré n’est pas le fruit du hasard. C’est plutôt la conséquence d’un complot ourdi contre nous et le Congo.

Cette façon d’aborder l’histoire a un nom: il s’agit de la théorie du complot. Le complot suggère l’idée d’une conspiration. C’est pourquoi les trois termes « conçu », « planifié » et « soutenu » sont fréquents auprès des tenants de cette vision. D’ailleurs dans une interview récente à Afrikarabia, l’ancien ministre de la Défense du Marechal Mobutu n’a pas porté les gants : « Ce sont les puissances occidentales (…) qui ont conçu, planifié et soutenu toutes les guerres des Grands lacs. »

Dans le discours de l’abbé Mbelu et Honoré Ngbanda, l’on trouve aussi ce détail : les « puissances occidentales » ou « leurs multinationales » n’agissent pas seules. Elles se servent, pour exécuter leurs projets de « nègres de service »  (ou « idiots utiles »). Le but visé est celui-ci selon eux : « fragiliser les structures de l’Etat congolais pour faciliter le pillage des ressources. »

Ce qu’est la théorie du complot

Les théories de complot sont très répandues dans le monde. Beaucoup ont dit que les attentats du 11 septembre sont le fait des américains eux-mêmes, ou que les images de l’Apollo XI sensées montrer l’alunissage de Neil Armstrong en 1969 ont été tournées au studio, que Michael Jackson a en fait été assassiné par la secte Alluminati, etc.

 

Un conspirationniste est défini par Nicolas Chevassus-au-Louis (auteur de « Théorie du complot, On nous cache tout, On ne dit rien »), comme « une personne qui tend à lire l’ensemble des événements historiques comme le produit d’un complot mené par une organisation secrète malfaisante. »

Beaucoup de chercheurs ont étudié non seulement ses caractéristiques, mais aussi comment naissent et se développent les théories conspirationnistes.

Nicolas Chevassus-au-Louis estime qu’elles « naissent des l’exploitation des incohérences ou des bizarreries apparentes dans les versions données par les autorités d’événements traumatiques. » En d’autres mots, il dit que le discours visant à convaincre de la pertinence d’une théorie du complot commence par un « Tu ne trouves pas bizarre que … ? »

 

Une guerre interminable comme celle de l’Est du Congo malgré la présence de lourds contingents des Forces armées nationales et celles de l’ONU a tout l’air « bizarre. » Le fait que les commandants congolais qui semblent prendre le dessus sur les forces ennemies soient mutés ailleurs ou meurent dans des circonstances étranges peut sembler tout autant « bizarre. » Tous les ingrédients sont alors réunis pour une « théorie du complot. »

On le voit, le terreau du raisonnement qui mène au développement de cette théorie, c’est le mensonge d’Etat. « Si le gouvernement a menti sur tel point, il mentira toujours, » se dit-on.

Pour sa part, le sociologue Bertrand Vidal, « ces théories extrêmement complexes évoquent les enjeux économiques cachés, des alliances avec des groupes différents et des stratégies de politique internationale ». Un autre fait marquant dans le discours complotiste est « l’instrumentation des doutes envers des ennemis supposés, la tendance à condamner et à remettre en question absolument toute la réalité dans les domaines politique, économique et médiatique. » Autre constante : la diabolisation des Etats-Unis, considérés comme la cause de tous les malheurs du monde.

D’une manière générale, et c’est ce qui flatte l’esprit de tout intellectuel, la théorie du complot se présente comme « une contre-enquête en forme d’alternative aux discours des medias ‘dominants’. »

 

Bien entendu, la théorie du complot n’est pas à confondre à une rumeur. Alors que la dernière se borne à être colportée (ex : « le gouverneur Moise Katumbi a été empoisonné ! »), la première elle, se veut convaincante et est étayée par des arguments factuels, comme on le voit dans le livre abondamment fourni de Ngbanda.

Les théories conspirationnistes privilégient les causes exogènes de la crise

Au-delà de la caricature des acteurs engagés (le méchant-voleur-exploiteur-Occident d’une part, et le bon-gentil-congolais-victime-innocente d’autre part), cette théorie a l’avantage d’attirer l’attention sur les enjeux et surtout la cause externe de la crise. Mais le problème est que se limiter à ceci serait examiner un seul aspect du problème, et en laisser un autre.

 

Les détournements des deniers publics et les mauvaises politiques économiques ne sont pas mis en place par « les puissances étrangères. » La brutalité policière et le déni des libertés publiques ne sont pas le fait des USA. Le tribalisme, le népotisme, l’incompétence à tous les niveaux de la gestion ne proviennent pas d’un « complot contre le Congo. » Tous les rapports et enquêtes parlementaires ont dévoilé des faits graves de mauvaise gestion. Ce ne sont pas les Etats-Unis qui favorisent l’impunité chez-nous.

Autre erreur de cette théorie, elle oublie la raison d’être des relations internationales : la recherche de l’intérêt de chaque pays (ou entreprise) impliqué. Il revient au Congo de chercher son propre intérêt. Or depuis Mobutu (perçu aujourd’hui comme « nationaliste »)  à aujourd’hui, les intérêts personnels ont pris le dessus sur  l’intérêt national.

Les puissances occidentales et les multinationales sont comme des vautours. Or ces animaux nécrophages ne courent pas vers un animal en bonne santé mais celui qui est mal en point. Et en toute logique, une bête malade ne l’’est pas par le fait des vautours…


De même la chute de Mobutu quoique perçue souvent sous la seule vision complotiste, peut s’expliquer autrement. Ce fut la conjonction de plusieurs facteurs. Nous citons quelques uns. La fin de la CNS sans voir ses décisions appliquées avait convaincu plus d’un que seule la force s’imposait. Le long règne de Mobutu marqué par une brutalité et le déni des libertés avait découragé et lassé les populations qui aspiraient au changement. Ses relations avec l’opposition étaient dans une impasse à cause notamment de sa mauvaise foi, comme l’était aussi la CPGL. La mauvaise gestion caractéristique de la deuxième République avait mis le pays par terre, contribuant à une pauvreté de la majorité des populations, lesquels étaient sans emploi.

En plus, l’engouement pour « le changement des mentalités » prôné par les ténors de l’opposition était grand. Les relations entre Mobutu et ses voisins laissaient à désirer. Sur le plan international, il avait épuisé toutes ses cartouches par le pillage des ressources et n’avait plus rien à offrir. L’armée était divisée et tribalisée, avec le gros des troupes mal payées et démoralisées. En plus, l’homme était malade et ne pouvait se remettre de son cancer. Les « puissances occidentales » qui étaient à l’affût comme des vautours, ont alors sauté sur l’occasion…

La cause majeure de la crise congolaise n’est pas externe

Si tous les forums organisés au pays ou à l’extérieur et sensés trouver la solution à la crise congolaise ont échoué, (Conférence Nationale Souveraine, Dialogue inter congolais, Amani Wetu, Addis-Abeba, Kampala, Concertations nationales, etc.), ce n’est pas surtout, comme l’écrivait Jean-Pierre Mbelu, suite à « l’absence des acteurs majeurs » au cours des discussions en question.

S’ils ont accouché d’une souris, c’est qu’ils sont tous pareils à un cautère sur une jambe en bois. Ils pèchent par le fait de s’attaquer aux symptômes de la maladie plutôt qu’à sa cause. Dès lors, tous les remèdes appliqués ne peuvent que se révéler inutiles ou inefficaces. Quelle est donc cette cause ?

 

C’est lors d’une des ces réunions, en l’occurrence la Conférence Nationale Souveraine, CNS (1991-1992), qu’il nous fut donné de l’identifier, à la lecture du Rapport de la Commission d’Ethique. C’est juste un bout de phrase au milieu d’une abondante littérature : « la crise [congolaise] est d’abord morale. »

Le fait majeur qui plombe notre pays depuis un demi-siècle est donc la crise morale et non politique ou économique qui en émanent. La crise morale touche aux valeurs qui bâtissent une personnalité et aux valeurs humaines. La vertu, les valeurs familiales, le respect de l’autre, la recherche du bien commun, le respect de l’honneur et la réputation d’autrui ainsi que le respect de la parole donnée.

Lorsque ces valeurs (et d’autres non citées ici) manquent à l’élite et au noyau d’une nation, rien de solide ne peut y être construit. Lorsque les antivaleurs prédominent, un pays perd ses repères et va vers le déclin. C’est la leçon que l’Histoire nous enseigne. Malheureusement, c’est cela le lot du Congo : impunité, détournements des deniers publics, mauvaise gestion, montée des cas d’escroquerie, de vols, la prédominance du matérialisme, l’enrichissement illicite, le découragement des bonnes volontés, le découragement de la recherche de l’effort, du travail bien fait, etc.

A lire les rapports qui viennent de partout, tous, nous en sommes victimes : gouvernement et opposition, intellectuels et analphabètes, enfants et adultes, congolais du pays et ceux de la diaspora…Personne ne semble en être épargné.

Voilà la seule explication qui permette de comprendre pourquoi les contrats miniers signés avec l’étranger nous sont toujours défavorables ; et pourquoi l’opération « Mbata ya mokolo » peut avoir lieu à deux pas de Kinshasa sans que le gouvernement ne règle la situation au mieux des intérêts de nos compatriotes. Si le « vagabondage politique » est l’un des sports le mieux pratiqué par le microcosme politique congolais, c’est le fait de la crise morale.

Sans prendre en compte ce déficit moral, on ne comprendrait pas pourquoi nous sommes devenus la « capitale du viol »  et le « paradis fiscal »  d’où se dirigent tous les aventuriers du monde.

Il va de soi que si nous nous attaquons avec détermination et discipline à ce travers – la crise morale congolaise – « les puissances occidentales et leurs multinationales » trouveront un citoyen congolais intègre et soucieux de préserver les intérêts du pays. On ne trouverait plus alors un « nègre de service » ou « idiot utile »… Est-il permis de rêver?

 Posted by emmanuel ngeleka in Politiqueprofil

Kabila: Echec et mat!

La RDC a enregistré un taux de croissance de 8.9% pour l’exercice 2014 a fait savoir le directeur de la Banque Centrale Congolaise (BCC) Mr Deogratias Mutombo.  C’est une réalisation qui mérite un chapeau-bas. Ce chiffre est supérieur à la moyenne africaine qui est estimée à  environ 6% d’après la Banque Mondiale. Il est supérieur à celui de la Chine 7.6%, du Brésil 0.9% et de l’Angola 7.9% d’après différentes sources accréditées. Pour les kabilistes, le pays serait sur la bonne voie, alors pourquoi changer une équipe qui gagne ?

 

La problématique de l’alternance du pouvoir en RDC, depuis le combat contre la dictature de Mobutu est au delà des individus et de leurs réalisations à la tête du pays. Le pays a vécu la débâcle Mobutienne. Chat échaudé craint l’eau froide, dit le sage. Pour le cas particulier du « rais », depuis surtout 2011, il a multiplié des erreurs dont les cinq ci-dessous qui ne lui seront surement jamais pardonnées.

 

Animés de la  volonté de démocratisation, de transparence dans la gestion de l’état, de la justice sociale et de la paix restaurée dans toute la république, les congolais se mobilisent partout pour que le Congo cesse d’être une république bananière. C’est une aspiration universelle. Dans un sondage réalisé tout récemment par le journal Jeune Afrique sur l’Africain de l’année 2014, les votants ont plébiscité le peuple Burkinabé pour avoir chassé du pouvoir leur dictateur-président Blaise Compaoré. Comme le souligne jeune Afrique, ce choix Burkinabé traduit  « l’aspiration (de démocratie), symbolisée par l’éclosion dans plusieurs pays de mouvements citoyens spontanés (Y’en a marre au Sénégal, le balai citoyen au Burkina), illustrée par les sondages menés dans 35 états par l’Afrobaromètre depuis plusieurs années. Selon les enquêtes, sept africains sur dix préfèrent la démocratie à tout autre régime ».

 

Quelqu’un m’avait dit un jour qu’il ne voyait  pas comment Kabila aller quitter le pouvoir en 2016. J’ai répondu que  je ne voyais pas plutôt comment il va rester au pouvoir entre maintenant et 2017. Le président Joseph Kabila a commis beaucoup d’erreurs dont  les 5 majeurs ci-après  ont condamné son régime. J’ai un jour écrit que Kabila, contrairement à Mobutu, ne jouissait pas de beaucoup de pouvoir. Son meeting de janvier 2015 avec les  notables katangais  sur la division administrative du pays, les invitant presque « à respecter la constitution » est révélatrice d’un Kabila amoindrit, tiraillé de partout même dans sa propre famille politique. Les revendications sur sa mauvaise gouvernance du pays résonnent presque partout. De plus en plus de gens n’ont plu peur de le critiquer publiquement. La prévision que j’ai faite en Aout 2014 (1) sur la corrélation entre l’article 37 de Burkina Faso et le 220 du Congo a maintenant plus de chance  de se traduire dans le fait que ce deux pays connaissent le même sort.

Mr Joseph Kabila n’est pas coincé seulement au Congo. Il l’est à l’extérieur du pays par les Combattants et autres Résistants et par les occidentaux qui croient qu’il ne soit vraiment pas compétent de diriger un grand pays comme la RDC. Il est considéré comme un leader faible. Comme le dit  ces deux imminentes personnalités « Kabila a échoué, c’est pourquoi il doit partir » Herman Cohen dixit et Madame Hillary Clinton d’ajouter« Kabila est un distrait et incapable de se concentrer, manifestement dépassé par les problèmes que connait son pays » (2).

Les cinq erreurs qui ont condamné Kabila  à un exit qui peut survenir bien avant 2016 ou quelques mois après sont :

1. La confiscation du pouvoir en 2011 : Les résultats de l’élection chaotique de 2011 jugés injustes par les institutions de réputation mondiale dont le Carter Center et L’Union Européenne ont engendré la lourde implication que Mr joseph Kabila est un président sans légitimité et  qui gouverne  par défi.

 

Ce fait simple est un boulet massif sur la marche du pays vers la réconciliation nationale, la cohésion des esprits et l’avancée vers le progrès socio-économique. Le pays est très divisé. La communauté est fracturée entre ceux qui soutiennent le régime souvent parce qu’ils en tirent un profit direct ou indirect et la majorité opposée à l’arbitraire et à la dictature avec ses corollaires de répression politique déjà vécue pendant la deuxième république. Nous avons fait allusion à ce point dans nos précédents articles (1).

         

 Une conséquence néfaste de cette cassure est l’aliénation de la diaspora congolaise face au défi du progrès national. Celle-ci dont l’expertise spéciale acquise dans les conditions modernes de performance de secteurs variés fait défaut au pays. Un apport d’excellence est gaspillé pour la  « gloire » de ceux qui ont confisqué le pouvoir et se vantent de leurs turpitudes. Les pays les plus rapidement avancés ces cinquante dernières années dont les « tigres asiatiques », la Chine et l’inde ont pu drastiquement progresser grâce à l’apport de leurs diasporas. Nous ne faisons pas ici allusion aux congolais qui ont simplement étudié à l’étranger et les autres « mikilistes » mais plutôt à ceux travaillent dans des positions dites de  responsabilité (appelés en RDC cadres) comme ingénieurs, médecins, managers, policiers, militaires, juristes, etc.  Nombreux sont ceux qui pensent que les réalités du Congo sont différentes de celle de l’Europe par exemple. Ces réalités sont fondamentalement les même. L’Europe a eu à faire face et continue à faire face aux mêmes problèmes que les pays africains. Ils ont aussi connu les maladies transmissibles, les guerres et les massacres de populations. Les problèmes de décentralisation, de caisse de péréquation se posent aussi ici et ailleurs dans le monde occidental. Les congolais et originaires du Congo qui ont travaillé dans différents secteurs des pays plus avancés ont accumulé les connaissances sur les solutions pratiques applicables en RDC. Ils sont prêts à contribuer à résoudre les problèmes du pays. Le hiatus est que la grande proportion de cette diaspora n’est point disposée à s’associer au régime actuel juge illégitime. Certains ont même peur pour leur sécurité dans un pays où la répression politique est le poinçon d’un  régime rétrograde avec sa facture d’oppression des droits civiques, l’emprisonnement, les meurtres, les exécutions sommaires, les punitions extrajudiciaires, les abus des services de sécurité et la violence policière.  La machine très active du terrorisme d’état fait peur.

 

2. Ses origines demeurées douteuses : Mr Joseph Kabila n’a fait aucun effort pour prouver aux congolais qu’il est le vrai fils de son père. Le pêché ici est surtout lié au fait que beaucoup pense qu’il est simplement un sujet Rwandais qui a réussi à s’infiltrer (avec un groupe

d’amis de même origine) dans l’appareil de l’état et d’en occuper les positions clé. Le Rwanda aujourd’hui est encore pour beaucoup le pays ennemi numéro 1 de la République Démocratique du Congo à cause du comportement de son dictateur actuel. Le président Yoweri Museveni, allié de Paul Kagamé a fait cette déclaration en 1999: “ la RPA- alors armée rwandaise- voulait dominer le Congo mais nous sommes entrain de le stopper. Pour notre part, nous sommes intéressés de donner le pouvoir aux congolais, mais il semble que les Rwandais n’aiment pas cela »(3).

                                                                                         

Les agissements du Rwanda dans le soutien aux  diverses rébellions, de l’AFDL au M23, ont causé une grande humiliation du Congo et  contribué aux massacres des populations congolaises estimés en millions de vies  et aux  viols  des milliers de femmes et jeunes filles à l’Est du pays. La « covalence » de Mr Joseph Kabila et les transfuges de ces mouvements rebelles jugés dignes de répondre devant les cours et tribunaux du pays  pour atrocités commises, « realpolitik » pour eux, est une situation non acceptable pour beaucoup, surtout quand la sanction est plutôt la récompense de nominations à des échelons supérieurs de l’administration de l’état, l’armée,  la police et les services de sécurité. Certains activistes évoquent même le mot de trahison et « d’occupation du Congo » a proxy par le Rwanda, terme surement inapproprié dans ce cas. Pour ceux-là, le pays a d’abord besoin d’être « libéré » plutôt que démocratisé.

Les origines encore douteuses de Mr joseph Kabila constituent une épine dans  le ‘conundrum’ RDC aujourd’hui.

 

3. L’instabilité continue à l’Est et au Sud-est du pays : Les populations continuent d’être massacrées dans cette partie du territoire national. les groupements armés continuent de foisonner  malgré la présence des soldats de l’armée et les troupes de la Monusco. Les sacrifices de ces soldats semblent être des actions vaines. Ces actes de guerre  constituent une évidence de l’inefficacité  de Mr Joseph Kabila comme « Commander in Chief » des  FARDC. Son régime a failli dans la mission de reforme de l’armée de façon à la rendre capable de sécuriser ces contrées en guerre depuis plus de 20 ans. Beaucoup accusent Mr joseph Kabila d’avoir collaboré avec les mouvements comme les FDLR et certains membres du M23 dans des actions militaires et le bourrage des urnes lors de l’élection de 2011. Nous n’en avons pas les preuves mais ceci expliquerait sa faiblesse vis-vis des « ses amis » rebelles on nous dit parfois. Dans tous les cas, on n’a pas vu l’ex Major-Général Kabila monter aux créneaux pour haranguer ces troupes vers un assaut final par exemple contre l’ADF  comme le faisait Mr Mobutu remettant son « sokoto » lorsque péril était en demeure. L’Allemand Martin  Kobler semble être aujourd’hui le vrai  « Commander in chief » des FARDC du point de vue de certains analystes.

 

4. Les atteintes sérieuses aux droits de l’homme: Comme nous l’avons dit dans nos articles précédents, le régime Kabila se caractérise par une répression politique souvent silencieuse mais jusque-là  très efficace. Nous reprenons ici ce que nous avons dit il y a quelques mois.  Le bilan de l’administration Kabila sur le respect des droits de l’homme, la liberté de citoyens et de la presse est notoire et très sombre. La liste de victimes  et prétendues  victimes  de la répression  est très longue. Au Congo, le lien entre le pouvoir et la justice  est bien loin d’être rompu.  La dépendance de grandes nominations dans l’appareil judicaire du pouvoir fait que le système est simplement assujetti  au dernier. Les services secrets  ne sont redevables que vis-à-vis de leur  chef qui généralement reste muet comme une carpe face aux déboires de ses concitoyens un peu comme dans un silence complice que beaucoup n’hésitent même pas à qualifier d’instigateur.  La simple invocation des mots DEMIAP, ANR donne froid aux dos comme  les CNRI, CND, CNRI, SNIP de l’époque Mobutu.  Le régime de  Joseph Kabila  a failli  dramatiquement dans la mission qu’il s’était lui-même donné de « protéger » les hommes, femmes et  enfants exposés à l’ignominie de l’atteinte à leurs droits humains de base. Viols massifs, massacres, enfants soldats, populations déplacées, expulsions massives, l’impunité sont  certains maux qui caractérisent le pays.

5. Volonté implicite mais claire de prolonger son régime : Le souci jadis exprimé par beaucoup dans son entourage de modifier la constitution pour un troisième mandat du président Joseph Kabila ou de prolonger son mandat actuel dans une mafia électorale impliquant la CENI et L’ONIP (recensement intempestifs de citoyens) est le dernier de ces cinq pêchés majeurs.  La majorité de Congolais souhaite le départ à la tête du pays de Mr Joseph Kabila. Malgré la croissance économique louable dont bénéficie le pays (bien que sans impact réel sur la pauvreté des masses), le pays est encore mal géré et mal gouverné.                                                                                                                         Comme l’a articulé récemment  le Dr Denis Mukwege le pays est victime de mauvaise gouvernance. En transgressant les règles de démocratie dont les élections régulières, en fin des mandats, libres, transparentes et la redevabilité des pouvoirs publics, Mr Joseph Kabila et  ses apparatchiks demeurent seuls juges de leurs actions. Son silence, la tolérance face à ceux qui élèvent leurs voix pour plaider dans ce sens et aussi par exemple la nomination dans le présent gouvernement des propagandistes comme Mr Omer Egbake de la défunte Alliance de Bangala (ALLIBA) de triste mémoire et de Mr Evariste Boshab sont des simples actes à visée électoraliste plutôt que la recherche d’une efficience dans l’action gouvernementale et la cohésion nationale. Cette nomination est un calcul mal caché pour les conquêtes électorales prochaines. C’est un effort pour son mandat personnel ou une logique  Poutine – Medvedev déjà invoquée ou encore avoir une mainmise sur le future du pays.                                                                                                                           Le silence surement complice de Kabila est un autre pêché qui irrite les esprits de ses compatriotes. Il ferait mieux d’ordonner à la CENI, qu’il contrôle encore, de publier rapidement  le calendrier complet des échéances 2015- 2016, de fixer l’opinion sur le fait qu’il ne sera pas candidat en 2016 et surtout que son mandat ne sera point prorogé par une manigance quelconque qui va surement mettre le pays à feu et à sang.

 

Depuis mon passage au département d’état américain au mois de Février 2014, je porte l’étendard de propagation de cette bonne nouvelle des « faiseurs des rois » : Kabila, échec et mat.

 Seulement, l’après Kabila est un autre combat au quel nous devons sérieusement nous préparer en tant que gouvernant et gouverné. Pour bien être juge et électeur, il faut être conséquent.  Le combat ultime, n’est point celui de l’orgueil et de l’enrichissement matériel personnel souvent acquis par l’injustice, la fraude, la corruption, la concussion et le trafic d’influence. C’est le combat de savoir comment gérer un état et demander les comptes aux acteurs politiques. Préparons-nous assez pour gérer l’espace Congo, établir les institutions étatiques solides, une démocratie participative, une éducation de standard universel, la justice sociale, une armée efficiente, une autosuffisance alimentaire, une décentralisation effective, non pas dans le verbe souvent sans contenu mais dans les faits ?

 

Réaliser tout ceci est un combat plus noble, qui demande une élévation spirituelle et des capacités de gestion sures. Le combat noble est celui d’essuyer les larmes de l’enfant qui pleure à  Beni, de soulager les douleurs de la femme suppliciée à Uvira et Manono, de partager le revenu national avec le père qui vient de perdre son enfant à l’hôpital de Mwene-Ditu faute d’argent. Le combat, c’est de clamer à la manière de Langston Hugues parlant des noirs américains de son époque et plutôt dire « nous aussi, nous sommes le monde!». C’est d’ajouter « au grand rendez-vous du donner et du recevoir » cher à Léopold Sedar Senghor et les autres apôtres de la Négritude. C’est dire « oublier les constructeurs des pyramides de l’Egypte ancienne. Ils pouvaient être noirs ou blancs, mais voici aujourd’hui, nous les noirs sommes capables de nous administrer et créer des nations prospères aux 21ième siècle, nous ne sommes pas des moins-hommes ». En cette orée de 2015 comme jadis, une voix nous  parle dans la conscience : «  Nous peuplerons ton sol et nous assurerons ta grandeur ! », comme dirait Lamartine dans son fameux poème Le vallon « qui n’a pas entendu cette voix dans son cœur? ».

 

Dr Florent Pumu, Kamoto Centre, copy right kamotocentre.com

(1) kamotocentre.com, page  Congo, une réflexion

(2) Hilary Clinton, le Temps des décisions, Fayard, 2014.

(3) “Why did the RPA attack the UPDF? Part of the speech President Museveni delivered to MPs on August 30, 1999, about Uganda’s invasion of the Democratic Republic of Congo, where the UPDF later fought with their Rwandan allies. Here, Museveni explains the ideological differences between Uganda and Rwanda on DR Congo’s political situation then.             Museveni: They think that taking short cuts here and there will get them to their aim. Another explanation I have been hearing is that the RPA wanted to dominate Congo but that we are stopping them. For our part, we are interested in empowering the Congolese and it seems the Rwandese do not like it. However, even if we were obstructing whatever plans they had on Congo, how did they think that they could attack us and get away with it? It is very short-sighted, indeed.                                      Another explanation which could make some little bit of sense could be that they wanted to kill Wamba. Wamba’s leadership has got some potential because they are intellectuals; they are from different parts of Congo; and they can be an important force in the future. If the Rwandese leaders think that this potential interferes with whatever interests they may have in Congo, they may want to eliminate them. But even then, where would that leave them in respect of the rest of Africa; and in respect of Congo itself?”

 

 

 

 

UDPS: réinventer l’avenir du parti

Par Dr Florent Pumu

Personne ne nie aujourd’hui l’affaiblissement politique de l’UDPS. Seulement quelque soit la période de vaches maigres que traverse ce grand parti de masses, il demeure le plus grand parti politique de la RDC.  Et, avec  un peu d’ingéniosité et d’intelligence de ses leaders, l’avenir très proche amènera un sourire à jamais resté un mirage.  Aujourd’hui encore, le devenir meilleur du Congo dépend de la  bonne performance de ce parti surtout en temps que parti au pouvoir. Comme je l’ai  dit dans mes précédents écrits, le combat électoral  des prochaines échéances électorales  de la base au sommet de l’Etat se ferra ultimement entre l’UDPS et le PPRD, à moins que le pays ne connaisse le tsunami possible du  Burkina Faso qui verrait  le PPRD surement effacé de la scène politique congolaise comme jadis le MPR. A propos de ceci nous avons déjà prédit dans nos précédents écrits  que  pour le président Joseph Kabila, modifier les prescrits des articles 70 et 220 de la constitution pour se maintenir au pouvoir, serait  ouvrir une boite de pandore (1). Cette expression utilisée dans ce contexte par nous  a été reprise par le célèbre Journaliste  François Soudan de Jeune Afrique à propos de Mr Blaise Compaoré.

Un fait majeur a fait place au sein de l’UDPS. Ce fait a la potentialité de reformer de façon ‘radicale’ le modèle politique de l’UDPS pour aider ce parti  à corriger ses déficits pour le combat ultime de la conquête et l’exercice du pouvoir. C’est la publication en ce début de Novembre 2014 de « la déclaration  de la base du parti : Appel à barrer la route au déviationnisme qui s’est incrusté dans l’UDPS en l’absence prolongée de président du parti, Etienne Tshisekedi ».  Cette démarche nécessaire dans les circonstances présentes peut être simplement interprétée comme un acte de révocation de leurs postes respectifs le Secrétaire  National aux Relations Extérieures (SNRE) Mr Tshilombo Félix Antoine Tshisekedi et  le Secrétaire Général  Mr Bruno Mavungu Puati. Il faudrait rappeler que ce dernier a remplacé à ce poste Mr  Jacquemin Shabani en 2012. 

Il est reproché à Mr Bruno Mavungu «l’incompétence, la passivité et le suivisme» et à Félix Tshisekedi «l’incompétence, le trafic d’influence, l’usurpation, l’indiscipline, la trahison et l’abus de pouvoir».

La déclaration a surtout, il faut se le dire, la potentialité de provoquer la scission du parti. Les questions qui se posent sont alors les suivantes :

  1. Quel est l’état des lieux?
  2.  L’UDPS : vers une scission?
  3. Comment restaurer l’unité au sein du parti?
  4. Comment gérer une scission possible?
  5. Quelles sont en général les voies du progrès pour l’UDPS?

1. L’état des lieux

Les deux années passées ont été surement de plus difficiles de l’UDPS depuis sa création le 15 février 1982. Il faut dire que ‘l’investiture’ de  Mr Etienne Tshisekedi comme président de la RDC n’a point aidé la crédibilité du parti à l’intérieur comme à l’extérieure du pays.  Il est  vrai que la  maladie persistante de Mr Tshisekedi, même alors non accepté vraiment par le parti, n’a point favorisé cet état des choses. Mais surtout les démarches récemment engagées par Félix Tshisekedi  et Bruno Mavungu, dénoncées dans ce document, ont  encore enfoncé l’UDPS dans un anachronisme et un amateurisme  sans  comparaison dans son histoire déjà glorieuse dans la lutte contre les dictatures en RDC. Nous avons fait allusion à l’incompétence actuelle dans l’UDPS dans nos précédents écrits. Sous le titre ‘Le mal congolais’ nous disions  ceci : «Le mal Congolais, c’est l’incompétence et l’ignorance de ce fait dans le chef de la majorité d’ acteurs politiques», parlant de l’opposition et du pouvoir(2)

Nous sommes satisfaits de la position de la base de l’UDPS qui accepte avec nous que les actes posés par ceux qui effectivement dirigent  leur parti  en ces jours sont entre autres du ressort de l’incompétence. La chose la plus ridicule a été surement  la collecte des signatures à l’intention du Président Barack  Obama.  Même si l’acte a été une manipulation des masses, il a démontré  une ignorance de la part de ses concepteurs. Un simple coup d’œil sur le portail internet de la Maison Blanche allait leur apprendre que ce processus de collecte de pétitions appelé ‘we the people’, c'est-à-dire ‘nous le peuple’ ne concerne que les citoyens américains et  leur gouvernement. La suspension de cadres du parti  dont  Mr Claude Iluju Kiringa en date du 1eraout 2014 «pour manquement de discipline» et son remplacement par Mr Paul Balebela (comme intérimaire) constitue un acte d’usurpation de pouvoir de la part Mr Félix Tshisekedi.

Aujourd’hui, l’UDPS, comme la RDC, se trouve dans une impasse.  L’éloignement de la scène politique  et l’état végétatif politique de Mr  Etienne Tshisekedi  ont trop duré. La situation  sclérosante pour la bonne marche du parti et du pays perdure, des sérieux événements secouent la nation qui semble être au bord du gouffre et les échéances électorales s’approchent vite.  L’UDPS devra se réveiller rapidement et bien. Après la période post-convulsive des années Mobutu, la paralysie démocratique du pays  persiste et surtout l’incompétence de beaucoup de dirigeants du pays continue d’opérer dans un magma de déboires du peuple. Les moments interminables de désespérance de celui-ci devront rapidement être tournés en une phase nouvelle d’espoir pour tous et d’émergence d’une nation forte et prospère au cœur de l’Afrique. Le standstill politique doit faire place à une avancée rapide vers la démocratie et le bon fonctionnement des institutions de l’état. Le pays est depuis des mois  entre deux gouvernements. Le présent dont les membres continuent ‘d’expédier les affaires courantes’ alors qu’ils ont déjà perçu  leurs indemnités de sortie, et le prochain qui demeure encore un leurre. Un ami  qui s’était embourbé  dans les rangs du M23, aujourd’hui repenti, me dit depuis des mois que le prochain  gouvernement ne sera pas nommé   tant que le M23 n’arrivera pas à un accord sur ce faire avec le président Joseph Kabila. Celui-ci leur aurait proposé quatre postes ministériels mais ceci serait loin de satisfaire leurs revendications.  Est-ce la cause du blocage dans ce processus  vers ce fameux gouvernement de  ‘cohésion nationale’. C’est une possibilité.

Une  réalité  pour Mr Joseph Kabila  est que, comme son père jadis, il se  trouve encore entre le marteau de la classe politique de Kinshasa et l’enclume de ces anciens amis de l’ AFDL, CNDP et les autres Banyamulenge  qui l’ont soutenu d’une façon ou d’une autre. Sans oublier la gué-guerre des Katangais autour de lui, à laquelle s’ajouterai celle des Kivutiens, sans aussi oublier la place et la position des Bandundois, transfuges de «yandi ve », qui lui a accordé une «légitimité électorale». Pour les Kabila, le chemin à la direction du pays est comme qui dirait un passage de Charybde en Scylla. Ce passage a occasionné  la fatalité de son père. Ce n’est point un chemin agréable quelque soit le rôle ou pas que le fils  aurait joué dans l’assassinat du père. Je doute pour ma part qu’il ait joué un rôle quelconque dans cette mort triste qui a privé le pays d’un leader nationaliste de la trempe de son mentor Patrice Emery Lumumba.  Dans l’entre temps, c’est qui est devenu presqu’un simple slogan ‘Tshisekedi président élu de la RDC’  est comme un chapitre du  ‘village dans le nuage’ de Christophe Izard.

2.  Vers une scission?

La situation actuelle que traverse l’UDPS a ses prémices dans les textes de loi organique du parti issus du congrès de Kinshasa de 2010 notamment ‘les statuts modifiés et complétés’.  Il a été constaté ‘qu’il devenait impérieux de moderniser le parti, de doter l’UDPS des moyens adéquats et souples afin d’appliquer efficacement son projet de société’.   Les reformes entreprises ont aboutit entre autres à l’incorporation des attributions du Secrétariat National dans la présidence pour ‘renforcer l’exécutif national et mettre fin au bicéphalisme’. Loin de l’effet voulu de moderniser et de promouvoir la démocratie au sein du parti  la nouvelle loi organique a plutôt créé un système qui concentre trop de pouvoir au président du parti. Comme ‘icing on the cake’ comme disent les anglophones (la cerise sur le gâteau, chez les francophones), l’article 18 de statuts du parti lui ajoute un autre pouvoir, celui d’être consulté si le congrès extraordinaire doit être convoqué à la demande d’un tiers de fédérations. 

La structuration qui a conduit à la suppression des organes Collège de Fondateurs, Comite National en tant qu’organe de contrôle et la création d’un nouvel organe ‘de concertation des responsables des organes du parti’ la Convention Démocratique du Parti a aboli un mécanisme de contrebalance du pouvoir du président du parti. La CDP comme organe de contrôle aurait pu constituer un organe viable si l’UDPS avait participé dans les instances nationales du pouvoir. Du fait de sa constitution premièrement de députés nationaux, sénateurs sur la liste du parti, ministres et mandataires du parti et placé directement derrière la présidence dans l’organigramme du parti, le défaut de matérialisation de cet organe a créé un vide important pour un fonctionnement adéquat des institutions au sein de l’UDPS.

Le président et les membres de la présidence dont Mr Félix Tshisekedi (quand le président ne sait plus exercer son leadership) ne sont en fait redevables vis-à-vis de personne, le congrès ne se réunissant que tous les cinq ans. En plus le président nomme et révoque presque tout le monde.  Une autre disposition de textes de loi  relative à l’intérim du président du parti, article 27, stipule ceci : ‘En cas de décès, de démission, d’empêchement définitif du président du parti, le président de la convention démocratique assume son intérim (…)’. Cette disposition ignorant un empêchement assez long pour paralyser le fonctionnement du parti, comme c’est le cas aujourd’hui, ajoute à l’imbroglio.

C’est donc de toute cette situation dans l’organisation de l’UDPS que Mr Félix tire profit. Ainsi, en s’emparant du rôle de président du parti, il peut régner presqu’en maître absolu. En fait, les textes qui régissent  l’UDPS fait de son président un vrai  ‘lider maximo’. Le terme lider ou  leader maximo est un terme négatif, inventé par les anti-Castro(Fidel)  pour marquer le fait qu’ils le considéraient comme un dictateur qui avait le maximum de pouvoir.

La déclaration de la base ouvrant donc la voie à une possible scission de l’UDPS, nous risquons donc bientôt de nous retrouver avec deux ou trois UDPS. Avec cette lancée en  boulet de canon, il est invraisemblable de voir  Félix retrouver les rangs et se conformer  aux règles du parti pour un but commun.

 

3. Comment préserver l’unité du parti

La base de l’UDPS peut chercher à éviter une scission en cherchant une médiation des parrains politiques du parti s’ils existent. De toute façon, malgré les foules amassées lors de ses passages entre autres au Kasaï et Katanga, Félix Tshisekedi a autant d’ennemis que d’amis au pays et à l’étranger et surtout n’a pas le profil nécessaire pour diriger un parti comme l’UDPS. Déjà, les officiels du Département d’ Etat américain que j’ai rencontrés  en février 2014 ne lui attribuent aucun poids politique majeur.  Bruno Mavungu est encore moins recommandable pour un poste de Secrétaire Général de ce grand parti. Le congrès extraordinaire devra trancher sur leur cas. La non-soumission aux décisions et recommandations du congrès sur leurs positions futures au sein du parti devrait amener à leur isolement rapide. Avec Félix qui se considère ‘Heir to the throne’, l’unité du parti pourra s’obtenir par ce j’appelle une seconde intention, c'est-à-dire sa révocation dans le fait et son positionnement dans un autre poste de responsabilité au sein du parti dans le futur. Il a surement un grand rôle à jouer dans ce parti s’il sait se conformer aux normes établies.

 

4. Gérer une scission  éventuelle

Comme dit ci-haut, avec  le momentum pris par Mr Félix Tshisekedi dans ses démarches de d’hériter l’imperium au sein du parti, il  faudrait déjà réfléchir sur comment résoudre cette crise. Dans tous les cas, l’UDPS  ne sera pas le premier cas dans l’histoire des grands partis politiques du monde de connaitre une scission. L’histoire politique française, par exemple, est pleine de scissions des partis de Gauche comme de Droite. Mon ami Mr Emmanuel Nkunzumwami, candidat à la présidence du parti  UMP peut vous en raconter des récits. Gérer la scission sera facile du moment où l’aile de la base initiatrice de cette déclaration continuera surement dans la démarché de la démocratisation, la modernisation  et  la bonne gouvernance du parti. Le succès ici passe par ce que j’appelle les voies du progrès pour l’UDPS.

 

5.  Les voies du progrès

Le parti qui milite pour le progrès social en RDC, doit suivre certaines voies pour son propre progrès. Celles-ci passent premièrement par une modernisation et une vraie démocratisation des structures du parti.  La notion de ‘leader maximo’, c'est-à-dire une notion patriarcale du leader devra cesser. Cela va de soi pour tous les grands partis politiques de la RDC. Une élection digne à la tête du parti  avec encouragement des plusieurs candidats si possible et une élection des présidents des fédérations sont recommandables. Démocratie implique  participation des membres dans le processus démocratique. Si les millions de membres de l’UDPS ne peuvent pas être grands électeurs pour élire le président suprême lors des congrès du parti, élire les présidents de leurs fédérations est une bonne pratique de la démocratie au sein du parti.

Aux congrès, toutes les cinq années, devront être ajoutées  des conventions annuelles ou  bi-annuelles effectives pour accroitre la redevabilité du président du parti et de son équipe.  

Les discussions sur le programme d’un éventuel gouvernement de l’UDPS devront  cesser de demeurer des dossiers secrets. Dans les démocraties modernes, ce qu’on appelle ‘policies’ sont généralement du domaine public pour accroitre l’attrait vers le parti par la persuasion. Ceci  permeta aussi un examen minutieux de la part du public et des medias. Cela va de soi aussi pour  tous les partis politiques du pays.

Dans le cas particulier de la crise actuelle, il faudrait concrétiser le verbe par le fait. Les leaders de signateurs du document de Novembre 2014 devraient d’urgence convoquer, et cela  à tout prix, un congrès extraordinaire avec ou sans consultation du président du parti.

Ce congrès devra légitimer les décisions prises à savoir la révocation de  Mr Félix Tshisekedi et Mr Bruno Mavungu de leurs postes respectifs au sein de la présidence du parti, et surtout élire un président ad-interim. Il aura aussi pour tâche de redéfinir la politique générale du parti face aux enjeux actuels. Il faudrait au parti de disposer de moyens de sa politique. Une considération  importante devra être faite sur la réintégration du sein du parti  du groupe parlementaire de l’UDPS dirigé par le député Samy Badibanga.

Comme je l’ai dit plusieurs fois au professeur  Vangu Willy Mboyo-Di-Tamba et dernièrement encore à Mr Claude Kiringa, éminents membres de l’UDPS encore un peu dans l’ombre, l’heure a sonné pour eux  et autres grands activistes comme Mr Valentin Mubake de prendre leurs responsabilités devant l’histoire  pour le bien de la RDC. Le devenir politique de la RDC dépend encore beaucoup de la performance de l’UDPS. Comme dans une course de relais, surement qu’il est temps pour Mr Etienne Tshisekedi de passer le bâton aux autres. Cet homme, sous la direction de qui j’ai milité dans l’USORAL est un véritable héros national encore vivant. Il a livré une bataille de géant. A 82 ans, il lui faut un repos bien mérité. Dans la couse de relais, on sélectionne les meilleurs athlètes pour le grand prix, surtout le dernier de la rangée pour la ligne d’arrivée. Pour ce faire, malgré toute la sympathie qu’on peut avoir pour Mr Félix Tshisekedi et Mr Bruno Mavungu, ils ont encore un chemin à faire pour mériter  les postes qu’ils occupent dans la direction de l’UDPS. Apres les autres géants, Kibassa, Mbwankiem, Lihau, etc., il est plus que temps pour l’UDPS de réinventer son avenir, ce futur est déjà ces jours que nous vivons. Sortir le Congo de la pauvreté en notre génération est  le mot d’ordre.

Sinon, l’UDPS doit ne pas avoir honte de faire appel, comme le font des grands partis du monde, à des experts pouvant les aider à s’en sortir…

Ref : (1), (2) Lire mes précédents écrits sur www.kamotocentre.com

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Dix raisons  pour le départ du président Joseph Kabila en 2016.

Par Dr Florent Pumu, M.D., Kamoto Centre

 1. Du contrat social 

Un mandat politique est un contrat social, un pacte social.  Jean-Jacques Rousseau dans son livre célèbre publié en 1762 ‘Du contrat social ou Principes du droit politique’  a établit le principe universellement accepté que toute légitimité politique se fonde sur la communauté et la volonté sociale.  Nous savons par ailleurs que la souveraineté est  inaliénable et infaillible ; c’est à dire le peuple souverain  ne peut pas voter des lois contre soi-même. En votant massivement pour une constitution qui  interdit  au président Joseph Kabila trois mandats successifs, le pacte social entre le peuple congolais et  son régime est de le voir partir en 2016 et ainsi, pour la première fois, d’inaugurer l’alternance pacifique. Les grands hommes d’états  sont ceux qui respectent leurs  peuples et  souscrivent  à leurs engagements dont celui de respecter les textes institutionnels  et les mandats politiques. Ces engagements ont été repris par Mr  Joseph Kabila lui-même comme on pourra le lire  dans la suite de cet article.

2. De la défense et la sécurité du pays 

Dans son discours d’investiture le 17 janvier 2001, c'est-à-dire il y a treize ans, le président Joseph Kabila dit ceci (texte traduit de l’anglais) : « Ensemble,- parlant de chers compatriotes-, sans exceptions, nous devons nous armer avec courage, détermination et esprit de sacrifice pour confronter et gagner les présents challenges qui sont à la fois nombreux et complexes ». Il poursuit,  «parmi ces challenges, j’aimerais mentionner avant tout l’établissement de la paix et la consolidation de la cohésion nationale ». Il promet d’amener la paix par des voies militaires, politiques et diplomatiques et de préserver les attributs qualifiés par lui-même de la république à savoir l’indépendance, la souveraineté, l’intégrité territoriale  et l’unité nationale.

Par ailleurs dans son interview avec Mr Jeffrey Gettleman publié le 3 avril 2009 (New York Times), à la question de savoir le type d’obligations et promesses au  peuple congolais, il répond : l’obligation de protéger la population.

Si l’on ne peux pas douter de son engagement d’avoir accepté le devoir d’accéder  à la magistrature suprême et de remplir cette obligation avec ‘responsabilité, fidélité et amour de la mère-patrie’ comme  il a souligné lui-même alors , une seule lecture de l’actualité du Congo en ce seul jour du 16/10/2014, est une indication claire que Mr Joseph Kabila, malgré quelques succès indéniables, est entrain d’échouer dramatiquement dans l’exercice des responsabilités liées à la fonction de chef de l’état de la RDC. «It is not good enough Mr President ! », dirait un opposant au parlement britannique. Sa promesse de ‘protéger la population’ est encore élusive.  Loin de nous l’idée de prétendre que sa tache est facile. Nous faisons seulement un constat d’échec sur ce plan basé sur les faits.

Une  lecture pour référence de la Radio Okapi  on-line sur leurs pages telles que publiées en ce jour de 16/10/2014 comprends ces informations :

-‘Nord-Kivu : 27 morts dans une nouvelle incursion armée à Beni. La société civile de Beni attribue ces attaques aux rebelles ougandais des ADF’. Nous en avons vu les cadavres sur différents medias.

- ‘Sud-Kivu, recrudescence de l’inscrite à Kiliba et ses environs’.

- ‘Les habitants de Mutarule qui ont trouvé refuge à Sange et ses environs à cause de l’insécurité refusent de retourner dans leur localité’.

- ‘trois fosses communes ont été découvertes à Nyakabila, un village situé à environ 35 km au sud de Beni (province oriental). Elles contiendraient trente-et-un corps de personnes tuées par des miliciens de la FRPI de Cobra Matata’.

Et la série macabre continue.

Ce sont ici des faits qui traduisent de façon indéniable  la faillite de régime dans les engagements déjà pris en 2001 de restaurer l’intégrité territoriale du pays et la protection des populations. Si treize années de pouvoir n’ont pas suffit au régime de remplir ces engagements pris solennellement, 2016 est l’année de passer le pouvoir à une personne qui a la prétention de faire mieux même au sein du PPRD.

  3. De l’économie et du social

C’est vrai que le Congo connait depuis les quatre dernières  années une amélioration claire des indicateurs macro-économiques avec un taux de croissance autour de 8 pourcent en 2013, 2014 et une estimation de 8.5- 10% en 2015. Cette croissance louable  plus liée aux industries extractives  avec une augmentation  entre autres de la production du cuivre (statistiques de PEA- Perspectives Economiques en Afrique) et à la politique monétaire de la BCC (Banque Centrale du Congo).  Seulement la croissance est  liée au PIB (Produit intérieur Brut), or les insuffisances  de cette mesure macroéconomique sont notoires. Elle n’est point un indicateur  du niveau de vie et donc de la richesse et la prospérité de la population à causes de fortes inégalités de revenues entre les habitants. C’est en rapport avec ce décalage que l’ONU avec l’aide de PNUD a mis en place depuis 1990 la mesure de l’indice de développement humain IDH. Ce dernier plus réflecteur de la réalité économique  tient en compte non seulement du PIB, mais aussi des éléments qui touchent directement  à chaque individu  entre autres  l’espérance de vie  à la naissance et l’accès à l’éducation. On sait par ailleurs que  vis-à-vis de cet indice plus plausible, le Congo n’a simplement  point   évolué sur le plan économique pendant les treize années de joseph Kabila  à la tête du pays. Comme le souligne PEA : ‘Malgré ses richesses naturelles, la RDC reste l’un des pays les plus pauvres  pays pour l’IDH de la planète, et participe faiblement aux chaines de valeur mondiales. Face à un contexte social fragile, l’économie congolaise devrait se mettre au service du développement humain’ (187ème sur  187 pays en 2014 de l’IDH).

Si aujourd’hui encore il existe des gens qui pensent et soutiennent avec véhémence qu’il  n’existe pas de congolais qui peuvent constituer  une équipe de gouvernants plus compétente  alors acceptons que dans l’échelle de ‘civilisations et civilisations’, nous constituons des moins-hommes, incapables de nous auto-administrer donc bons pour la recolonisation.

 4. De l’unité du pays 

Depuis le chaos de l’élection présidentielle et législative de  2011, la société congolaise est  très divisée entre les partisans de Joseph  Kabila et une grande partie de la population à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Cette division  s’est cristallisée dernièrement entre  le pouvoir et la composante la plus grande de la société civile congolaise à savoir l’église catholique. Les actes d’agression et ‘de barbaries’ perpétrés contre les prêtres le 12/10/2014 au diocèse de Tshiumbe (Lodja) par ceux que CENCO a qualifié ‘d’inciviques’ dans sa condamnation puis la dévastation le même jour d’un couvent de Relieuses en constituent  une preuve. L’élément prééminent  ici demeure encore  le lynchage en Europe d’apparatchiks du pouvoir dont le tout dernier est celui du gouverneur de la ville de Kinshasa Mr André Kimbuta  à l’aéroport  de Zaventem en Belgique en ce début d’octobre 2014.

Tout récemment encore, le président  Joseph Kabila  a reconnu  les conséquences néfastes de cette division dans la société Congolaise dans  son discours devant la 69ème assemblée des Nations Unies (Septembre 2014). Il fait allusion à «La tenue des Concertations Nationales depuis le 7 septembre 2013 dont l’objectif est la recherche de la cohésion nationale pour mieux faire face à tous les défis que la nation Congolaise est appelée à relever ».

Nous savons tous  que ces  fameuses concertations  ont failli  dans leur mission ‘d’assurer la cohésion nationale’.  Le souci exprimé par la Majorité Présidentielle de voir Kabila briguer un troisième mandat présidentiel  ne fait qu’exacerber cette division. Il est  prévisible que ce fossé de séparation connaitra  une extension exponentielle si  à l’orée de 2017, Mr joseph Kabila  est encore le magistrat suprême de la RDC. N’en déplaise a ceux qui veulent croire au contraire, La machine répressive peut  continuer  à jouer son rôle ;  tout changement d’ordre constitutionnel  au Congo pour voir celui-ci continuer comme président  représente un danger  claire à la stabilité du pays en raison de  l’opposition  farouche  et en masse qu’elle va susciter. Dans le souci d’éviter ce danger prévisible  au Congo, je crois que pour son amour proclamé pour la mère- patrie le président Joseph Kabila aidera beaucoup  ce pays et entrera  vraiment dans l’histoire glorieuse de toute l’Afrique s’il prépare le plutôt possible  une transition pacifique du pouvoir au Congo. Ce géant  pays aux pieds d’argile lui en sera reconnaissant. Il respectera ainsi sa parole d’officier militaire en référence au point 5 de cet article. Il entrera ainsi dans ‘la cours des grands’ composée des hommes d’états comme Jerry Rawlings, Thomas Sankara,  Nelson Mandela, Patrice Lumumba, etc. A l’opposer de celle-ci, il ya ‘la cours de l’opprobre’  composée des  gens comme Mobutu Sese Seko, Marcos, Idi Amin, Dadis Camara, les Duvalier, Mugabe, Bokassa…

 

5. Du respect de la parole donnée 

Pour obtenir le ‘non’ à l’indépendance de l’Ecosse vis-à-vis de la Grande Bretagne, le trio David Cameron,  Ed Miliband et Nick Clegg  avait promis des pouvoirs d’autonomie plus grande à la première. Au lendemain de l’élection, David Cameron  a semblé vouloir revenir à cette promesse. Les membres de son propre parti politique ont vite monté au créneau pour lui rappeler qu’une promesse faite solennellement au peuple doit être respectée. Le caractère des grands hommes est de savoir respecter leurs promesses.  Mr Joseph Kabila a promis au cours de cette interview , dont je reproduis ici  les extraits, qu’il ne se représentera  point comme candidat en 2016, ni ne changera la constitution pour le faire  en conversation  avec François Soudan de Jeune Afrique en Juin 2007 :

Question : Quand l’armée sera-t-elle en mesure d’assurer la sécurité intérieure et extérieure de pays ?

Réponse : Chaque jour, cette armée monte un peu plus en puissance. Je me suis donné deux ans pour former des unités combattantes capables de défendre notre intégrité nationale. 

Question : La constitution vous donne droit a deux mandats de cinq ans, vous devez donc, si vous êtes  réélu, quitter le pouvoir au plus tard en 2016. A l’âge de 45 ans. Ne serez-vous pas tenté de faire modifier cette constitution pour demeurer aux affaires ?

Réponse : La constitution est sacrée.

François Soudan : Certains de vos pairs l’ont dit. Avant de changer d’avis.

Réponse : Mais Joseph Kabila n’est pas comme les autres. J’ai donné ma parole d’honneur en promulguant cette Constitution, je n’y toucherai donc pas. Le pouvoir use. Il faut savoir s’arrêter.

Question : Doit-on vraiment vous croire ?

Réponse : je vous donne ma parole d’officier. Que voulez-vous de plus.

 Je n’ajoute qu’un seul commentaire ici : il dit : « je  vous donne ma parole d’officier ». J’ose encore croire que Mr Joseph Kabila n’écoute pas les chants de sirènes des farfelus comme Kin-Key Mulumba ; le faire constituera une grande négation de ses propres convictions et  indigne d’un vrai homme d’état.

 6. De la prolifération des antivaleurs

Répondant à une question de Mr Jeffrey Gettleman (New York  Times du 3/4/2009), Mr  Kabila dit ceci (Traduction de l’anglais) : « Mobutu a dirigé ce pays (RDC) pour plus de 37 ans. Il a créé une mentalité dont nous n’avons pas encore pu nous débarrasser. Les anciennes méthodes sont mauvaises : corruption, mauvaise gouvernance, mauvais management et tout cela. Nous n’avons pas trouvé assez de  temps d’éduquer et former nos propres cadres. Vous n’avez pas besoin de mille personnes pour transformer un pays. Non, vous avez besoin de 3, 4,10, 15 personnes ».

Treize  ans années de pouvoir  déjà, ces antivaleurs sont plus que florissantes.

Un simple fait : D’après le document sur l’extension de la corruption en RDC (Transparency International)  accessible sur les liens de kamotocentre.com, il est dit ceci : ‘La corruption continue to porter atteinte à l’économie et l’administration. Toutes les données disponibles et les rapports du pays indiquent des formes persistantes, répandues et endémiques de corruption qui touchent toutes les couches de la société. Cette situation est  reflétée à travers de tous les indicateurs majeurs universels de la gouvernance.

 Il ya aussi plus que jamais une éclosion des antivaleurs qui touchent  à la dépravation des mœurs, la prolifération des phénomènes  des enfants de la rue, la prostitution, le rabais du respect rattachable aux  hautes fonctions de l’état avec des gouverneurs de régions, les parlementaires, les ministres qui sont  ‘glorifiés’ dans des chansons vulgaires au même titre que les communs de mortels. La commission de censure musicale et audio-visuelle a cessé depuis l’époque de Mobutu de jouer son rôle. Le congolais est devenu la risée du monde et  indésirable même dans plusieurs pays. Pour une dignité restaurée et l’assainissement des valeurs du pays, il faut une administration plus efficace qui  priorité la restauration de l’autorité de l’état et la lutte contre les antivaleurs dont la corruption, la dépravation des mœurs, l’abandonnement de l’enfant congolais dans la rue, les groupes de Kuluna et les groupes armées.

7. De la démocratie 

La démocratie est la seule garantie de la stabilité à long terme de tout pays. Le présent événement à Hong Kong comme le massacre de Tiananmen  square en 1989 (Chine), les troubles récents au Lesotho (8/2014) et la présence continue de l’ADF et les FDLR  sont des évidences d’un fait : Tout peuple aspire à la démocratie, à la liberté et à une participation active dans la vie politique de son pays. Il souhaite élire librement ceux qui le dirigent et surtout  le démettre de leurs fonctions au terme des mandats pré- établis. Ceci constitue  l’essence de la démocratie. Celle-ci  n’a pas besoin d’être truquée par des élections trompeuses ou des modifications  intempestives des textes de lois pour se maintenir au pouvoir. Beaucoup  l’ont déjà fait et  se sont presque tous retrouvés dans la poubelle de l’histoire.

 En effet, le peuple n’est demeure pas stupide. « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps », Abraham Lincoln dixit.  Le peuple sait reconnaitre le régime non- démocratique même quand les élections ou les referendums  sont organisés. Le Congo a connu plusieurs élections à l’époque de Mobutu ; malgré tout,  le pays était  réputé à l’intérieur comme à l’extérieure  être une dictature. Cette mauvaise réputation du pays demeure encore, perpétuée par les  résultats  ridicules de l’élection de 2011(Une seule référence Democracy Index).

« Apres-moi, le déluge » ne cessait  de préconiser le maréchal  Mobutu. Pourquoi en  serait-il le contraire quand il incarnait tout le pouvoir de l’état ?  Un pays à ‘homme fort’ est généralement plus facile à démanteler qu’un pays  avec une démocratie établie. Si la Libye était  un pays démocratique et non la caricature de l’organisation étatique de la ‘Jamahiriya’ qui n’était qu’une  sorte de Parti-état ,  le pays ne descendrait  pas dans le chaos présent. Il est plus facile de préserver l’organisation  d’un pays dans une démocratie que dans une dictature où tout est centré autour de l’homme fort. Une fois celui-ci  neutralisé d’une façon ou d’une autre, il s’ensuit un chaos difficile à contrôler.  C’est le cas de la RDC, la RCA, la Libye, la somalie etc.  Une dictature  est aussi plus contrôlable de l’extérieur avec un leader facile de succomber au chantage surtout des puissances étrangères. Il est aussi facile de corrompre un seul homme que tout l’appareil étatique.

La démocratisation du Congo aujourd’hui passe inéluctablement  par le respect de la constitution de 2006 notamment  des articles 220 et 70. Il en va de la stabilité à cours, moyen et surtout long terme du pays.

 8. Des droits de l’homme

Le bilan de l’administration Kabila sur le respect de droit de l’homme et la liberté de citoyens et de la presse est notoire et très sombre. La liste de victimes  et prétendues  victimes  de la répression  est très longue. Au Congo, le lien entre le pouvoir et la justice  n’est trop loin été rompu.  De fait de la dépendance de grandes nominations dans l’appareil judicaire du pouvoir en place, celui-ci est simplement assujetti  au dernier. Les services secrets  ne sont redevables que vis-à-vis de leur  chef qui généralement reste muet comme une carpe face aux déboires de ses concitoyens un peu comme dans un silence complice que beaucoup n’hésitent même pas à qualifier d’instigateur.  La simple invocation des mots DEMIAP, ANR, etc. vous donne froid aux dos a beaucoup comme jadis les CNRI, CND, CNRI, SNIP de l’époque Mobutu : Floribert Chebeya,  Armand Tungulu,  Anselme Masasu, pasteur Albert Lukusa Luvungu, Eugene Diomi Ndongala, pasteur  Fernando Kuthino, Jacques Chalupa, Jean-Bertrand Ewanga,  les membres du Bundu Dia Congo, etc.

Le régime de  Joseph Kabila  a failli  dramatiquement dans la mission qu’il s’était lui-même donné de ‘protéger ‘les hommes, femmes et les enfants exposés à l’ignominie de l’atteinte à leur droits humains de base au pays comme à l’étranger .Viols massifs, massacres, enfants soldats, populations déplacées,   expulsions massives, l’impunité sont tous les maux qui caractérisent le pays. Tout ceci est du domaine  de la bonne gouvernance. Gouverner, c’est  la fonction d’organiser et d’administrer un territoire donné. Cette fonction est liée à une compétence. Il y a beaucoup de gens dont des amis personnels  qui se nourrissent de mamelles du régime  Kabila. Je comprends leur souci et obstination de voir le régime se pérenniser, le revers de la médaille est ceci : il est question ici des milliers de ceux qui perdent leurs  vies, des populations qui sont massacrées à longer des journées, des enfants victimes de  guerres, de  maladies et d’autres formes de privations. Aucune moralité ne justifie un soutient  à ce régime aujourd’hui et surtout au delà  de 2016. Il en va aussi de la dignité de tout un peuple et d’une nation.

 9. De la légitimité présente du pouvoir

Le réme de Kabila souffre d’une crise de légitimité certaine. Les tenants du pouvoir, malgré leur arrogance tous azimuts sont bien conscient de cela. Voila pourquoi, ils continuent dans des démarches  hors-cadre du  fonctionnement normal d’un état. Les concertations nationales  en constituent un exemple claire avec leurs 679 recommandations dont les résolutions  sont dans la grande majorité  inapplicables  parce que simplement non-conformes  au fonctionnement normal des institutions du pays.  Il y a aussi ce fameux gouvernement dit de ‘cohésion nationale’ dont l’avènement  a  été décalé des plusieurs mois parce qu’également dénué de toute pertinence.  Cette situation a par ailleurs eu un  impact néfaste dans le fonctionnement de l’appareil de l’état avec  le gouvernement de  Mr Matata Ponyo  contraint d’expédier les affaires courantes pendant tout ce temps des politicailles. On parle encore d’une autre volonté de ‘dialogue’. 

Le manque de légitimé fait que la marche du pays est entravée par des gros boulets aux pieds alors que les voisins comme le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Uganda, l’Angola continuent  leur envolé vers l’Emergence.  Un seul acte devra  résoudre le problème de légitimé du pouvoir en RDC, les élections libres et démocratiques dans les respects des dispositions constitutionnelles actuelles en 2016.

10. De la compétence de l’administration 

Dans un pays dirigé par un’ homme fort’, questionner la compétence de  son administration peut relever  du domaine de l’’ outrage au chef de l’état’ et  surement être passible d’une peine de prison. C’est encore la logique ‘des animaux malade de la peste’ du Jean  de La Fontaine.

L’administration d’un pays est un acte très complexe qui implique plusieurs secteurs de vie et des jugements de valeurs. Les critères d’appréciation du succès  parfois deviennent subjectifs. Par exemple, une personne comme Margaret Thatcher en Grande Bretagne est une figure controversée. Pour beaucoup, elle a révolutionnée l’économie du pays, pour les autres il a détruit son industrie et son tissu social. Cela devient parfois une question d’opinions. Seulement pour les cas du la RDC, c’est plutôt un fait toute valeur considérée. Tous les indices de performance dans l’échelle du développement humain nous classent dans les derniers rangs de la classification. Et ceci de façon constante. Considérez tous  les domaines de la vie d’une nation : revenu par habitant, accès à l’éducation, la sécurité, la santé, droits de l’homme… dans quel domaine sérieux le Congo peut se faire valoir? Delà  à s’interroger sur la compétence des dirigeants actuels du Congo, il n’ya qu’un pas que j’ai franchi il y a bien longtemps. Et je le dis dans un de mes articles publié dans le Journal Le Potentiel  à Kinshasa et  encore  accessible dans notre site internet www.kamotocentre.com, lien ‘Congo, une réflexion’. Le titre est ‘ le mal congolais : incompétence et ignorance de ce fait des acteurs politiques.

La compétence a bien un nom :

  1. L’organisation d’élections simplement  respectables comme  par exemple au Kenya. Pas les ballots de votes qui s’accumulent  sur le sol de la Fikin, pas des suffrages exprimés qui dépassent le nombre d’électeurs.
  2. Un gouvernement qui vient avec un plan de gouvernance avec des critères de performance simples et bien définies dans le temps par exemple réduction du  taux de pauvreté ou de la mortalité infantile de tel pourcentage au bout de tel nombre d’années, accroitre la production agricole, énergétique de mais ou du riz d’au tant à autant dans tel délai. Pas ce qu’on dans les programmes quinquennaux accessibles sur le portail officiel de la Primature de la république  qui semble être ce qu’on appelle en anglais un window-dressing.
  3. Recouvrer  l’intégrité territoire avec toutes les forces négatives plutôt neutralisées  et les étrangers comme les FDLR  chassées  du territoire national dans un délai clair par exemple de 3 à 5 ans plutôt que de les inviter  a occuper une partie de la  Province Orientale.
  4. Avoir une administration moderne du pays avec des entités bien délimitées est bien fonctionnelles avec une redistribution des revenues  selon les normes constitutionnelles  et non pas une constitution de 2006 qui définit  25 provinces  et la ville de Kinshasa qui n’existent pas en réalité huit ans plus tard.

 

  1. Une adhérence aux prescrits de la loi budgétaire votée par le Parlement de la République.
  2. Une politique qui limite la prolifération des partis politiques. Plus de 400 partis politiques au pays n’est est simplement un sarcasme politique.
  3. Une décentralisation territoriale effective  susceptible de générer  de façon rapide la vie de la pauvreté.
  4. La  vraie consolidation de la démocratie dans toute son essence
  5. La liberté de la presse.
  6. La séparation du pouvoir et la redevabilité des pouvoirs publics.
  7. Une décentralisation territoriale effective  susceptible de générer  de façon rapide la vie de la pauvreté.
  8. La  vraie consolidation de la démocratie dans toute son essence
  9. La liberté de la presse.
  10. La séparation du pouvoir et la redevabilité des pouvoirs publics.

 

 

La démocratie africaine est-elle au bout du canon?
 
Par Louis-Marie Kakdeu PhD & MPA (*) 

 

La
 démocratie africaine est-elle au bout du canon ?
Le zèle avec lequel l’ex-rebelle ivoirien, Guillaume Soro, a présenté le 11 juin 2014 la rébellion à l’Assemblée nationale du Cameroun, pourtant siège de la loi, ouvre le débat sur le sens de la libération de l’Afrique et de la démocratie. En rappel, le coup d’Etat militaire a permis depuis 1999 de créer plusieurs alternances à la tête de l’Etat ivoirien mais, le bilan démocratique reste mitigé. Aussi, depuis les années 1960, l’Afrique a connu une multitude de coups d’Etat militaires. Pourtant, aucun des pays concernés n’est compté parmi les 30 premières démocraties du monde. A l’heure du bilan, la question est donc de savoir si l’Afrique est sur le bon chemin. La rébellion armée et/ou la prise du pouvoir par la force sont-elles un mode fiable de libération ou de démocratisation?
La rébellion pourrait être, en dernier recours, une solution pour libérer le peuple de la dictature mais  il faut nuancer l’appréciation. Par exemple, on parle souvent d’exception malienne en référence au coup d’Etat militaire d’ATT (Amadou Toumani Touré) en mars 1991 qui avait permis de mettre fin à la dictature féroce de Moussa Traoré. Mais la présidence du même ATT n’a pas permis d’apporter « le salut » promis au peuple. Au contraire, elle a débouché sur plusieurs rébellions et un nouveau coup d’Etat le 22 mars 2012 dans le but de faire « le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat ». La situation au Mali de nos jours est dramatique, ce qui veut dire que la solution réside moins dans le coup de force que dans la création d’une société plus juste et égalitaire.
En effet, la démocratie suppose l’autonomie et la stabilité de l’Etat. Or, la rébellion déchire la société bien qu’elle soit susceptible de déboucher sur l’alternance au pouvoir. Dans des contextes où la conquête du pouvoir est force de loi, la psychose permanente de l’imminence d’un putsch compromet la mise en œuvre des politiques publiques pertinentes sur le long terme et empêche la construction de la confiance dans les institutions de l’Etat et donc, la pratique démocratique. Par exemple, le Bénin a connu depuis les indépendances 18 coups d’Etat et alternances au pouvoir sans qu’on ne puisse dire avec exactitude par rapport à d’autres pays africains que ces coups d’Etat, commandités pour la plupart par des forces étrangères, ont favorisé la souveraineté et la stabilité de cet Etat.
La démocratie suppose aussi le respect des libertés fondamentales et des règles de droit. Or, la rébellion armée est un acte illégal qui installe le chaos propice au règne du non-droit à durée indéterminée : « On sait quand la guerre commence mais  on ne sait pas quand ça finit », dit-on.  De plus, les hommes forts installent des états d’urgence, des lois discrétionnaires contraires à la pratique démocratique. C’est le cas de la République centrafricaine où la rébellion lancée par la Séléka a conduit au chaos pendant que les prétendus « libérateurs » de la dictature de Bozizé savourent égoïstement leurs « sorties honorables » à l’abri des armes.
La démocratie suppose surtout l’ouverture de la sphère publique avec notamment le respect des libertés d’association et des libertés d’expression. Or, la rébellion armée ne respecte pas la libre circulation et l’intégrité physique ou morale de l’opposition et de la société civile. En Côte d’Ivoire, l’ex-rébellion n’a pas toujours assuré la libre circulation dans la zone du nord sous son contrôle. Par exemple, l’accès à Odiénné a été refusé au chef du principal parti d’opposition (FPI) ce 6 juin 2014.
La démocratie suppose par ailleurs la participation et la représentation du peuple dans les instances de prise de décision. Or, la prise de pouvoir par la force ignore la volonté du peuple. Par exemple, la psychose des arguments de la force a permis de consacrer sans consultation le système de la Françafrique qui sert les intérêts égoïstes d’une élite prédatrice en dépit de ceux du peuple affamé et dépourvu de moyens de pression. Aussi, comme en Libye, Egypte, Mali, la rébellion a donné tout ou partie du pouvoir aux groupuscules religieux qui ont l’intention d’instaurer la charia comme mode exclusif de gouvernement.
La démocratie suppose encore la libre compétition dans la course au pouvoir. Elle suppose même l’égalité des chances et de traitement. Or, la rébellion armée impose un chef suprême et un organigramme de guerre en décalage avec les exigences de gestion d’une société libre. Le citoyen obtient sa légitimité par sa participation aux combats, ce qui fait des guerriers, « les hommes forts » de la société. La force des arguments cède la place à la force des armes.
La démocratie suppose enfin la transparence et la bonne gouvernance. Or, la rébellion armée ouvre la voie aux pillages, aux enrichissements illicites et à l’exploitation impériale des ressources naturelles. Sur le plan historique, les putschs en Afrique n’ont permis que d’inverser les rapports de force dans la gestion rentière des ressources naturelles. En Côte d’Ivoire, la rébellion de 2002 avait pour prétexte la lutte contre la politique inégalitaire de l’ivoirité, pourtant les tiers-gagnants au pouvoir ont aussi lancé la politique du « rattrapage ethnique ». On parle même du « règne des Bakayoko » en référence à la présence des Bakayoko à la tête des principales institutions stratégiques.
En conclusion, nous disons que la prise de pouvoir par la force est parfois la seule alternative face à la dictature mais elle n’a pas jusqu’ici contribué à installer la démocratie et à changer le système de prédation qui mine l’Afrique. La rébellion et le pouvoir demeurent ethniques ou religieux et l’alternance au pouvoir provoquée, à quelques exceptions près, n’est qu’un jeu de chaises musicales qui permet de transférer la gestion patrimoniale de l’Etat d’un clan à l’autre. La rébellion de Mandela contre l’apartheid est peut-être l’exception qui confirme la règle sous réserve de la discussion sur la discrimination positive des Blancs.
 
 (*)Louis-Marie Kakdeu PhD & MPA, est analyste pour Libre Afrique Articles publiés en collaboration avec www.libreafrique.org | Jeudi 21 Août 2014
Maxime, Dr Florent et Norbert X Mbu Mputu

Le Mal Congolais: incompétence et ignorance de ce fait des acteurs politiques

Par Dr Florent Pumu                                                                                           Twitter  @flopumu or @KamotoCentre

 « Tous dans un même sac », disait mon ami Norbert X Mbu  Mputu, « politiciens de l’opposition et du pouvoir. Ils brillent par une incompétence et ignorent  qu’ils sont simplement  non –préparés à leur tâche d’administrateurs publics. Et, pire, ils croient que le commun des mortels a yeux et oreilles dans les poches. Pire, contrairement à certains pays où les ‘politiques’ invitent spécialistes et experts pour les évaluer et les mettre à jour, au Congo de Lumumba, ils s’embrouillent souvent dans une arrogance qui ne dit pas son nom. Alors, les crises qui se perpétuent ».

Venons à un fait. Un matin de 1991 dans  la parcelle du feu  Mr Joseph Iléo Songo Amba un groupe de jeunes de l’USOR(1) dont je faisais parti a eu un débat chaud avec lui sur l’administration de l’organisation. Nous savions alors que rencontrer Abdoulaye Wade dans  les démarches qui ont aboutit aux accords du Palais de Marbre II (2) n’étaient que prolonger  le régime de Mobutu. Il devenait de plus en plus évident pour nous que l’opposition à Mobutu été  une mascarade de la part des certains leaders de l’opposition  et une action sans efficacité voulue de la part des autres. Déçu,  J’avais alors décidé de stopper de fréquenter les corridors de l’opposition politique.

 Tous ceux qui ont vécu ses années 1990-1992 de l’Union Sacrée de l’opposition vous diront que pour une plate forme qui avait pour mission d’accoucher de la démocratie au Zaïre, l’organisation ne connaissait aucune démocratie dans son sein.  Malgré quelques succès remportés pour défaire la république du régime autoritaire de Mr Mobutu Sese Seko,  beaucoup de gaffes  pourtant prévisibles ont été commises. Celles-ci  nous ont finalement éloignés de la conquête définitive et  durable du pouvoir et ont occasionné la survenue de l’AFDL puis du régime actuel de Mr joseph Kabila.

Ainsi, depuis le 30 Juin 1960, le Congo-Kinshasa  connait une instabilité constante des institutions politiques du pays. Les ‘reformes’, ‘les révolutions’, les guerres de’ libération’, les gouvernements de ‘salut publique’ ont tous failli au devoir du vrai salut du peuple et  de la vraie libération face aux affres,  aux misères et à la désolation liés à la pauvreté, l’insécurité et la maladie.

Malgré quelques ébauches de démocratie,  la vie politique est dominée par  les gouvernements d’ordre révolutionnaire établis par la violence et la force des armes. Loin d’appartenir au peuple, la  souveraineté est  encore détenue par ceux qui ont ainsi su s’emparer du pouvoir et leur émanation. Les guerres, les mutineries, les émeutes, les coups d’état, les tentatives de coup d’état, les régimes d’exception sont demeurés  les  faits de la vie  nationale. Les aspirations des masses sont dissoutes dans la propension des dirigeants au pouvoir de perpétuer leurs régimes. Les valeurs de démocratie, de liberté, de prospérité et de paix pour tous demeurent des chimères.

La  fragilité de l’état a aussi pour conséquence  la prolifération des groupes armés sur le territoire national face à l’apathie presque totale des forces armées du pays  pourtant soutenues par les armées étrangères. Les sacrifices des braves combattants des FARDC semblent demeurer des vains efforts pour assurer cette paix.

Le déclin de l’économie  et le peu de légitimité des institutions de l’état, les atteintes répétées aux droits de l’homme avec  la prépondérance de la justice militaire sont caractéristiques du pays.

Le pays qui en 1960 était la deuxième puissance économique  et industrielle de l’Afrique est aujourd’hui dans les derniers rangs de tous les palmarès réputés de performance socio-économique des pays du monde.  La République Démocratique du Congo est  le 186eme sur 187 du Rapport 2014  du Développement Humain du Programme de Développement des Nations Unies (UNDP). Le pays est avant-dernier  juste devant la Somalie de l’indice Mo Ibrahim et du Failed States Index (Index des états déliquescents) de 2013.  Les critères du Democracy  Index  la classe dans la foulée  des régimes autoritaires.  Malheureusement  et peut-être par irresponsabilité ce  triste palmarès tranche encore nettement avec l’image affichée par les gouvernants  du pays.

Les moments de déceptions dans  l’Union Sacrée ont  créé en moi un soul-searching comme disent les anglophones  dans  un long  ‘pèlerinage’ à la recherche de ce que Mr  Nguz Karl I bond  a dénommé  ‘l’incarnation du Mal Zaïrois’. Ce pèlerinage m’a  conduit à des visites d’inspiration  dans plusieurs pays d’Afrique et du monde, au siège des  Nations Unies à New York et au Département d’Etat Américain à Washington DC mais surtout aux ruines du fameux empire de Monomotapa au Zimbabwe. Voir et toucher de mes main la réalisation de nos ancêtres avant l’arrivée des ‘Blancs’ a été un choc dans mon esprit et  a constitué un moteur qui aujourd’hui encore me pousse  à croire à  un avenir radieux du Congo et de l’Afrique réalisable dans notre génération. Et comme dirait le président Barack Obama «yes,  we can ! ». La question pourtant demeure : pourquoi, l’Afrique en général, le Congo en particulier, est encore à la traine d’autres nations du monde sur le plan socio-économique du Monde ? C’est quoi vraiment le mal congolais ; en fait, où se trouve notre tare ? Même  Nguz n’a pas su répondre de façon intelligente à cette question dans son livre sur Mobutu. J’ai interrogé la science sur nos capacités intellectuelles en tant que noirs. J’ai voulu savoir comme jadis mon ami le Professeur Willy MBoyo-di -Tamba  Vangu si la mélanine était ‘toxique’ au cerveau et à la capacité des solutions aux problèmes.

Les diverses  théories  de la  notion de sous-développement  et sous –équipement de jadis entre autres la colonisation, l’esclavagisme, le géographisme, le néocolonialisme étaient devenues le lot  de mes cogitations. Je me suis consacré élève autodidacte de la Société Américaine d’Anthropologie. Celle-ci  qui a effectué des recherches sérieuses su r la question de la Race et de l’intelligence. J’ai fais plusieurs voyages à  Bruxelles  pour apprendre sur l’Histoire du Congo depuis l’époque précoloniale dans les livres précieux dont regorge la Bibliothèque Royale de Belgique. J’ai visité le musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren et les vrais villages africains(3). J’ai lu différentes sortes des livres et documents  partant du fameux « A travers le Continent Mystérieux » de Stanley(4).

Après toute cette démarche et avec conviction, j’ai pu dire depuis quelques années : Eureka ! C’est une évidence, le mal congolais est simplement  une question de Leadership. Seule la reforme du leadership suffit pour transformer ce pays en un pays prospère. Comme le dit souvent  Norbert X Mbu  Mputu paraphrasant les phrases de Chinua Achebe, Il n’a rien de mal avec le Congo.

Dans son livre “the trouble with Nigeria”, Chinua Achebe declare ceci: The trouble with Nigeria is simply and squarely a failure of leadership. There is nothing wrong with the Nigerian character. There is nothing wrong with the Nigerian land or water or air or anything else. The Nigerian problem is the unwillingness or inability of its leaders to rise to the responsibility, to the challenge of personal example which are the hallmarks of true leadership”.  Ceci s’applique bien au cas de la RDC. Remplacer le mot Nigeria par Congo est  traduit en français on peut lire  que  « le trouble avec le Congo est simplement et directement un échec de leadership. Il n’ya fondamentalement rien de mal dans le caractère du Congolais. Il n’ya rein de mauvais avec le sol congolais ou l’eau ou l’air ou quelque chose d’autre. Le problème congolais (ou le mal congolais) est le manque de volonté ou l’incapacité (incompétence sous entendue) de ses leaders de s’élever au niveau des responsabilités, des  challenges, de l’exemple personnel  qui sont  les caractéristiques du vrai leadership ». Nous faisons allusion  ici au  leadership de la base au sommet de l’état.

Le mal Congolais, c’est l’incompétence et l’ignorance de ce fait dans le chef de la majorité des acteurs politiques. Le concept de compétence étant communément définit comme  « un pouvoir d’agir, de réussir et de progresser qui permet de réaliser adéquatement des taches ou des activités de travail et qui se fonde sur un ensemble organisé de savoirs dont les connaissances, les habilités de divers domaines, les perceptions et les attitudes ».

Depuis 1965, loin de leurs capacités intellectuelles souvent évidentes, la compétence des acteurs politiques  au pouvoir est  entravée par les systèmes politiques plus enclins à la pérennisation des régimes de « l’homme fort » qu’au développement et  à l’innovation technologique.  Le contrôle de l’appareil judiciaire, de l’armée, de la police, des services de sécurité et  l’assujettissement de toutes les autres institutions de l’état  à un seul  homme, l’achat des consciences, la concussion, la manipulation des masses on été élevés au rang d’art d’administrer le pays.

Aujourd’hui, les efforts doivent être renforcés pour amener les changements démocratiques dans la République Démocratique du  Congo. Il est vrai que la démocratie n’est pas synonyme de développement socio-économique comme  rendu  évident  par  la Chine, le Rwanda, l’Uganda et  l’Angola. Elle est au moins la seule garantie de la redevabilité des pouvoirs publics, de la liberté des citoyens et un facteur de la stabilité plus durable des institutions.  La redevabilité est facteur de promotion de la compétence des acteurs politiques du Pouvoir et de l’Opposition ; les premiers pour une administration efficiente du pays et les derniers pour une opposition plus mature et effective.

Références

(1)    Union Sacrée de l’Opposition Radicale.

(2)    Les Accords de palais de marbre I et II eurent lieu après le pillage du Septembre 1991 entre le camp de Mobutu et l’USOR. Aux termes de ces accords, le poste de Premier Ministre fut revenu à  Tshisekedi (I) puis Nguz Karl- I –Bond (II).

(3)    Ce musée jadis  appelé Musée du Congo a vu beaucoup de congolais mourir dans ses enceintes dans des reconstructions artificielles des villages africains.

(4)    A travers le continent mystérieux, découverte des sources méridionales du Nil, circumnavigation du lac Victoria et du lac Tanganika, descente du fleuve Livingstone ou Congo jusqu'à l’Atlantique, henry Morton Stanley, 1879. Ce livre est gratuitement disponible sur internet.

 

Dr Florent Pumu 18/08/2014

 

Les échéances électorales prochaines et le fonctionnement des institutions en RDC: faut-il modifier la Constitution?

Par Dr Florent Pumu

Les jours présents et futurs en RDC constituent un cauchemar  qui me rappelle l’histoire d’ ‘Une terrible nuit’ vécue par l’officier d’artillerie dans les armées de Napoléon, Paul-Louis Courier (1772-1825) alors qu’il servait en 1806 en Calabre dans le Sud d’Italie, région alors occupée par les armées françaises. C’est une histoire bien connue de ceux qui, comme moi,  ont passé  leur temps sur les pupitres des écoles francophones.   Dans cette histoire on se rappelle ce que dit le mari à sa femme «Eh bien ! Enfin, voyons, faut-il les tuer tous deux ? A quoi la femme répondit. « Oui ».

La RDC vit les moments d’angoisse similaire : « enfin faut-il modifier la constitution-en partant des articles 220 et 70 ?»  A quoi Mr Evariste Boshab et les autres caciques de la Mouvance Présidentielle actuelle répondirent« oui » or « pourquoi pas ?»

C’est vrai qu’au delà de la propension monstrueuse de  « j’y suis, j’y reste » qui bouillonne  les cœurs de certains de voir le président Joseph  Kabila perpétuer la logique mobutienne de « 100 ans tomotombeli » il  existe des raisons valables et  fondamentales pour  le fonctionnement des institutions de l’état  justifiant à ce jour  la révision de la constitution du pays. C’est vrai aussi que la peur de voir le pouvoir profiter de cette occasion pour altérer les prescrits de cette constitution pour pérenniser le régime est justifiée. Ce pouvoir  a déjà fait preuve de pareilles  manigances avec, par exemple, la reforme de la loi électorale qui a fait de la présidentielle un scrutin a un seul tour, manœuvre dite bien calculée en faveur du Président actuel.

 

De façon générale, Les articles de constitution passibles et  souhaitables pour certains de modifications sont : les 2, 70, 175, 197, 220, 226 et 227.

Le cas des articles 70 et 220 est particulier. Ces deux  fameux  articles  sont  bien connus, parce qu’ils portent s notamment sur le nombre et la durée des mandats du président de la République. L’article 70  dit que «  le président de la république est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Cette disposition est ringfenced comme disent les anglophones par  l’article 220. Tout amendement   en relation avec le 70 altérant sa facture serait une atteinte grave à  la constitution et la rendrait simplement caduque. L’article 220 stipule que  « La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du président de la république, l’indépendance du pouvoir judicaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ».

Modifier ces deux articles qui se complètent   serait  donc  une atteinte à l’esprit et au texte de la constitution et  en défaut premièrement  de  la fonction même  du Président.  Les prescrits de  l’article 74 disent  qu’ « avant  son entrée en fonction, le président de la république prête, devant la Cour Constitutionnelle, le serment ci-après : «  Moi…élu président de la République du Congo, jure solennellement devant Dieu et la nation d ‘observer et de défendre la constitution et les lois de la République ».  Deuxièmement aller en faux contre les articles 70 et 220 menace le caractère ‘légitime’ du parlement actuel  déjà engendré  par des élections jugées  frauduleuses par plusieurs institutions sérieuses dont The Carter Center (www.cartercenter.org), la Mission d’Observation Electorale de L’Union Européenne  et la Conférence Episcopale Nationale du Congo(www.cenco.cd). 

A ce jour, nos analyses basées sur certaines informations des sources crédibles  nous font croire que les articles 70 and 220 ne seront point modifiés. Cela n’empêche qu’une vigilance tout azimut de toutes les forces acquises au changement démocratique en RDC dont Kamoto Centre  fait  partie soit  renforcée.

Dans la constitution actuelle, les articles dont  la modification  est surement  impérative pour le fonctionnement même de la démocratie dont nous réclamons  sont :

  1.   L’article 2 : cet article est la base du cadre juridique et institutionnel des entités territoriales. C’est en fait l’architecture de l’Etat dans son ensemble. Il  dit ceci : La République Démocratique du Congo est composé de la ville de Kinshasa et des 25 provinces dotées de personnalité juridique.

Parmi ces provinces il ya des  entités comme Lomami, Nord-Ubangi, Tshopo , Tshapa. Le souci de ce proposé redécoupage territorial et administratif  surement inspiré  de la constitution du 1er aout 1964 dite ‘de Luluabourg’ a démontré la vision opaque sur cette matière  des concepteurs de la présente constitution. En réalité beaucoup de ces entités deviendraient  des provinces socio-économiquement  non-viables et sans infrastructures de standard respectable surtout au regard de  la logique d’octroi d’une grande autonomie aux provinces. A la lumière de la présente Constitution, les compétences reconnues à titre exclusif aux provinces et celles partagées avec le pouvoir central ne sont pas les moindres. Celles-ci englobent   les secteurs vitaux de la vie de la nation entre autres  la fonction publique provinciale, les finances publiques provinciales et locales, l’enseignement primaire, secondaire, professionnel et spécialisé, l’agriculture et la santé.

 

Certains soutiennent la non- urgence de modifier cet article 2, d’autant que  dans les dispositions transitoires, l’article 226 dit qu’ « une loi de programmation détermine les modalités d’installation de nouvelles provinces citées à  l’article 2 de la présente constitution. En attendant, la République Démocratique du Congo est composée de la ville de Kinshasa et des dix provinces dotées de personnalité juridique : Bandundu, Bas-Congo, Equateur, Kasaï Occidental, Kasaï Oriental, Katanga, Maniema, Nord-Kivu, province oriental et Sud-Kivu »

Un point important qui nécessite la modification de la constitution est l’article 227 qui ajoute cet élément  « Les provinces telles qu’énumérées par l’article 2 de la présente constitution constituent les circonscriptions électorales des sénateurs de la première législature.  Et si on ajoute les prescrits des artcles104 (les sénateurs sont élus au second degré par les Assemblées Provinciales et 105 (Le sénateur est élu pour un mandat de cinq ans) on se rend compte que le respect même de l’esprit et le texte de la  constitution passe par sa modification pour notamment  son harmonisation. La constitution est un instrument de bon fonctionnement des institutions du pays. Elle peut en constituer une entrave comme on l’a expérimenté en RDC avec le blocage du cycle électoral de 2011 qui devrait  s’étendre aux gouverneurs des provinces  et les animateurs des entités décentralisées. Le mandat des gouverneurs de provinces est arrivé à terme depuis 2012. Il n’ya pas eu qu’ un problème de financement de ces élections.

 

  1. Un  autre  article de la constitution que le gouvernement  serait  content de voire modifié est  dans la section 5  qui parle des finances publiques. L’objectif principal de cet article est la décentralisation financière pour mieux stimuler la croissance économique à partir des provinces. C’est l’article 175. L’alinéa 2 de cet article dit ceci  «  la part des recettes à caractère national allouées aux provinces est établie à 40%. Elle est retenue à la source ». Les dispositions de cet article 175 n’ont  jamais été appliquées. Le non-respect des textes légaux et réglementaires en vigueur  est encore un  lot familier de la RDC. En justification de cet état des affaires,  les raisons invoquées  sont d’ordre économique et sécuritaire (la guerre de l’Est). Le Gouvernement central  serait rendu très pauvre financièrement   si  40% est rétrocédé (ou retenu a la source) aux provinces de Kinshasa,  Katanga et Bas-Congo.  Dans un entretient très récent  accordé à  Radio Okapi (20 Juin 2014), Mr Julien Paluku Kahongya, Gouverneur de la province du Nord-Kivu a jugé insignifiant la somme de 500 ou 600 000 US$ que le Gouvernement Central rétrocède chaque mois à sa province.  Il  dit  « Nous produisons et versons actuellement 14 millions de  US $ par mois dans le compte du Trésor Public. Si on devait nous donner les 40%, nous serons autour de 5 millions ou 6 millions de dollars américains. Comme il ya une sort de solidarité nationale à laquelle nous avons accédé, nous sollicitons que le Gouvernement Central nous rétrocède même 20% de notre recette, c’est-a –dire autour de 3 millions  US$ le mois. A l’heure actuelle, la rétrocession de 40% aux provinces  risque de drastiquement appauvrir le gouvernement central et  d’engendrer des provinces ‘super-riches’ à coté des provinces  très  pauvres est un argument defendable.  Il est vrai que dans le souci de soutien aux provinces  moins économiquement productives comme l’ Equateur et le Bandundu, il est prévu à l’article 181 la création de la caisse de péréquation qui  a pour mission « de financer des projets et programmes d’investissement public , en vue d’assurer la solidarité nationale et de corriger le déséquilibre de développement entre les province et entre les autre  entités territoriales décentralisées. Elle dispose d’un budget alimenté par le Trésor Public à l’occurrence de dix pour cent de la totalité des recettes à caractère national revenant  à  l’Etat chaque année.  

Il  s’avère une réalité : Malgré les artifices des concertations nationales, les résultats  disputés des élections de 2011 ont généré  une  crise politique très profonde en RDC cristallisée par une méfiance face au pouvoir  surement  partagée par  la majorité des Congolais au pays et à l’étranger.  Modifier la constitution dans le souci de prolonger le règne du président Joseph Kabila  au delà de 2016 pourra être  ouvrir une boite de Pandore de la mythologie grecque.  Loin des débats partisans,  Il existe  des  articles modifiables surement pour le bien du pays.

 

 

 

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Oscar Kabamba | Reply 12.05.2015 15.20

Felicitations pour la qualité et la profondeur de vos analyses !

Denis Muya | Reply 12.12.2014 11.55

Au sein de l'udps il n y a pas de crise qui peut mener le parti à une scission.
Nous la base du parti sommes calme,sauf les traîtres sont agités et combattent

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Latest comments

01.11 | 09:54

depuis que j'ai fait connaissance de votre site, je ne passe pas un jour sans le consulter. Merci pour l'objectivité de vos analyses.

...
07.10 | 14:07

balezi

...
14.08 | 09:52

CROIRE A TSHISEKEDI C'EST PERDRE SON TEMPS CAR IL LA FACE DES TRAITRES NOW! "BOLALA PONGI YA BA BEBE 2011" PUIS "BOLAMUKA NA PONGI, PRENEZ-VS EN CHARGE 2016"AHH

...
31.03 | 22:42

I have read your thought and understood your tremendous commitment towards a common better future of our DR Congo. We share the same objectives. Congratulation!

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